Santé avant la grossesse

Messages clés

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Voici les principaux messages de santé à transmettre à tous les parents potentiels, nouveaux et à venir. Ces messages visent à protéger la fertilité des personnes et à guider ceux qui prévoient une grossesse dans l’année. Bien que ces messages puissent être pertinents pour tous ceux qui sont en âge de procréer, il est possible qu’ils ne le soient pas pour ceux qui ne veulent pas avoir d’enfants, ceux qui prévoient d’en avoir plus tard et ceux qui ne sont pas sûrs d’en vouloir. Ces messages ont été rédigés à la deuxième personne à un niveau de lecture pouvant s’adresser au public en général. Ils peuvent ainsi être directement partagés. Ces messages sont fondés sur un consensus basé sur la recherche scientifique et la pratique professionnelle. Cliquer sur un mot ou un groupe de mots soulignés dans le texte permet d’être redirigé vers la section Preuve à l’appui qui traite du sujet en question.

Ces messages clés s’adressent à l’ensemble des femmes et des hommes, et à tous ceux qui s’identifient comme lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres ou queer (LGBTQ) en âge de procréer. Dans ces messages, lorsqu’on parle de médicaments, il s’agit de médicaments sur ordonnance, en vente libre et les produits à base d’herbes médicinales. On entend par consommation de drogues, les drogues à usage récréatif et les drogues dures, comme le cannabis, la cocaïne et autres.

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Créez un plan de vie pour la procréation.

C’est vous qui décidez si vous voulez avoir des enfants, et quand vous en voulez. Environ 50 % des grossesses ne sont pas planifiées. En planifiant votre grossesse, vous avez le temps de vous assurer que vous êtes en bonne santé et pour vous préparer à avoir un enfant. Créer un plan de vie pour la procréation peut aider. Ce plan vous permet d’établir des objectifs et de voir comment les enfants peuvent en faire partie. Par exemple, quels sont vos plans au niveau des études, du travail ou des voyages? Quelle place les enfants occupent-ils dans vos plans?

Pour créer votre plan de vie pour la procréation, il faut souvent penser à :

  • Votre état de santé général.
  • Votre santé mentale et vos réseaux de soutien.
  • Vos antécédents familiaux en matière de santé.
  • Votre santé reproductive.

Discutez avec votre prestataire de soins de santé pour élaborer votre plan de vie pour la procréation. Il existe également des outils en ligne pour vous aider.

Si vous avez une vie sexuelle active et que vous ne planifiez pas de tomber enceinte, consultez votre prestataire de soins de santé sur la méthode de contraception qui vous convient le mieux.

Parlez avec votre prestataire de soins de santé si vous voulez avoir des enfants plus tard dans votre vie. Il devient plus difficile pour beaucoup de femmes et d’hommes de 35 ans et plus de concevoir un enfant. Les femmes de 35 ans et plus peuvent avoir une grossesse et un accouchement plus difficiles. Elles courent plus de risques d’avoir des problèmes de santé durant leur grossesse. L’enfant peut aussi naître avec des problèmes de santé. La qualité du sperme de l’homme commence à décliner vers la mi-trentaine. Les problèmes de santé de l’homme peuvent aussi augmenter. Bien qu’il existe des traitements de fertilité pour aider à concevoir un enfant, comme la fécondation in vitro, les chances de réussite diminuent avec l’âge.

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Menez une vie saine et surveillez votre fertilité.

Votre fertilité fait référence à votre capacité d’avoir un enfant. Les conseils suivants peuvent vous aider à mener une vie en santé et à préserver votre fertilité.

  • Mangez équilibré en suivant le Guide alimentaire canadien.
  • Pour les femmes, prenez tous les jours des multivitamines avec 0,4 mg d’acide folique. Étant donné le nombre de grossesses non planifiées, il est utile de prendre de l’acide folique tous les jours, de façon préventive. Parlez avec votre prestataire de soins de santé pour savoir s’il vous faut plus de 0,4 mg par jour d’acide folique.
  • Gardez un poids santé.
    Avoir un poids excessif ou insuffisant peut avoir des conséquences sur :

    • Votre santé.
    • Votre fertilité.
    • Le bon déroulement de la grossesse.
    • La santé de vos enfants à venir.
      Parlez avec votre prestataire de soins de santé pour en savoir plus sur le poids santé.
  • Faites de l’exercice régulièrement et réduisez le temps que vous passez assis. L’activité physique peut aider à :
    • Garder un poids santé.
    • Réduire le stress.
    • Avoir une grossesse plus agréable.
  • Arrêtez de fumer et faites de votre maison et votre voiture des espaces sans fumée.
    • Fumer peut avoir des conséquences sur votre fertilité et sur la santé de votre bébé.
  • Les Directives de consommation d’alcool à faible risque (DCAFR) du Canada recommandent de limiter la consommation d’alcool à deux verres par jour pour les femmes, et à trois verres par jour pour les hommes. Cependant, quelle que soit la quantité, l’alcool n’est jamais sans risque durant la grossesse. L’alcool peut nuire à la santé de votre bébé en devenir. Le meilleur choix pour une femme enceinte ou qui planifie de l’être est de ne pas boire d’alcool du tout.
  • Évitez la consommation des drogues dures et à usage récréatif. Elle peut avoir de graves conséquences sur votre fertilité et sur la santé d’un bébé en devenir durant la grossesse.
  • Parlez à votre prestataire de soins de santé si vous fumez, buvez de l’alcool ou consommez de la drogue. Il existe des services pouvant vous aider à vous en passer.
  • Si vous prenez des médicaments sur ordonnance, en vente libre ou des produits à base d’herbes médicinales, parlez avec votre prestataire de soins de santé pour vous assurer qu’ils sont sans risque en cas de grossesse.
  • Prenez soin de votre santé mentale.
    Si vous, ou quelqu’un de votre famille, avez des problèmes de santé mentale ou que vous en aviez dans le passé, parlez avec votre prestataire de soins de santé pour :

    • Savoir où trouver de l’aide.
    • Vous faire prescrire des médicaments sans risque durant la grossesse.
      Pour avoir d’autres informations, contactez la ligne d’assistance Motherisk Helpline, au 1-877-439-2744
  • Prenez le temps de vous détendre. Un niveau de stress élevé peut avoir des conséquences sur votre fertilité. Il existe plusieurs façons de réduire le niveau de stress présent dans votre vie. Par exemple, vous pouvez essayer les méthodes suivantes :
    • Dormir au moins sept à huit heures chaque nuit.
    • Contacter sa famille et ses amis pour se faire aider.
  • Une bonne relation est une relation de respect, de confiance et de soutien. C’est important pour votre santé générale. Si vous ne vous sentez pas protégée et en sécurité dans votre relation, vous vous trouvez peut-être dans une relation abusive. Pour d’autres informations et ressources, voir le fichier Violence.
  • Si vous avez une maladie, parlez avec votre prestataire de soins de santé avant de tomber enceinte. Assurez-vous que votre maladie soit bien sous contrôle médical avant de tomber enceinte, afin de donner naissance à un bébé en santé.
  • Informez-vous sur vos antécédents familiaux et héréditaires. Certaines maladies peuvent se transmettre au bébé.
  • Consultez un prestataire de soins de santé pour vous assurer que vos vaccins sont à jour. Ceci permettra de prévenir des maladies qui peuvent avoir des conséquences sur votre fertilité ou sur la santé d’un bébé en devenir durant la grossesse. Certains vaccins ne peuvent pas être administrés durant la grossesse.
  • Vous ou votre partenaire pouvez souffrir d’une infection transmissible sexuellement (ITS) sans même le savoir. Les ITS comme la chlamydia ou la gonorrhée n’ont pas de symptômes. Les ITS peuvent causer des dommages irréversibles à vos capacités d’avoir des enfants. Elles peuvent causer une infection des trompes de Fallope, et des problèmes de santé pour vous et votre enfant à naître. Faites un test de dépistage d’ITS et faites vous traiter au besoin.
  • Protégez votre maison des substances toxiques et des produits chimiques. Soyez vigilant si vous devez y être exposé au travail.
    La présence de produits nocifs à la maison et au travail peut :

    • Nuire à votre santé.
    • Affecter votre fertilité.
    • Avoir des effets à long terme sur la santé d’un bébé.
      Pour d’autres informations et ressources, voir le fichier Mesures de précaution durant la grossesse.
  • Consultez votre dentiste régulièrement. Des problèmes liés à vos dents ou à vos gencives peuvent affecter votre santé et votre grossesse.

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Consultez votre prestataire de soins de santé si vous prévoyez avoir un enfant dans les prochaines années.

Un bilan de santé avant la grossesse permettra de vérifier que vous êtes en aussi bonne santé que possible avant que vous ne tombiez enceinte.

Les personnes sans partenaire ou avec partenaire du même sexe qui veulent fonder une famille peuvent consulter un spécialiste de la fertilité pour obtenir une grossesse.

Les sites Web suivants peuvent vous être utiles :

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Espacez vos grossesses et tirez des leçons de vos grossesses antérieures.

Après la naissance de votre bébé, il vaut mieux attendre au moins 18 mois avant d’essayer de concevoir un autre enfant. Cet intervalle permet au corps de la femme de récupérer et améliore l’état de santé du prochain enfant.

Si possible, essayez de ne pas laisser s’écouler plus de cinq ans avant de retomber enceinte. Si vous avez déjà fait une fausse couche, parlez avec votre prestataire de soins de santé pour obtenir de l’information sur le meilleur moment pour planifier la prochaine grossesse.

Lorsque vous vous préparez à votre prochaine grossesse, pensez à votre grossesse antérieure et à la santé de votre bébé.

Sujets de discussion à aborder avec votre prestataire de soins de santé:

  • Avez-vous connu une des situations suivantes lors d’une grossesse ou d’un accouchement dans le passé?
    • Diabète gestationnel, hypertension, anomalie placentaire ou autre problème de grossesse.
    • Prise de poids faible ou élevée.
    • Problème de santé mentale avant, pendant ou après la grossesse.
    • Violence.
    • Consommation de tabac, d’alcool, de cannabis ou autre drogue à usage récréatif ou drogue dure.
    • Accouchement par césarienne.
    • Naissance prématurée (à moins de 37 semaines de gestation).
    • Grossesse multiple.
    • Poids insuffisant à la naissance (moins de 2,5 kg).
    • Surpoids à la naissance (plus de 4,5 kg).
    • Malformation congénitale.
    • Problème de santé du bébé.
    • Perte fœtale/infantile.
  • Avez-vous commencé à prendre un nouveau médicament depuis votre dernière grossesse?
  • Vos vaccins sont-ils à jour?

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En savoir davantage sur la santé avant la grossesse.

Vous pouvez trouver d’autres informations sur la santé avant la grossesse auprès des ressources suivantes. Vous en trouverez d’autres à la section Ressources et liens .

  • Autres fichiers avec messages clés :
    • Soins prénataux réguliers
    • Alimentation saine et prise de poids
    • Vie active
    • Alcool
    • Tabagisme
    • Médicaments et drogues
    • Mesures de précaution durant la grossesse
    • Violence
    • Santé mentale
  • Votre prestataire de soins de santé
  • Votre bureau local de santé publique : 1-866-532-3161
  • Centre de ressources Meilleur départ
  • Santé Canada
  • Agence de la santé publique du Canada

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Preuve à l'appui

La section Preuve à l’appui est rédigée à la troisième personne à l’intention des prestataires en éducation prénatale. Elle n’est pas conçue pour être partagée directement avec les clients qui envisagent une grossesse ou ceux qui sont susceptibles de tomber enceintes, mais bien pour fournir de l’information de base et des données factuelles pour les messages clés. On ne s’attend pas à ce que les prestataires en éducation prénatale fournissent les soins recommandés dans ce document; l’objectif est de fournir l’information de base aux prestataires en éducation prénatale afin d’expliquer à leurs clients à quoi s’attendre en matière de soins de santé préalables à la grossesse. La santé avant la grossesse concerne toute personne en âge de procréer. Cependant, ce chapitre porte essentiellement sur les personnes envisageant une grossesse dans l’année à venir.

Qu’entend-on par santé avant la grossesse?

Selon le document publié en 2014, intitulé SHIFT (en anglais seulement) de l’Association pour la santé publique de l’Ontario, la santé avant la grossesse fait référence à la santé de toute personne en âge de procréer, quel que soit son identité, son expression ou son orientation sexuelle. Il s’agit d’une approche visant à favoriser une bonne fertilité et à mettre l’accent sur les mesures que peuvent prendre ces personnes pour réduire le niveau de risque, favoriser un mode de vie sain et améliorer le degré de préparation à la grossesse, que ces personnes envisagent ou non d’avoir des enfants un jour1.

La santé avant la grossesse relève des facteurs suivants :

  • Connaissance des facteurs de risques personnels.
  • Capacité à entreprendre des pratiques favorables à une bonne santé.
  • Motivation.
  • Occasion et possibilités de mener à bien des pratiques favorables à une bonne santé.
  • Milieu de soutien2.

Aborder les questions de fertilité par la notion de préconception encourage les personnes à planifier activement leur propre procréation et à se donner les moyens d’atteindre une santé optimale avant que la conception de leur enfant ne se concrétise. La santé avant la grossesse se réfère non seulement à l’état de santé avant une première grossesse, mais aussi dans l’intervalle entre deux grossesses. Dans cette documentation, la santé avant la grossesse se rapporte aussi à la santé entre deux grossesses.

Aux fins de cette documentation, la santé avant la grossesse relève essentiellement de l’information générale en matière de santé (et non à des conseils médicaux individuels) pour ceux qui souhaitent planifier une grossesse dans l’année à venir. Il est conseillé d’intégrer la promotion de la santé et les soins avant la grossesse à toutes les visites de consultation d’une personne tout au long de sa période de procréation, que celui-ci planifie ou non de devenir parent. Il est aussi recommandé pour tous ceux qui sont en âge de procréer de consulter un prestataire de soins de santé avant la conception, et pour les prestataires de soins de santé de faire un examen de l’état de santé avant la grossesse et de promouvoir de façon adéquate la santé et les soins avant la grossesse.

Statistiques provinciales et nationales

Dans le cadre d’un sondage entrepris par le Centre de ressources Meilleur départ en 2009, la majorité des participants (58 %) ont déclaré que leur prestataire de soins de santé n’avait pas abordé la question de santé avant la grossesse3. Les femmes étaient, de façon beaucoup plus importante que les hommes (respectivement 48 % et 20 %), plus à même de dire qu’elles avaient reçu de l’information en matière de santé avant la grossesse de la part de leur prestataire de soins de santé3. Seul un nombre limité de participants ont mentionné avoir reçu de l’information imprimée sur la santé avant la grossesse (2 %) et très peu se souviennent d’avoir été encouragés à voir un prestataire de soins de santé avant de concevoir (0,4 %)3. Santé Canada insiste sur le fait que la santé avant la grossesse des parents est essentielle à la santé du bébé. Si l’on tient compte du fait qu’environ 50 % des grossesses au Canada n’ont pas été planifiées, chaque rencontre qu’un prestataire de soins de santé a avec une personne en âge de procréer devient une occasion d’aborder la question du plan de vie en matière de procréation1. À l’heure actuelle, moins de 50 % des prestataires de soins de santé au Canada abordent les sujets comme la consommation de tabac et d’alcool, ou les antécédents d’accoutumance chez les femmes et les hommes en âge de procréer3. On estime également que 44 à 52 % des prestataires de soins de santé parlent de gestion pondérale et alimentaire avec les femmes en âge de procréer3.

Avantages de la promotion de la santé et des soins avant la grossesse

Les personnes qui planifient leurs grossesses ont plus de chances de savoir ce qu’elles peuvent changer pour optimiser leur santé. Ces changements permettent d’améliorer les chances de tomber enceinte, d’avoir une grossesse qui se déroule bien et de donner naissance dans les meilleures conditions possibles. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) signale que la santé avant la grossesse est cruciale en ce sens qu’elle peut permettre d’éviter les naissances prématurées, d’améliorer le poids à la naissance, de prévenir les anomalies du tube neural et autres malformations congénitales, et de réduire les risques de mortalité maternelle et infantile4.

Il est plus facile d’anticiper et d’empêcher une détérioration de l’état de santé maternel et infantile chez les personnes qui ont été sensibilisées à la santé et aux soins avant la grossesse, et qui ont pris les mesures appropriées. Cela permet également de réduire les coûts en soins de santé qui sont liés aux traitements médicaux pour des problèmes de santé maternelle ou à la naissance.

Une bonne santé avant la grossesse améliore les chances de :

  • Produire du sperme sain et d’avoir une ovulation appropriée.
  • Tomber enceinte.
  • Avoir une grossesse agréable.
  • Offrir à l’enfant à venir de bonnes conditions de santé pour commencer sa vie5, 6.

Qui peut promouvoir la santé avant la grossesse?

De nombreuses personnes peuvent offrir des soins et promouvoir la santé avant la grossesse. Dans le meilleur des cas, la promotion de la santé avant la grossesse commence très tôt dans la vie d’une personne, dès l’école primaire, les messages et l’information provenant des parents, des enseignants, des médias et d’un programme scolaire bien adapté, et ce, tout on long du parcours au sein du système éducatif.

Généralement, les soins médicaux en matière de santé avant la grossesse sont prodigués par des prestataires de soins de santé, comme des médecins, des infirmières et du personnel infirmier praticien, des sages-femmes et des diététiciens. Ces prestataires sont perçus à l’heure actuelle comme la meilleure source possible en matière de soins et de promotion en santé avant la grossesse7. Cependant, la promotion de la santé avant la grossesse peut relever de pédagogues, de pharmaciens et autres professionnels formés en la matière. Les pharmaciens par exemple peuvent contribuer à optimiser la santé avant la grossesse en repérant les cas de personnes aux prises avec le tabagisme, des vaccinations non à jour, et des médicaments sur ordonnance, en vente libre et de suppléments à base d’herbes médicinales8. À la portée de leur pratique, les pharmaciens peuvent également offrir des conseils en matière de suppléments d’acide folique et sur la façon la plus sûre et efficace de gérer les problèmes de santé chroniques8.

Le lieu de travail peut aussi jouer un rôle important dans la diffusion de messages de promotion en santé avant la grossesse et relatifs à son optimisation en encourageant les ajustements nécessaires à cet effet et en favorisant un milieu de travail sain. Les services en éducation prénatale peuvent fournir de l’information relative à la santé entre deux grossesses par l’intermédiaire de cours prénataux, de documentation imprimée et de matériel en ligne.

Populations à besoins particuliers

L’objectif en matière de soins et de promotion en santé avant la grossesse est de :

  • Réduire les risques de problèmes liés à la grossesse et à la naissance pour une femme pouvant tomber enceinte et pour l’enfant qu’elle pourrait porter.
  • Optimiser la santé de tous.
  • Aider chacun à élaborer son propre plan de vie en matière de procréation9.

Pour veiller à ce que la promotion de la santé et les soins avant la grossesse soient accessibles à tous, il est important d’adopter une approche axée sur l’ensemble de la population en ce qui concerne la diffusion des messages clés universels en matière de santé avant la grossesse. Cependant, certaines personnes risquent, plus que d’autres, d’échapper à cette campagne de promotion et aux soins en santé avant la grossesse.

C’est dans cette optique qu’il faut que les groupes suivants fassent l’objet d’une campagne ciblée en matière de promotion et de soins en santé avant la grossesse. Les personnes appartenant à ces groupes nécessitent des messages et des soins adaptés à leur réalité, en raison de problèmes sociaux ou de santé préexistants qui peuvent les placer à risque de complications à l’étape de la conception, de la grossesse ou de l’accouchement. Le fait d’atteindre ces personnes pendant la période préalable à la conception est essentiel au soutien d’une bonne fertilité et d’une grossesse saine, si elle est désirée.

Adolescent de moins de 19 ans

Les adolescents sont plus susceptibles d’avoir des comportements à risque, comme consommer de l’alcool ou de la drogue et négliger d’utiliser un contraceptif fiable, ce qui peut donner lieu à une grossesse non planifiée. Les adolescents de 15 à 19 ans connaissent le taux le plus élevé de grossesses non planifiées. Les soins en santé avant la grossesse répondant notamment aux besoins de contraception efficace, d’évaluation du style de vie et aux problèmes de santé personnels sont importants pour tous les adolescents10. L’utilisation de ressources axées sur les adolescents en matière de santé avant la grossesse, comme la brochure Ma vie, mon plan du Centre de ressources Meilleur départ, est recommandée lorsque c’est possible.

Les grossesses adolescentes sont plus à risque de complications, comme la naissance prématurée, l’insuffisance pondérale du nouveau-né, le retard de croissance intra-utérine (RCIU) et la mortinaissance. Par ailleurs, l’anémie et les malformations congénitales sont courantes11. Un faible statut socioéconomique et des actes de violence sont également souvent rapportés durant la grossesse11.

En travaillant avec des adolescents, il est important que les prestataires de soins de santé mentionnent que l’autonomie et la confidentialité sont des valeurs qu’ils respectent. Cependant, selon le contexte et les circonstances, il peut être difficile de respecter ces valeurs11. C’est le cas dans les petites collectivités lorsque la personne concernée connaît personnellement le prestataire qui prodiguera les soins de santé, ou lorsque les soins de la personne concernée sont pris en charge dans le même établissement de santé que d’autres membres de sa famille, ou encore, si les services de protection de l’enfance sont appelés à prendre part au programme de soins11.

Il est conseillé que les prestataires de soins de santé vérifient si l’adolescent est en âge de décider pour lui-même dans le cadre de sa relation amoureuse11. La loi canadienne stipule que l’âge de consentement aux activités sexuelles est de 16 ans. Une exception relative à la « proximité d’âge » est prévue pour les adolescents de 14 et 15 ans et ceux de 12 et 13 ans. S’il est déterminé qu’il n’y a pas eu consentement, il est nécessaire de rapporter cette relation aux services de protection de l’enfance, car elle contrevient à la loi canadienne en la matière11.

Personnes de 35 ans et plus

Étant donné le nombre croissant de personnes en Ontario qui remettent d’avoir des enfants à plus tard, l’importance des soins et la promotion de la santé avant la grossesse est d’autant plus d’actualité12.

La qualité du sperme, la quantité produite et sa motilité commencent à décliner vers l’âge de 35 ans13. Après l’âge de 40 ans, l’intégrité génétique des spermatozoïdes se détériore davantage et leur vitalité s’amenuise13.

Les femmes, à partir de 35 ans, sont plus susceptibles que les femmes plus jeunes de s’informer avant une grossesse, de s’adresser à un prestataire de soins de santé et d’ajuster leur état de santé avant de tomber enceintes.

Les femmes appartenant à ce groupe peuvent avoir plus de difficultés à concevoir et sont plus à risque de complications durant la grossesse en raison des facteurs suivants, qui sont liés à l’âge14 :

  • Diminution de fertilité et recours nécessaire à des techniques de procréation assistée15.
  • Taux plus important de maladies préexistantes pouvant compliquer le déroulement de la grossesse16.
  • Risque accru de prendre des médicaments pouvant affecter la grossesse13.
  • Taux plus important de prééclampsie et de placenta prævia17.
  • Taux plus important de travail prématuré14.
  • Taux plus important d’accouchement par césarienne14.
  • Risque accru de donner naissance à un enfant ayant des anomalies congénitales, comme la trisomie 2112.
Femmes ayant déjà connu des problèmes à la naissance

Les femmes qui ont déjà connu des complications comme une mortinaissance, une naissance prématurée ou qui ont donné naissance à un enfant atteint d’une anomalie congénitale sont plus à risque de connaître les mêmes problèmes pour leurs grossesses futures18. Il est donc d’autant plus important de fournir des soins et de promouvoir la santé entre deux grossesses pour faciliter le déroulement des grossesses et des accouchements futurs le cas échéant.

Personnes en surpoids ou en insuffisance pondérale

Le poids de la femme avant grossesse a une incidence directe sur sa capacité à concevoir un enfant et sur sa grossesse. Bien que la plupart du temps ce sont les femmes obèses ou en surpoids qui sont ciblées dans l’évaluation de risques, celles qui ont un indice de masse corporelle (IMC) très faible ou qui sont en insuffisance pondérale constituent également une population importante concernée par les soins et la promotion de la santé avant la grossesse. Les femmes obèses ou en surpoids peuvent avoir des difficultés à concevoir et sont plus à risque de connaître des complications multiples, notamment : anomalies du tube neural, naissance prématurée, diabète, hypertension, prééclampsie et maladies cardiovasculaires19. Les hommes obèses ou en surpoids sont plus à risque d’infertilité en raison d’un taux de testostérone moins élevé et d’une qualité et quantité moindre de sperme20. Le risque d’infertilité pour les hommes augmente de 10 % pour chaque tranche pondérale supplémentaire de 9 kg21. Étant donné qu’une perte de poids saine et surveillée peut prendre du temps, il est important de soulever la question dès la phase avant la grossesse.

Les femmes en insuffisance pondérale peuvent également avoir des problèmes à concevoir un enfant, et une fois enceintes, le bébé est à risque de naître prématurément, d’être en insuffisance pondérale et de connaître une diminution de croissance10, 22. Les hommes en insuffisance pondérale peuvent aussi être infertiles, car leur organisme a tendance à produire moins de sperme que celui des hommes ayant un IMC normal13.

Femmes handicapées

Les femmes handicapées peuvent faire face à des obstacles physiques, administratifs, sociaux et comportementaux qui les empêchent d’avoir accès aux soins de santé avant la grossesse9. En dépit de ces obstacles, la phase avant la grossesse est un moment important pour aider et préparer les femmes ayant un handicap physique ou mental à planifier les grossesses futures qu’elles envisagent, ainsi que leur bon déroulement. Il existe des pratiques en matière de soins et de promotion en santé avant la grossesse qui favorisent le bon déroulement du processus à l’étape de la conception, de la grossesse et de l’accouchement. Par exemple, la consultation génétique, le cas échéant, peut être avantageuse pour certaines femmes handicapées9. Préalablement à la conception, il faudrait aborder la question des effets médiatiques, sociaux et psychologiques liés à la problématique grossesse et invalidité9. La planification de soutien parental supplémentaire, de ressources ou de besoins en équipement adapté devrait également faire l’objet d’une discussion.

Les femmes handicapées peuvent éprouver des conditions de grossesse plus dures, comme la fatigue, un dysfonctionnement vésical et la rétention d’eau9. Celles qui sont en fauteuil roulant ou à mobilité réduite sont plus à risque de souffrir de thrombose veineuse profonde9. Celles qui sont atteintes de maladies neurologiques sont plus sujettes à des problèmes respiratoires, à de l’incontinence urinaire, à des infections urinaires, à de plaies de pression et à de la constipation pendant la grossesse9. Les handicaps de type polyarthrite rhumatoïde (PR) et sclérose en plaques (SP) peuvent s’aggraver en période postpartum9. Pour toutes ces raisons, une équipe multidisciplinaire comprenant des experts médicaux, du personnel infirmier, des travailleurs sociaux ainsi que des ergothérapeutes et des physiothérapeutes travaillera à l’optimisation des soins préalables à la grossesse destinés aux femmes handicapées9.

Personnes diagnostiquées avec un problème de santé

De nombreux problèmes de santé, comme le diabète, l’hypertension, l’asthme et l’épilepsie ont des répercussions sur la fertilité d’une personne et la rendent plus susceptible de connaître des complications liées à la grossesse. Il existe des données probantes récentes que les malformations congénitales, comme les anomalies cardiovasculaires congénitales et les anomalies gastro-intestinales causées par le diabète maternel préalable à la grossesse, sont à la hausse au Canada23. Savoir que ces problèmes existent et viser la stabilisation du problème de santé avant la grossesse, que ce soit en changeant son mode de vie ou ses médicaments, peut atténuer nombre de ces risques24. Par ailleurs, certains médicaments utilisés pour gérer le problème en question peuvent être nocifs pour le bébé en devenir. Une surveillance régulière en matière de médicaments avec un prestataire de soins de santé préalablement à la grossesse est recommandée.

Survivants de cancer

Les survivants de cancer, hommes ou femmes, peuvent avoir quelques difficultés à intégrer leur expérience du cancer et les traitements qui en découlent dans leur plan de vie en matière de procréation pour l’avenir9. Survivre au cancer entraîne d’éventuelles répercussions de nature physique et psychologique, comme un risque accru d’infertilité irréversible ou de fertilité compromise9.

Pour les femmes ayant subi des radiographies de l’abdomen ou du bassin ou ayant été traitées avec des agents alkylants chimiothérapeutiques, il y a un risque d’insuffisance ovarienne prématurée et, si la grossesse arrive à terme, de donner naissance à un enfant en insuffisance pondérale25. Pour les hommes, le traitement du cancer peut affecter la morphologie, la motilité, la quantité et l’intégrité génétique du sperme25, 9.

L’évaluation du type de cancer et du traitement utilisé durant la période avant la grossesse contribue à déterminer les risques d’infertilité, ainsi que les interventions appropriées permettant une conception et une grossesse saines. Par conséquent, une consultation en santé avant la grossesse et une vérification du traitement pharmacologique sont recommandées pour minimiser les effets nocifs sur la santé de la mère et de l’enfant25.

La question de la préservation de la fertilité est importante. Les personnes nouvellement diagnostiquées avec un cancer et qui planifient d’avoir des enfants doivent être informées des options qui s’offrent à elles en matière de préservation de fertilité. Elles doivent aussi s’adresser à un spécialiste de la fertilité en vue de poursuivre les soins, si toutefois la préservation est souhaitée et fait partie des options à leur disposition25.

En outre, les tests génétiques pour la mutation génétique peuvent être considérés durant la période avant la grossesse, car ils se sont avérés très efficaces9.

Personnes ayant des problèmes de santé mentale

Une santé mentale fragile durant la période avant la grossesse peut avoir des conséquences négatives sur la capacité à concevoir un enfant21. Elle est aussi associée à des complications de grossesse comme l’insuffisance pondérale à la naissance et des difficultés à s’ajuster en période de transition vers la parentalité26. Il est donc important de faire traiter ses problèmes de santé mentale durant la période avant la grossesse pour optimiser le déroulement de la grossesse et de l’accouchement.

Personnes souffrant de dépendance

En raison du taux de prévalence en matière de consommation de drogues ou d’alcool chez les personnes en âge de procréer et des incidences sur leur santé et sur celle de leur futur enfant, il est important de s’attaquer à ce problème durant la période avant la grossesse27. L’alcool, le tabac, le cannabis et autres drogues à usage récréatif ou drogues dures sont reconnus pour être des substances tératogènes pouvant affecter la fertilité des hommes et des femmes en détériorant l’ADN du sperme et de l’ovule21.

Idéalement, une personne qui planifie une grossesse cesserait toute consommation d’alcool ou de drogue. Cependant, pour celles qui ont développé une accoutumance, une telle abstinence peut prendre du temps. L’alcool, le tabac, le cannabis et autres drogues à usage récréatif et drogues dures sont associés à des problèmes liés à l’accouchement, notamment : ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF), travail prématuré, déficience pondérale à la naissance, et syndrome de sevrage néonatal28. La consommation d’alcool dans les premiers jours de la grossesse, souvent avant que la femme ne sache qu’elle soit enceinte, peut affecter le bébé en devenir29.

Une approche de réduction des méfaits est recommandée avec les personnes consommant de l’alcool ou de la drogue. Ce type d’approche vise à minimiser les méfaits associés aux comportements à haut risque et à favoriser une meilleure santé et un meilleur comportement social. Bien que l’abstinence par rapport à certaines drogues ou à l’alcool soit souhaitée avant la conception d’un enfant, il peut s’agir d’un objectif difficile à atteindre pour certains. L’approche de réduction des méfaits suppose d’établir des objectifs réalistes et atteignables afin de réduire leur consommation. La consultation relative à la contraception pour les femmes nécessitant de l’aide au sevrage est recommandée30. Pour celles qui souffrent de dépendance, il est nécessaire qu’elles absorbent 5 mg d’acide folique avant de tomber enceintes31. Les partenaires peuvent avoir un rôle clé en appuyant le choix d’une femme au sevrage en s’abstenant de consommer eux aussi s’ils envisagent d’avoir un enfant21.

Personnes vivant dans la pauvreté

Le revenu est un déterminant de la santé qui peut avoir une incidence sur la santé d’une personne et son bien-être. La pauvreté peut être une cause de stress chronique, lequel a été associé à des complications liées à la grossesse et à l’accouchement, comme la naissance prématurée32. Les effets de la pauvreté se font également ressentir sur la santé avant la grossesse. La pauvreté peut compliquer l’accès à une alimentation adéquate, salubre et culturellement appropriée, à un abri, et à tout autre besoin essentiels pour une grossesse en santé32. Ce sont là les facteurs qui peuvent avoir une incidence sur la santé avant la grossesse.

Par ailleurs, les personnes vivant dans la pauvreté sont susceptibles d’avoir une santé générale plus fragile, ce qui peut être dû au manque d’accès aux services de soins de santé, à des limitations budgétaires pour ce qui a trait aux traitements pharmacologiques, et à une pénurie de prestataires de soins de santé dans leur collectivité.

Il est donc d’autant plus important pour les prestataires de soins de santé de fournir du soutien et d’orienter vers des ressources disponibles comme l’aide au revenu durant la période avant la grossesse pour amortir les effets de la pauvreté sur la grossesse, le cas échéant32.

Victimes de violence

Les personnes victimes de violence durant la période avant la grossesse ou période prénatale sont 30 % moins susceptibles de recevoir des soins prénataux appropriés32. En outre, la violence dégénère souvent durant la grossesse32. Les femmes victimes de violence sont plus à risque d’être isolées, de consommer de l’alcool ou de la drogue, d’être sujettes à des troubles de l’humeur, de ne pas avoir accès aux soins de santé, et d’être de santé fragile, ce qui les rend vulnérables pour ce qui a trait au bon déroulement de la grossesse. Il est par conséquent important d’informer les femmes sur la façon d’accéder aux soins préalables à la grossesse et aux soins prénataux ainsi qu’aux réseaux de soutien communautaires à leur disposition.

Nouveaux arrivants

Les nouveaux arrivants peuvent avoir à faire face à des obstacles d’ordre physique, social et psychologique pouvant affecter la santé avant la grossesse. Arriver dans un nouveau pays peut être une source de multiples facteurs de stress pour une personne, comme l’absence de soutien familial, la langue et les barrières culturelles, le manque de connaissance du système médical ou encore l’accès limité aux soins de santé25. Les nouveaux arrivants demandeurs d’asile peuvent vivre des moments éprouvants physiquement ou psychologiquement à la suite des conditions de vie difficiles des camps de réfugiés ou dans leur pays d’origine (p. ex., guerres, persécutions, etc.). Ces conditions pouvant avoir été à l’origine de leur départ pour le Canada25.

Le concept de s’informer sur la santé et des soins préventifs (p. ex., soins ne relevant pas d’une maladie ou d’un problème de santé) peut grandement varier en fonction des croyances culturelles et des pratiques médicales du pays d’origine d’une personne. En conséquence, les soins préalables à la grossesse pour les nouveaux arrivants doivent se faire dans le respect des sensibilités culturelles et dans la langue de préférence de la personne25. Les prestataires de soins de santé pourront alors prodiguer des soins culturellement adaptés et veiller à l’interprétation exacte et à la bonne traduction des messages de santé, répondant ainsi aux besoins d’ordre culturel, social et linguistique33.

Il est recommandé que les nouveaux arrivants subissent un dépistage de l’hépatite B (VHB) et de la tuberculose à cause de la nature endémique de ces maladies dans leur pays d’origine ou dans les pays où ils sont restés avant d’arriver au Canada. Un traitement doit être offert à ceux qui en ont besoin et de préférence, avant la grossesse25. Des options contraceptives sont à considérer jusqu’à ce que le traitement soit terminé. Les nouveaux arrivants peuvent travailler comme travailleurs saisonniers dans des lieux de travail non règlementés, ce qui peut aggraver les risques d’exposition aux dangers environnants et à des conditions de travail difficiles. Autant de situations qui peuvent avoir une incidence sur la fertilité des hommes et des femmes, ainsi que sur le développement fœtal34. Enfin, un autre facteur à considérer, pour ce qui est de fournir des soins et promouvoir la santé avant la grossesse, est celui qui relève des coutumes de certains pays, coutumes pouvant porter atteinte au système reproducteur même des femmes qui en ont fait l’objet, comme les ablations ou mutilations génitales, qui sont pratiquées en Afrique subsaharienne, en Égypte et au Soudan35.

Personnes d’origine ethnique particulière

L’ethnicité d’une personne peut la rendre plus susceptible de contracter certains troubles génétiques, notamment la maladie de Tay-Sachs et l’anémie drépanocytaire. Il est recommandé d’offrir de la consultation en santé avant la grossesse, incluant les tests de dépistage de maladies génétiques. Les personnes d’ascendance d’Afrique, du Sud-Est asiatique et de la Méditerranée sont à plus haut risque d’être porteuses de troubles génétiques liés à l’hémoglobine36. Voir la section concernant les antécédents génétiques et familiaux pour plus de détails.

Autochtones

Les Canadiens autochtones ont plus de risques de connaître une grossesse compliquée et d’avoir un enfant avec des problèmes de santé, indépendamment de leur situation socioéconomique ou de leur milieu de vie37. Les Autochtones sont plus soumis aux facteurs de risques avant la grossesse, y compris le diabète, la tuberculose, l’obésité, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), la violence de nature sexuelle, la consommation d’alcool ou de drogues et les troubles de l’humeur37.

Lorsqu’il est question de prendre soin des Canadiens autochtones, il est important de reconnaître le concept de sécurisation culturelle, qui fait référence aux conséquences du déséquilibre des pouvoirs, de la colonisation, des relations coloniales et des discriminations institutionnalisées en matière de soins de santé38. La sécurisation culturelle exige des prestataires de soins de santé qu’ils fassent preuve de respect à l’égard de la nationalité, de la culture, de l’âge, du sexe, des croyances politiques et religieuses et de l’orientation sexuelle38. Ce concept incite les prestataires de soins de santé à prendre conscience des croyances culturelles, des valeurs, des attitudes, et des perspectives influençant le comportement de façon consciente ou inconsciente33. Si le concept se concrétise, la sécurisation culturelle invitera les personnes à s’exprimer ouvertement sur leurs besoins et la façon pour leur prestataire de soins de santé de les satisfaire, de sorte qu’ils deviennent partenaires actifs du processus de soin de santé33.

Personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres ou queer (LGBTQ)

Les LGBTQ peuvent faire face à plusieurs défis pour concevoir un enfant et obtenir du soutien en raison de l’approche hétérosexuelle qui caractérise le système social et médical. Ces défis contribuent par ailleurs à générer des taux plus élevés de troubles de l’humeur en période périnatale1. C’est la raison pour laquelle il est important d’adopter un langage inclusif respectueux des diversités en matière d’orientation sexuelle et d’identité individuelle.

Planification

Plan de vie pour la procréation

Les prestataires de soins de santé peuvent inciter leur patient en âge de procréer à réfléchir à un plan de vie en matière de procréation. Un plan de vie pour la procréation est une approche pouvant aider une personne à analyser ses objectifs personnels et ses aspirations1. Il lui permet de savoir si elle veut ou non des enfants un jour, ou la façon dont ces enfants vont s’intégrer dans ce plan de vie et à quel moment1. L’utilisation d’un plan de vie pour la procréation est préconisée par l’Association pour la santé publique de l’Ontario, le Centre de ressources Meilleur Départ, et les centres pour le contrôle et la prévention des maladies1. Ce plan peut aussi être utilisé pour faciliter la communication entre les prestataires de soins de santé et leur patient concernant la contraception1.

Un plan de vie pour la procréation peut aider une personne à :

  • Décider si elle veut avoir des enfants, et à quel moment.
  • Planifier le moment pour avoir des enfants et à espacer les grossesses.
  • Identifier les facteurs (médical, comportemental, financier, environnemental ou social) pouvant influer sur l’issue de la grossesse.
  • Prévenir les grossesses non désirées.
  • Choisir une méthode contraceptive appropriée1.

Modes de vie sains

Alimentation

Tous devraient s’alimenter de façon saine et équilibrée, et s’en tenir à des habitudes alimentaires fondées sur le Guide alimentaire canadien, qui intègre une variété de légumes, de fruits et de céréales de grains entiers tout en limitant les aliments riches en sucre et transformés. Suivre ces directives contribuera à assurer des réserves nutritionnelles appropriées pour la grossesse et peut aussi limiter les conditions propices aux risques de mauvaise alimentation, incluant un IMC en dessous du niveau idéal (p. ex., trop élevé ou trop faible), l’anémie et le diabète. Les risques de surpoids ou d’obésité sont liés à une alimentation contenant moins de trois fruits ou légumes par jour39. Il est important d’examiner les problèmes d’accès à l’alimentation, de nutrition, d’entreposage, d’installations de cuisson, de suppléments (acide folique) et d’aiguiller vers les ressources appropriées, le cas échéant.

Bien que tous les nutriments soient importants dans une alimentation saine et équilibrée, plusieurs ont un rôle majeur dans le bon déroulement de la grossesse.

Acide folique

L’acide folique est une vitamine essentielle au tout début de la période prénatale pour le développement fœtal. La plupart des femmes ont du mal à assurer l’apport adéquat en acide folique à partir de source alimentaire seulement. La prise de multivitamines contenant au moins 0,4 mg d’acide folique est recommandée pour toutes les femmes en âge de procréer. Consommer une quantité appropriée d’acide folique peut réduire le risque d’avoir un enfant atteint d’anomalie du tube neural, comme le spina-bifida, l’encéphalo-araphie et l’encéphalocèle40. En fonction des facteurs de risque et de la consultation avec leur prestataire de soins de santé, certaines femmes peuvent avoir besoin d’une quantité plus importante d’acide folique (jusqu’à 5 mg).

Celles qui sont dans l’une des situations suivantes devraient consulter leur prestataire de soins de santé en vue d’augmenter leur dose en acide folique avant la grossesse41, 42 :

  • Femmes ayant déjà donné naissance à un enfant atteint d’une anomalie du tube neural.
  • Femmes ayant un cas d’anomalie du tube neural dans leur famille immédiate.
  • Femmes dont l’origine ethnique est connue pour être susceptible de donner naissance à un enfant atteint d’anomalie du tube neural.
  • Femmes soumises à des exigences de préparation et de sélection alimentaires (p. ex., utilisation de riz non fortifié, utilisation de farine de maïs et cuisson prolongée)42.
  • Femmes souffrant d’épilepsie, d’une maladie hépatique, de diabète de type 1, de trouble du métabolisme du glucose, d’hyperinsulinisme, ou d’obésité (IMC > 35)32.
  • Les femmes prenant des médicaments qui interfèrent avec le métabolisme de l’acide folique42.
  • Femmes fumeuses ou consommant beaucoup d’alcool42.
  • Femmes souffrant de malabsorption et ayant subi un pontage gastrique42.
  • Femmes faisant l’objet d’une épuration extrarénale42.
Fer

La période avant la grossesse est le bon moment pour veiller à ce que la femme ait une réserve en fer suffisante pour entrer dans la grossesse43. Les études suggèrent que les réserves en fer au moment de concevoir un enfant sont un très bon indicateur des risques d’anémie ferriprive plus tard dans la grossesse lorsque les besoins en fer augmentent de façon considérable. Une carence en fer durant la grossesse peut provoquer des risques de naissance prématurée. La vérification du taux de ferritine dans le sang, qui donne une idée des réserves de fer dans l’organisme, est la meilleure façon de déterminer s’il y a ou non anémie ferriprive. Les femmes désireuses de tomber enceintes doivent prendre 18 mg de fer par jour (apport nutritionnel recommandé). L’ajout de sources de vitamine C à une alimentation riche en fer permet d’aider à une plus grande absorption en fer44.

Calcium

Les femmes en âge de procréer doivent prendre 1 000 mg de calcium par jour dans leur apport alimentaire ou en suppléments. C’est le calcium qui régit la sécrétion hormonale, la coagulation sanguine, la fonction musculaire et la transmission nerveuse45. Le calcium est également un métal jouant un rôle dans la constitution et le maintien des os et des dents.

Acide gras oméga-3

Consommer du poisson facilite l’apport en acide gras oméga-3 qui permet le développement du cerveau. Il est recommandé d’en manger 150 g ou deux portions de poisson faible en mercure par semaine (comme stipulé par le Guide alimentaire canadien). Pour d’autres informations pour ce qui est de sélectionner un poisson faible en mercure, voir le fichier Alimentation saine et prise de poids.

Omega-3 fatty acids

Consommer du poisson facilite l’apport en acide gras oméga-3 qui permet le développement du cerveau. Il est recommandé d’en manger 150 g ou deux portions de poisson faible en mercure par semaine (comme stipulé par le Guide alimentaire canadien). Pour d’autres informations pour ce qui est de sélectionner un poisson faible en mercure, voir le fichier Alimentation saine et prise de poids.

Caféine

Santé Canada recommande aux femmes en âge de procréer de ne pas consommer plus de 300 mg de café par jour. C’est l’équivalent d’environ deux à trois tasses de café par jour, ou quatre à six tasses de thé par jour46, 47. Durant la période avant la grossesse, la consommation de caféine a été associée à une grossesse prolongée de plus de 9,5 mois. Durant la grossesse, une consommation excessive de caféine (plus de quatre tasses de café) peut entraîner des effets nocifs : fausse couche, avortement spontané, mort fœtale et mortinaissance13.

Indice de masse corporelle (IMC)

L’excès de poids, l’obésité ou l’insuffisance pondérale peut avoir une incidence sur la fertilité d’une personne. Bien que la plupart des travaux de recherche et des messages en promotion de la santé ont mis l’accent sur les risques d’excès de poids et d’obésité, l’insuffisance pondérale constitue également une préoccupation importante. Une femme qui se retrouve dans les extrêmes, élevés ou faibles, sur l’échelle d’IMC pourrait avoir un cycle menstruel perturbé, ce qui peut rendre plus difficile la conception d’un enfant. Les données actuelles laissent entendre qu’une femme avec un IMC entre 18,5 et 24,9 avant grossesse aura de meilleurs résultats de santé pour elle et son enfant, et un risque amoindri de maladie.

Environ un tiers des femmes canadiennes entrent en grossesse avec un IMC équivalant à 25 ou plus. Les femmes en surpoids ou obèses, avec un IMC de plus de 25 durant leur grossesse, sont plus à risque pour :

  • Anomalies du tube neural.
  • Naissance prématurée.
  • Diabète.
  • Accouchement par césarienne.
  • Maladie de l’hypertension.
  • Maladie thromboembolique48, 49.

Les interventions visant un poids santé commencent idéalement durant la période avant la grossesse étant donné que les stratégies en matière de perte de poids portent sur plusieurs aspects à la fois et sont progressives50.

Les femmes qui ont un IMC en dessous de 18,5 sont à plus grand risque de :

  • Infertilité.
  • Malnutrition.
  • Donner naissance à un enfant atteint de gastroschisis.
  • Naissance prématurée.
  • Donner naissance à un enfant d’âge gestationnel ou de petite taille48, 49.

En outre, les hommes en surpoids ou obèses sont plus à risque d’avoir un faible taux de testostérone, une mauvaise qualité de sperme et une diminution de la fertilité51. Le risque d’infertilité pour les hommes augmente environ de 10 % pour chaque tranche pondérale supplémentaire de 9 kg. La fertilité peut également être affectée chez les hommes en insuffisance pondérale. Par exemple, l’insuffisance pondérale peut avoir une incidence sur la quantité du sperme13.

Les étapes pour arriver à un IMC équilibré pour les hommes et les femmes supposent de s’engager entre autres dans une activité physique de niveau modéré à intensif pendant 150 minutes chaque semaine, et de suivre le Guide alimentaire canadien52. Pour obtenir d’autres informations, voir le fichier Alimentation saine et prise de poids.

Activité physique

Une quantité régulière et modérée d’activité physique est recommandée pour tous dans le cadre d’un mode de vie sain et actif. Par ailleurs, être actif avant de concevoir un enfant permet de préparer le corps pour la grossesse et l’accouchement. Les lignes directrices en matière d’activité physique recommandent aux adultes de faire 150 minutes d’exercice aérobique de niveau modéré à intensif par semaine, et des activités de renforcement musculaire et osseux au moins deux jours par semaine52.

L’exercice peut aussi aider à améliorer la fertilité. L’activité physique modérée chez les hommes a été associée à une amélioration morphologique du sperme13. L’exercice peut aussi améliorer la santé mentale (réduire le stress en augmentant la production d’endorphines et en diminuant celle du cortisol) ainsi qu’aider à atteindre et à maintenir un IMC équilibré52. Cependant, un excès d’activité physique chez les femmes peut diminuer la fertilité en entraînant des effets nocifs sur l’équilibre énergétique du corps et le système reproducteur (affectant la production de gonadotrophine et la fonction hypothalamique), ce qui peut mener à des perturbations menstruelles13.

Pour d’autres informations, voir le fichier Vie active.

Tabagisme

La consommation de tabac chez les femmes et les hommes peut réduire la fertilité. Chez les femmes, le tabac ralentit la fonction ovarienne et tubaire et la réceptivité utérine à la nidation53. Pour les hommes, le tabac est associé à une plus basse numération des spermatozoïdes, une faible motilité et une qualité altérée du sperme. Une qualité de sperme altérée peut avoir des répercussions sur l’issue de l’accouchement, notamment la naissance d’un enfant en insuffisance pondérale54. Fumer peut aussi causer des dommages génétiques aux gamètes et à l’embryon. La consommation de tabac pendant la grossesse est associée aux fausses couches, aux naissances prématurées, à l’insuffisance pondérale, et à un plus grand risque de palatoschisis (fente palatine). Après la naissance, le tabagisme est associé à un risque plus prononcé de syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN). Les effets nocifs du tabac sont proportionnels à la quantité consommée, de sorte qu’une diminution de fréquence ou de quantité s’avère bénéfique et doit être perçue comme un moyen efficace de limiter les méfaits21. Pour de meilleurs résultats, il faudrait arrêter de fumer avant de concevoir un enfant.

Pour d’autres informations, voir le fichier Tabagisme.

Alcool et l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale

Les prestataires de soins de santé sont invités à discuter ouvertement des effets de l’alcool sur la grossesse avec chaque femme en âge de procréer55. Environ 50 % des grossesses ne sont pas planifiées, et avec 62,4 % des femmes ayant déclaré avoir bu de l’alcool durant les trois mois précédant une grossesse, celui-ci représente un risque certain pour les grossesses non planifiées28. Les Directives de consommation d’alcool à faible risque (DCAFR) pour les Canadiens stipulent qu’il n’existe aucune limite de consommation d’alcool durant la grossesse qui n’ait donné la preuve définitive de son innocuité, et qu’il est donc plus sûr pour les femmes de ne pas boire si elles sont enceintes ou prévoient de l’être56. La consommation d’alcool peut nuire au bébé en devenir à toutes les étapes de la grossesse, particulièrement durant les premiers temps, avant même qu’une femme ne sache qu’elle soit enceinte29. L’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF) et autres malformations congénitales liées à la consommation d’alcool peuvent être évités si les femmes arrêtent de boire avant une grossesse29. Pour d’autres informations concernant l’ETCAF, voir le fichier Alcool.

Toxicomanie

Plusieurs types de drogue à usage récréatif ou drogues dures ont été associés à l’infertilité masculine, y compris le cannabis, les produits opiacés, la cocaïne, le tabac et les stéroïdes anabolisants22, 57. Pour les hommes, il s’est avéré que la consommation de cannabis réduit la production de testostérone, la numération des spermatozoïdes et la qualité du sperme. Pour les femmes, le cannabis peut diminuer le taux de lutéostimuline, ce qui peut entraîner des risques d’infertilité13. La consommation de produits opiacés chez les hommes diminue la motilité du sperme13. La consommation d’héroïne chez les femmes avec un décollement placentaire peut causer l’infertilité13. La cocaïne peut aussi être associée à une faible numération de spermatozoïdes et une perturbation de la motilité du sperme. Les effets de la cocaïne sur la qualité et la quantité du sperme peuvent se faire sentir sur une durée de deux ans. Les stéroïdes anabolisants peuvent également réduire le taux de testostérone et la qualité du sperme22, 57. Pour obtenir d’autres informations sur l’usage de drogues, voir le fichier Médicaments et drogues.

Médicaments

Les personnes en âge de procréer peuvent éprouver des problèmes de santé graves et chroniques. Le cas échéant, et s’ils ne sont pas pris en charge, ces problèmes peuvent donner lieu à une mauvaise santé pour la personne et l’enfant à venir. Dans le cadre des soins de santé systématiques avant la grossesse, il est conseillé aux personnes de discuter de façon régulière avec son prestataire de soins de santé pour passer en revue les médicaments sur ordonnance, les médicaments en vente libre et les produits à base d’herbes médicinales qu’elles prennent. Le prestataire de soins de santé permettra de déterminer si la prise de médicaments avant ou durant la grossesse est préférable à son interruption29.

Certains médicaments sont connus comme étant tératogènes et doivent être pris uniquement en association avec un usage effectif de moyens de contraception, ou après avoir discuté des quantités à prendre et des options de remplacement. Parmi ces médicaments, on trouve :

  • Isotretinoïne (p. ex., AccutaneMD).
  • Anticoagulants (p. ex., warfarine).
  • Antiépileptiques (p. ex., acide valproïque).
  • Chimiothérapeutiques.
  • Inhibiteurs de l’ECA.
  • Méthotrexate58.

Pour d’autres informations, voir le fichier Médicaments et drogues.

Préparation à la parentalité

Planifier une grossesse peut ajouter au stress existant sur sa relation aux autres et sur sa capacité à s’adapter au changement. Le bien-être affectif et le stress devraient être considérés comme aussi importants que le bien-être physique durant la période avant la grossesse59. En outre, les femmes qui vivent des situations très éprouvantes sont plus susceptibles de développer des comportements à haut risque et d’avoir un accès limité aux soins prénataux1.

Les questions liées aux déterminants sociaux de la santé, notamment l’emploi, le revenu et le logement, doivent être abordées avant d’avoir un enfant. Chacun devrait être informé des avantages sociaux liés à la maternité auxquels il a droit par l’intermédiaire de son emploi ou du gouvernement, mais également pour ce qui est des autres formes d’aides financières disponibles60.

L’assurance-emploi du Canada fournit de l’aide financière pour les congés de maternité dont les prestations peuvent aller jusqu’à quinze semaines. Les renseignements concernant les critères d’admissibilité à l’assurance-emploi pour les congés de maternité et congés parentaux sont disponibles sur le site du gouvernement du Canada. Les femmes qui subissent les complications d’une grossesse ou des problèmes liés à une maladie et qui sont déclarées dans l’incapacité de travailler sont admissibles aux prestations de maladie plutôt qu’à celles relatives à la maternité61.

La Loi de 2000 sur les normes d’emploi permet aux employés admissibles qui attendent un enfant ou qui sont nouveaux parents le droit de prendre un congé non payé. Parallèlement, la Loi sur l’assurance-emploi du Canada permet aux employés admissibles de recevoir des prestations parentales ou de maternité pouvant être versées durant la période de ce congé61. Pour obtenir plus d’informations, voir le fichier Transition vers la parentalité. Pour en savoir plus sur les prestations et les critères d’admissibilité, consulter le site du gouvernement du Canada Assurance-emploi et prestations de maternité et parentales.

Santé mentale

L’importance de l’état de santé mentale avant la grossesse est un domaine qui fait l’objet d’attention et de nouvelles recherches. Un état de santé mentale fragile préalablement à une grossesse constitue un facteur de risque important de complications, notamment de mortinaissance et d’insuffisance pondérale26. Les taux de consommation d’alcool et de drogues avant et pendant la grossesse sont plus importants chez les femmes dont la santé mentale est fragile. La dépression ou tout autre problème de santé mentale comme la schizophrénie peuvent également augmenter les risques d’automutilation et autres comportements dangereux pouvant nuire à une grossesse1.

La consultation, le soutien et la pratique d’un mode de vie optimal, comme l’exercice, une bonne alimentation et une vie sociale développée, sont autant d’avenues à explorer comme moyen pouvant permettre d’atteindre l’équilibre en matière de santé mentale. Si les médicaments font partie du programme de traitement, la consultation en santé avant la grossesse offre la possibilité de revoir et d’ajuster les médicaments au besoin. Tout changement de médicaments doit se faire avant la conception d’un enfant afin de réduire les risques d’exposition du fœtus à une multitude de médicaments, le cas échéant61. La plupart des antidépresseurs ne sont pas considérés comme tératogènes. Il faut informer les femmes que l’interruption de médicaments pour le bien d’une grossesse ne s’impose pas en principe, et peut en fait faire courir plus de risques relevant de complications liées à la santé mentale1.

Pour d’autres informations, voir le fichier Santé mentale.

Vaccination

Les personnes en âge de procréer doivent faire vérifier leurs vaccins et les tenir à jour une fois par an. Certains vaccins agissent en prévenant les infections congénitales, alors que d’autres agissent en prévenant la transmission. La période avant la grossesse est tout indiquée pour mettre à jour ses vaccins, car certains ne peuvent être administrés durant une grossesse et d’autres offrent des avantages maternels, car ils permettent d’éviter un traitement qui autrement, pourrait s’avérer nocif pour la grossesse62. Par ailleurs, la vaccination préalablement à la grossesse peut aider à réduire le risque de complication résultant d’une infection durant la grossesse ainsi qu’à prodiguer, indirectement, une protection potentielle au fœtus. Certaines infections peuvent également nuire à la fertilité, et veiller à ce que ses vaccinations soient à jour est une façon de se prémunir tout simplement contre de telles complications. Par exemple, les oreillons contractés chez les hommes avant de concevoir un enfant peuvent causer le gonflement des testicules et compromettre leur fertilité64. Certains vaccins sont conseillés durant la période avant la grossesse, car en tant que vaccin vivant, un délai d’attente est préconisé entre leur inoculation (p. ex., rubéole) et la conception d’un enfant, en raison du risque encouru d’une exposition théorique pour le fœtus en développement64. Toutes ces raisons font que l’état de vaccination d’une personne en âge de procréer est une composante importante des soins et de la promotion de la santé avant la grossesse dans leur ensemble63.

Bien que tous les vaccins doivent faire l’objet d’une vérification et d’une mise à jour pour toutes les personnes en âge de procréer, il y en a qui sont particulièrement importants durant la période avant la grossesse, notamment celui contre la diphtérie, la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole et la varicelle64. En fonction de son mode de vie, des risques d’exposition liés à son travail, et sa santé, la femme peut avoir besoin de vaccins supplémentaires64. Celles qui envisagent de voyager en dehors du pays devraient voir un prestataire de soins de santé pour obtenir de l’information sur les vaccins dont elles pourraient avoir besoin. Finalement, certaines personnes en contact régulier avec des femmes enceintes devraient être invitées à mettre à jour leurs vaccinations afin de minimiser et de prévenir la transmission des infections. Les vaccins indiqués dans le tableau 1 sont ceux qui sont recommandés pour les femmes et leur partenaire durant la période avant la grossesse.

Tableau 1 : Recommandations de vaccinations avant la grossesse65

Vaccination Recommandations avant la grossesse
Hépatite B (VHB)
  • Toutes les femmes à risque qui n’ont pas été vaccinées précédemment devraient l’être contre l’hépatite B avant de tomber enceintes.
Virus du papillome humain (VPH)
  • Idéalement, une femme devrait se faire vacciner contre le VPH avant de concevoir un enfant. Cependant, il est important de noter que ce vaccin n’est financé par le gouvernement que pour les jeunes filles de 9e à 12e années.101
  • Le vaccin VPH4 (GardasilMD) est recommandé pour les garçons et les hommes, âgés de 9 à 26 ans, mais il n’est pas financé par le gouvernement101.
Grippe
  • Recommandé annuellement pour toutes les femmes.
  • Peut être administré avant ou pendant la grossesse, sauf si un vaccin vivant atténué est utilisé.
Rougeole-Oreillons-Rubéole (ROR)
  • Vérification de l’immunité contre la rubéole à confirmer à l’étape avant la grossesse.
  • En l’absence d’immunité, le vaccin ROR est requis et un délai d’attente d’au moins un mois est exigé avant la conception d’un enfant.
Varicelle
  • Les femmes qui ne connaissent pas leurs antécédents en matière de varicelle doivent faire l’objet d’une vérification de l’immunité durant la période avant la grossesse.
  • En l’absence d’immunité, le vaccin de la varicelle (deux doses) est requis et un délai d’attente d’au moins un mois est exigé avant la conception d’un enfant.
Tétanos, diphtérie et coqueluche (dcaT)
  • Obtenir les antécédents et si la dernière dose de rappel a été administrée il y a plus de 10 ans, refaire le vaccin dcaT.
  • Le vaccin dcaT est préférable au rappel contre le tétanos et la diphtérie (dT), car la coqueluche représente un danger pour les nouveau-nés.
  • Les femmes en âge de procréer doivent être à jour avec leur anatoxine tétanique; pendant la grossesse, l’immunité passive du fœtus est susceptible de le protéger du tétanos néonatal.


Infections transmissibles sexuellement

Les infections transmissibles sexuellement (ITS) peuvent avoir des répercussions sur la grossesse ainsi que sur la santé reproductive des hommes et des femmes, y compris sur la fertilité34. Certaines ITS sont asymptomatiques. C’est la raison pour laquelle des tests de dépistage des ITS appropriés et systématiques dans la vie d’une personne en âge de procréer, peuvent prévenir l’infertilité et les problèmes défavorables à la grossesse. Chacune de ces personnes doit subir un test de dépistage des ITS, être informée des problèmes de grossesse éventuels (résultant d’une ITS non traitée), et avoir accès à un traitement durant la période avant la grossesse. La consultation concernant les questions relatives aux pratiques sexuelles sans risque est recommandée pour ceux qui ont des partenaires multiples65.

Le tableau 2 fait état des ITS pouvant avoir une incidence sur la fertilité, la grossesse et l’accouchement66.

Tableau 2 : Infections transmissibles sexuellement et leur effet sur la fertilité, la grossesse et l’accouchement67

Infections transmissibles sexuellement Effets potentiels Recommandations
Chlamydia
  • Si elle n’est pas traitée, la chlamydia peut mener à une maladie inflammatoire pelvienne, à l’infertilité et à un risque accru de contracter le VIH34.
  • Parmi les femmes atteintes de la chlamydia, 10 à 15 % vont développer une maladie inflammatoire pelvienne, qui est liée à l’infertilité.
  • La chlamydia non traitée a été associée à des problèmes durant la grossesse, notamment le travail prématuré, la rupture prématurée des membranes enveloppant le fœtus dans l’utérus, et l’insuffisance pondérale.
  • Les tests de dépistage sur une base régulière et le traitement des personnes en âge de procréer en matière de chlamydia sont primordiaux.
  • Les personnes en âge de procréer doivent aussi être informées des risques associés à la chlamydia, comme l’infertilité, afin d’assurer une prévention appropriée.
Gonorrhée
  • Bien que la gonorrhée soit asymptomatique, elle peut entraîner une cervicite et une maladie inflammatoire pelvienne, lesquelles peuvent endommager les trompes de Fallope et mener à l’infertilité34.
  • La gonorrhée durant la grossesse a été associée à la fausse couche, la naissance prématurée, l’insuffisance pondérale et la rupture prématurée des membranes.
  • La transmission périnatale de la gonorrhée à la grossesse peut mener à la cécité si elle n’est pas traitée34.
  • Le dépistage et le traitement de la gonorrhée durant la période avant la grossesse auprès des hommes et des femmes en âge de procréer sont importants.
Virus herpès simplex (VHS)
  • La plupart des cas de VHS étant asymptomatiques, les hommes et les femmes en âge de procréer qui ont des relations sexuelles doivent être informés sur les signes et les symptômes de la maladie et la façon de prévenir l’infection par l’utilisation régulière du préservatif34.
  • Il est recommandé aux femmes à infection VHS répétée d’être traitées par acyclovir ou valacyclovir à 36 semaines de gestation. Ce traitement permettra de minimiser le risque de transmission par excrétion virale au moment de l’accouchement et le risque de lésions cliniques91.
  • Les femmes ayant des antécédents d’infection VHS doivent être informées sur les risques de transmission verticale à l’enfant.
  • Si l’infection VHS est active lors de l’accouchement, une césarienne est alors préférable.
  • Outre le traitement antibiotique, les couples dont l’homme est infecté doivent être avisés de l’importance d’utiliser un préservatif de façon systématique et d’éviter les rapports sexuels lorsque les symptômes se manifestent34.
Virus de l’immunodéficience humaine (VIH)
  • La transmission verticale du VIH de la mère à l’enfant peut se produire pendant la grossesse, l’accouchement et par l’allaitement.
  • Se faire tester pour un dépistage du VIH durant la période avant la grossesse est crucial. Savoir s’il y a présence du virus permettra d’entamer un traitement et de réduire la charge virale avant la conception d’un enfant afin de minimiser le risque de transmission verticale durant la grossesse.
  • Les personnes séropositives pour le VIH peuvent recevoir faire l’objet d’une éducation en matière de santé sur les stratégies pour réduire les risques de transmission mère-enfant durant la grossesse et la période postpartum34.
  • Toutes les personnes séropositives pour le VIH qui nécessitent une thérapie antirétrovirale combinée pour leur santé durant la période avant la grossesse doivent être avisés de l’importance de poursuivre leur régime posologique, même en cas de tentative de tomber enceinte. L’utilisation d’une thérapie antirétrovirale combinée durant la grossesse a permis de réduire le taux de transmission à l’enfant à moins de 2 %67.
  • L’allaitement en présence du VIH est contre-indiqué.
  • L’accouchement par césarienne est recommandé.
Syphilis
  • La syphilis a de graves répercussions néonatales, comme la mortinaissance et la mortalité infantile peu après la naissance34.
  • La syphilis a été associée à la naissance prématurée.
  • Le dépistage et le traitement durant la période avant la grossesse sont importants pour toutes les personnes en âge de procréer.
  • Le traitement de la mère avant ou pendant la grossesse peut arrêter la transmission à l’enfant.
  • Des tests de dépistage répétés sont recommandés pour les personnes à risque élevé qui ne planifient pas de grossesse (p. ex., travailleurs du sexe, et ceux qui ont des rapports sexuels avec des partenaires dont le comportement sexuel est à risque élevé)34.


Autres maladies infectieuses

Un certain nombre d’autres maladies infectieuses peuvent nuire à la grossesse. Faire des tests de dépistage pour ces maladies durant la période avant la grossesse permet de déterminer les risques potentiels sur la santé reproductive et les futures grossesses, et de traiter ces risques avant qu’une grossesse ne survienne34. Le tableau 3 fait état des points principaux concernant les maladies infectieuses devant être abordés en soins et promotion de la santé avant la grossesse.

Tableau 3 : Maladies infectieuses et points à prendre en considération en préconception

Maladie infectieuse Messages éducatifs en santé avant la grossesse et interventions
Cytomégalovirus (CMV)
  • Le CMV est l’infection virale la plus courante durant la grossesse34.
  • Il n’existe pas de vaccin contre le CMV et le dépistage avant la grossesse du CMV ne fait pas partie des recommandations, car il n’y a pas de données probantes en matière de réduction de transmission périnatale34.
  • Des précautions générales (p. ex., l’utilisation de gants pour changer les couches) sont recommandées pour ceux qui travaillent dans des garderies ou des écoles ou qui ont de jeunes enfants68.
  • Il faut souligner l’importance de bien se laver les mains.
Hépatite C
  • Si les résultats des tests d’analyses qualitatives de l’ARN pour diagnostiquer une hépatite sont négatifs, le taux de transmission verticale diminuera jusqu’à près de zéro71.
  • Discuter de l’historique inhérent à la maladie, des interférences avec la grossesse, des conséquences pour le fœtus, des risques de transmission, des thérapies, et des comportements de limitation des risques69. Prendre en considération la question d’un soutien approprié à l’allaitement et des changements possibles au traitement.
  • Il est recommandé que les personnes atteintes d’hépatite C fassent l’objet d’une vérification de l’immunité à l’hépatite A et B. Les vaccins doivent être offerts au besoin71.
  • La thérapie combinée doit être terminée depuis au moins six mois avant d’entrer dans la grossesse70.
Parvovirus B19

Cinquième maladie de l’enfant

  • Le Parvovirus est une maladie infantile courante. Une infection avant la 20e semaine de gestation peut avoir des conséquences sur la santé du fœtus.
  • À l’heure actuelle, il n’existe pas de données confirmant que le dépistage durant la période avant la grossesse ou les recommandations sur les différentes façons de prévenir l’infection durant la grossesse améliorent le déroulement de la grossesse34.
  • L’éducation en matière de santé sur l’importance de bien se laver les mains et les précautions d’usage pour ceux qui travaillent dans des garderies ou des écoles sont recommandées.
  • Un bilan sanguin peut être fait si nécessaire pour déterminer l’immunité34.
Listériose
  • Durant la période avant la grossesse et tout au long de la grossesse, les femmes devraient être informées sur la consommation d’aliments pouvant être contaminés par la Listéria, notamment :
    • Fromages à pâte molle, demi-fermes et affinés aux moisissures comme le brie, le camembert, et le fromage bleu, lorsqu’ils sont faits à partir de lait non pasteurisé.
    • Hot-dogs, particulièrement les liquides de conditionnement d’emballage.
    • Pâté.
  • Veiller à ce que toutes les viandes soient entièrement cuites, particulièrement le poulet71.
Toxoplasmose
  • La toxoplasmose est un parasite couramment présent dans la viande crue et les selles de chat.
  • Les femmes doivent être informées sur l’importance d’éviter le contact avec les selles de chat dans les bacs à litières, de porter des gants en jardinant, et de ne pas consommer de viande crue ou peu cuite pendant la grossesse afin de réduire les risques d’infection à la toxoplasmose72.
  • Pour les femmes qui contractent la toxoplasmose durant la grossesse, un traitement immédiat est recommandé.
Tuberculose
  • Procéder à un dépistage durant la période avant la grossesse pour permettre le traitement et éviter l’évolution en tuberculose active. Cette approche permettra aussi de réduire le risque de problèmes de grossesse.
  • Les personnes dont les résultats ont été positifs pour la maladie et qui ne manifestent pas de symptôme de maladie active sont généralement traitées avec un régime posologique de neuf mois à l’isoniazide34.


Expositions aux matières dangereuses environnantes

Nombre de produits chimiques que l’on retrouve chez soi, au travail ou à l’extérieur peuvent être nocifs pour la fertilité et la grossesse73, 74. Pour les hommes, ces substances peuvent affecter la quantité, la morphologie, la motilité et l’intégrité génétique du sperme13, 75. Elles peuvent aussi avoir une incidence sur sa performance sexuelle, notamment sa capacité à avoir ou à maintenir une érection13. Pour les femmes, s’exposer à des substances environnantes toxiques peut perturber l’équilibre hormonal et le rythme menstruel et mener dans certains cas à l’infertilité13. Certaines toxines environnantes peuvent aussi avoir une incidence sur la grossesse13. Par exemple, les solvants organiques et les pesticides peuvent augmenter les risques d’insuffisance pondérale à la naissance, de naissance prématurée, et de malformations congénitales13.

Malheureusement, il n’existe pas de liste exhaustive de dangers pouvant nuire à la santé reproductive dans le milieu de travail. Cependant, les substances comme le plomb et les radiations ont été identifiées comme nocives. En outre, plus de 1 000 produits chimiques que l’on retrouve dans le milieu de travail ont été identifiés comme nocifs sur la santé reproductive animale, la plupart des effets n’ayant pas encore été étudiés chez l’homme. Les substances nocives peuvent pénétrer dans l’organisme par inhalation, contact avec la peau ou par ingestion (si les travailleurs négligent de bien se laver les mains avant de manger, de boire ou de fumer)13.

Chacun est invité, sur son lieu de travail, à :

  • Vérifier avec le responsable de la santé et sécurité au travail, personnel infirmier en santé du travail ou médecin pour tout risque potentiel. Parmi les risques, on retrouve les effets de la chaleur sur la fertilité, d’être debout pendant des périodes prolongées, ainsi que les activités intensives durant la grossesse. Il faut demander à voir la Fiche technique santé-sécurité (FTSS). Il s’agit d’un document contenant l’information relative aux dangers potentiels (santé, incendie, réactivité et environnement) et la façon de travailler sans risque avec le produit chimique en question.
  • Veiller à ce que les pratiques et procédures relatives à la santé et la sécurité au travail soient appliquées.
  • Porter l’équipement de protection requis (p. ex., gants, masque) lorsqu’il s’agit d’utiliser un produit chimique, y compris pour les nettoyants domestiques, les pesticides, les peintures et les diluants.
  • Se laver les mains soigneusement après avoir utilisé un produit chimique et avant de manger ou de boire75.

Chez soi et à l’extérieur, suivre les précautions suivantes peut aider à limiter les risques d’exposition aux dangers :

  • Éviter la fumée de tabac.
  • Utiliser plutôt des produits commerciaux sans risque pour le nettoyage, généralement étiquetés à caractère écologique, non toxiques, sûrs ou qui arborent le symbole ÉcoLogo.
  • Utiliser des produits de soins personnels non toxiques (p. ex., non aérosol).
  • Utiliser des ustensiles de manipulation ou de préparation alimentaire sûrs.
  • Limiter la consommation de poisson à teneur élevée de mercure (p. ex., barracuda, tile, makaire, tranche de thon, tout poisson cru ou fruit de mer).
  • Éviter les produits en plastique pouvant contenir du bisphénol A (BPA), du polychlorure de vinyle et des phtalates.
  • S’assurer d’avoir une source d’eau fiable.
  • Éviter l’usage de pesticides chimiques.
  • Éviter de s’exposer à la poussière lors de rénovation, particulièrement dans les vieilles maisons.
  • Utiliser des matériaux à base d’eau et sans COV (p. ex., peinture, colle et plancher) en cas de rénovation.
  • Porter des gants lors du nettoyage, jardinage et au moment de manipuler une litière de chat.
  • Éviter de s’exposer au radon et aux radiations.
  • Éviter les spas et les saunas24, 74.

Problèmes de santé existants

Le Registre et réseau des bons résultats dès la naissance (BORN) est le registre et réseau des grossesses, de la naissance et de l’enfance en Ontario. Selon les données d’un rapport BORN de 2011-2012, 28 % des femmes en Ontario donnant naissance en Ontario ont fait l’objet de problèmes de santé préexistants comme le diabète, les maladies cardiaques, l’hypertension et les maladies rénales77. Ces maladies peuvent avoir des effets négatifs sur la fertilité et la capacité de concevoir un enfant, ainsi que sur la grossesse et l’accouchement si elles ne sont pas traitées ou mal surveillées76.

La période avant la grossesse est un bon moment pour le dépistage, le traitement et les soins pour les femmes ayant des problèmes de santé chroniques, et leur permettre d’optimiser la fertilité et la grossesse58. Pour appuyer un plan de vie de procréation élaboré de façon éclairée, les femmes ayant des problèmes de santé doivent être informées des risques associés à la grossesse, des effets de leurs problèmes de santé sur leur fertilité, des effets de la prise de médicaments sur la fertilité et la grossesse, et le temps global de grossesse si désirée58. Le tableau 4 fait état des points à considérer en cas de problème de santé chronique durant la période avant la grossesse.

Les soins aux femmes ayant des problèmes de santé chroniques durant la période avant la grossesse comprennent :

  • Optimiser la lutte contre la maladie.
  • Passer tous les médicaments en revue et changer, au besoin, la posologie en fonction du risque sur la fertilité et la grossesse.
  • Demander conseil pour l’utilisation d’une méthode contraceptive fiable pour repousser ou prévenir la grossesse jusqu’à ce que le problème de santé soit sous contrôle.
  • Favoriser l’élaboration d’un plan de vie de procréation.

Tableau 4 : Points à prendre en considération en cas de problèmes de santé chroniques durant la période avant la grossesse24

Problème de santé chronique Points à considérer
Asthme
  • Étant donné que les symptômes de l’asthme peuvent s’aggraver durant la grossesse, il est recommandé aux femmes de remettre la conception d’un enfant à plus tard jusqu’à ce que l’asthme soit bien maîtrisé58.
  • Les femmes en âge de procréer qui ont de l’asthme doivent être informées sur la progression de la maladie durant la grossesse et de l’importance de bien maîtriser la maladie avant qu’il n’y ait grossesse afin de pouvoir établir un plan de vie pour la procréation en conséquence.
  • Les médicaments doivent être passés en revue.
Diabète
  • Il s’avère que les soins préalables à la grossesse pour les femmes atteintes de diabète avant la grossesse ont permis d’améliorer de façon importante l’issue de l’accouchement, dont la mortinaissance77.
  • Le diabète non traité ou mal traité peut mener à des malformations congénitales, comme le palatoschisis.
  • Le nombre d’anomalies congénitales imputables à un mauvais contrôle du diabète a augmenté au cours des dix dernières années au Canada23.
  • Le risque de malformation congénitale peut diminuer avec un contrôle glycémique optimal.
  • Revoir les médicaments prescrits, l’alimentation et le niveau d’activité physique.
  • Augmenter la quantité d’acide folique à 5 mg au moins trois mois avant de tomber enceinte et pendant douze semaines après la conception.
  • Si le diabète n’est pas maîtrisé, suggérer une méthode de contraception fiable.
  • Un contraceptif contenant de l’œstrogène est contre-indiqué pour une femme qui souffre de diabète depuis plus de vingt ans.
Épilepsie
  • Revoir les risques de grossesse liés aux médicaments anticonvulsifs.
  • Augmenter la quantité d’acide folique à 4 ou 5 mg avant de tomber enceinte et pendant douze semaines après la conception.
  • Certains médicaments anticonvulsifs peuvent interférer avec les méthodes contraceptives hormonales.
Hypertension
  • Éviter les contraceptifs contenant de l’œstrogène.
  • Discuter d’une médication préconisée et éviter les inhibiteurs de l’ECA.
  • Vérifier le niveau d’atteinte des organes cibles.
Maladie intestinale inflammatoire (MII)
  • Recommander aux femmes de retarder l’échéance de conception jusqu’à ce que la maladie soit en rémission.
Phénylcétonurie (PCU)
  • Encourager au maintien d’un taux faible de phénylalanine durant les années propices à la procréation.
  • Éviter les produits contenant de l’aspartame.
  • Recommander aux femmes de retarder l’échéance de conception jusqu’à ce que le taux de phénylalanine préconisé soit atteint.
Maladie rénale
  • Recommander aux femmes de retarder l’échéance de conception jusqu’à ce que l’affection soit maîtrisée, notamment que la pression artérielle soit normale.
  • Discuter d’une médication préconisée et éviter les inhibiteurs de l’ECA.
  • Consulter des spécialistes.
Lupus érythémateux disséminé (LED), polyarthrite rhumatoïde (PR) et autres maladies auto-immunes
  • Recommander aux femmes de retarder la conception jusqu’à ce que la maladie soit bien maîtrisée.
  • Discuter de l’histoire naturelle de la maladie pendant et après la grossesse.
  • Revoir la médication préconisée.
  • Éviter les contraceptifs contenant de l’œstrogène pour les femmes atteintes de LED.
Maladie thromboembolique
  • Discuter avec les femmes des risques importants d’une thrombose sur la grossesse.
  • Éviter les choix de contraceptifs contenant de l’œstrogène.
  • Éviter la prise de warfarine pour les femmes envisageant une grossesse.
Glande thyroïde
  • Rétablir l’euthyroïdie préalable à la conception.
  • Procéder à un hémogramme complet et une vérification de la thyréostimuline (TSH) préalable à la conception. Une augmentation du dosage médicamenteux pour la thyroïde peut s’avérer nécessaire durant la grossesse. Les patients sont invités à contacter leur médecin pour une posologie adaptée.


Santé bucco-dentaire

La santé bucco-dentaire maternelle peut avoir une incidence sur l’issue de l’accouchement. Les caries dentaires et maladies bucco-dentaires sont assez courantes chez les femmes en âge de procréer78.

Dans le cadre d’une campagne de promotion en santé bucco-dentaire durant la période avant la grossesse, il faut encourager les femmes en âge de procréer à :

  • Appliquer une bonne hygiène bucco-dentaire comme le brossage et l’usage de la soie dentaire sur une base quotidienne.
  • Consulter un dentiste pour un examen dentaire avant de tomber enceinte. Il faut encourager les femmes à se brosser les dents et à utiliser la soie dentaire tous les jours.

Une évaluation en santé bucco-dentaire durant la période avant la grossesse permettra de diagnostiquer les problèmes et de traiter en conséquence préalablement à la grossesse. Cette évaluation est importante, car la plupart des dépistages et des traitements bucco-dentaires (p. ex., rayons X et certains antibiotiques) peuvent être contre-indiqués une fois la grossesse confirmée. En outre, les changements hormonaux durant la grossesse provoquent des saignements des gencives chez de nombreuses femmes, ce qui les rend plus vulnérables à la plaque dentaire. Par conséquent, la période avant la grossesse est le moment le plus propice aux dépistages et traitements en matière de santé bucco-dentaire79.

Antécédents génétiques et familiaux

Les antécédents médicaux familiaux préalablement à la grossesse permettent de déterminer les problèmes de santé et les facteurs de risque pouvant peser sur une grossesse éventuelle. Dans le meilleur des cas, ces antécédents constituent un inventaire exhaustif des antécédents médicaux sur trois générations et des deux côtés de la famille pour tous les couples désireux d’avoir des enfants80. Il permettra de déterminer les risques encourus en matière de malformations congénitales, de troubles génétiques, de retard de croissance, et de facteurs génétiques liés à l’origine ethnique81.

La période avant la grossesse est le moment le plus indiqué pour compléter les antécédents médicaux et génétiques de la famille, car elle permet aux personnes et aux couples concernés d’établir un plan de vie pour la procréation en conséquence. Si les risques sont anticipés avant la grossesse, il sera plus facile de diriger les personnes concernées vers des conseillers ou des spécialistes en génétique81. Des tests ultérieurs peuvent être entrepris en cas de doute en matière de troubles génétiques81. Des tests de dépistage pourront permettre de voir si une personne est à risque de transmettre sa maladie à son enfant le cas échéant (p. ex., fibrose kystique, maladie de Tay-Sachs, anémie drépanocytaire, phénylcétonurie (PCU), trisomie 21, ou autres)81.

D’autres options de procréation peuvent être étudiées, qui pourraient garantir une grossesse et un accouchement sans risque, comme le recours au don de sperme et d’ovules, la fécondation in vitro (FIV), le diagnostic génétique préimplantatoire, et dans certains cas, les choix contraceptifs pour éviter ou pour retarder le moment de la grossesse81. L’adoption ou le recours à des mères porteuses sont d’autres possibilités pouvant être considérées pour ceux désireux de fonder une famille.

Comme il a été mentionné, il existe certaines personnes qui, de par leur origine ethnique, sont plus susceptibles d’être porteuses de certaines maladies génétiques, pouvant être transmises à leur progéniture82. Des tests pour déterminer les porteurs potentiels sont indiqués dans le tableau 5 et sont préconisés pour les personnes des groupes ethniques identifiés.

Tableau 5 : Origine ethnique et tests préconisés83, 84, 85, 86

Origine ethnique Tests de dépistage préconisés
Descendance juive d’Europe de l’Est (Ashkénazes)
  • Programme de dépistage génétique pour les Juifs ashkénazes : syndrome de Bloom, syndrome de Riley-Day, maladie de Canavan, anémie de Fanconi, maladie de Niemann-Pick, mucolipidose de type 4, et maladie de Tay-Sachs.
Descendance africaine
Descendance méditerranéenne
Descendance asiatique du Sud-Est
  • Thalassémies.
  • Anémie drépanocytaire.
Canadiens français de l’est du Québec
  • Maladie de Tay-Sachs.


Relations et violence

Santé Canada rapporte que 21 % des femmes victimes de violence ayant fait l’objet d’un sondage ont indiqué avoir souffert de violence physique, psychologique et sexuelle durant la grossesse88. Parmi ces femmes, 40 % ont déclaré que la violence a commencé avant la grossesse87. Le dépistage de la violence présente et passée doit faire partie intégrante des soins primaires pour toutes les femmes. Les femmes ont plus tendance à dévoiler qu’elles sont victimes de violence si l’on répète le dépistage. Le dépistage durant la période avant la grossesse doit se faire durant les visites régulières en soins de santé, des visites de consultation en planification familiale ou en contraception, et des visites de consultation avant la grossesse. Si la grossesse n’a pas été voulue ou planifiée, les femmes sont plus susceptibles de souffrir de violence que si elle l’avait été. Les soins de santé préalables à la grossesse sont l’occasion d’informer les femmes que la violence s’aggrave souvent durant la grossesse, de les diriger vers les ressources appropriées et de discuter d’un plan pour leur sécurité88. Pour obtenir d’autres informations, voir le fichier Violence.

Régulation des naissances et grossesse non planifiée

La planification familiale permet aux personnes en âge de procréer de déterminer si elles veulent des enfants, quand et à quelle fréquence. Planifier sa grossesse est vital pour la santé de la mère et celle de l’enfant. Les problèmes de santé néfastes à la mère et à l’enfant peuvent être limités par l’espacement des grossesses.

Environ 50 % des grossesses ne sont pas planifiées, et parmi celles-ci, presque la moitié des femmes utilisaient une forme de contraception28. Les taux de grossesses non planifiées sont plus élevés chez les adolescents et moindres chez les 35 à 39 ans28. Les raisons de ne pas planifier les grossesses varient considérablement, que ce soit dû à une impression d’être infertile, une défaillance contraceptive, à des relations sexuelles non planifiées (qui le plus souvent se produisent s’il y a consommation d’alcool ou de drogues) ou des rapports sexuels sans consentement. La contraception est plus efficace lorsque la méthode employée est compatible avec le mode de vie de la personne, son contexte culturel et personnel, ses antécédents médicaux et son stade de maturité28.

Les méthodes contraceptives, si elles sont utilisées comme il se doit, sont efficaces pour prévenir la grossesse. Cependant, en raison du facteur humain, le taux de défaillance caractéristique se situe entre 3 à 9 %88. Il est important de noter que toutes les méthodes contraceptives ne protègent pas des ITS. C’est pourquoi le dépistage régulier des ITS est recommandé, et que le préservatif pourrait s’avérer être la méthode privilégiée pour la limitation des naissances et la protection contre les ITS. Au Canada, 50 % des femmes actives sexuellement utilisent des contraceptifs hormonaux, ou principalement des contraceptifs oraux (43,8 %), suivi par le Depo-Provera (2,4 %), le timbre contraceptif (1,2 %) et l’anneau vaginal (0,6 %)89.

Le dispositif intra-utérin (DIU) constitue une autre méthode réversible de contraception efficace. Le DIU est recommandé à l’heure actuelle pour les adolescents, les premiers utilisateurs de contraceptif et ceux qui n’ont jamais connu de grossesse ou d’accouchement90.

La contraception d’urgence est une façon sûre et efficace pour la prévention des grossesses après des rapports sexuels non protégés. Le Plan BMD (pilule du lendemain) est disponible en Ontario en vente libre (sans ordonnance). Elle est efficace si elle est utilisée dans les trois jours suivant un rapport sexuel non protégé pour les femmes de moins de 75 kg91. Un DIU en cuivre peut aussi être utilisé comme contraceptif d’urgence dans les cinq jours après un rapport non protégé. Le Plan BMD est efficace, s’il est utilisé correctement, cependant, il faut encourager les femmes qui l’utilisent de façon répétée à trouver une méthode de prévention des grossesses à utiliser régulièrement.

Il est recommandé que les femmes qui veulent concevoir après avoir été sous contraceptif hormonal ou avoir utilisé un DIU, d’attendre au moins d’avoir un cycle menstruel normal au préalable92. Bien qu’il n’y ait pas de données probantes sur les effets non désirés, il est recommandé aux femmes qui tombent enceintes alors qu’elles sont sous contraceptif hormonal d’arrêter leur prise immédiatement93.

Conception d’un enfant

La grossesse se produit vraisemblablement lorsque les rapports sexuels ont lieu en période d’ovulation, c’est-à-dire 14 jours avant le prochain cycle menstruel. La femme peut noter un changement dans ses sécrétions vaginales à cette période : celles-ci sont transparentes, gluantes et épaisses. Lorsqu’un ovule est libéré, il a une durée de vie de 12 à 24 heures, et les spermatozoïdes, quant à eux, ont une durée de vie jusqu’à cinq jours dans l’appareil reproducteur de la femme.

Infertilité

Environ un couple sur six au Canada est touché par l’infertilité93. Le nombre a doublé depuis 198094. Ce qui définit l’infertilité est l’impossibilité de concevoir après une période de relations sexuelles sans méthode contraceptive. Cette période est d’un an pour les femmes de moins de 35 ans et de six mois pour celles de plus de 35 ans95. Des études démographiques indiquent que pour les femmes, les taux de fertilité baissent considérablement à l’âge de 35 ans95. En outre, la qualité du sperme commence également à décliner à l’âge de 35 ans, ce qui peut contribuer à l’infertilité13.

Les femmes qui planifient une grossesse doivent discuter avec leur prestataire de soins de santé primaires si elles vivent l’une des situations suivantes :

  • Douleur pendant les règles et les rapports sexuels, ce qui peut être un signe d’endométriose.
  • Pas de règle ou règles irrégulières.
  • Chirurgie de nature gynécologique.
  • Une ou plusieurs fausses couches.
  • Antécédents d’infections transmissibles sexuellement.
  • Traitement du cancer96.

Les hommes qui planifient une grossesse doivent discuter avec leur prestataire de soins de santé primaires s’ils vivent l’une des situations suivantes :

  • Chirurgie ou blessure aux testicules.
  • Antécédents d’infections transmissibles sexuellement.
  • Traitement du cancer.
  • Éjaculation précoce22.
Traitement de fertilité

Les traitements de fertilité comprennent :

  • Médicaments contre la stérilité.
  • Chirurgie des organes génitaux.
  • Procréation assistée, notamment :
    • Insémination intra-utérine (IIU) : Méthode supposant l’introduction de spermatozoïdes directement dans la cavité utérine de la femme à l’aide d’un tube fin. Le sperme peut provenir d’un partenaire ou d’un donneur (si l’homme est stérile ou si la femme n’a pas de partenaire ou est en couple de même sexe).
    • Fécondation in vitro (FIV) : Procédure qui consiste à retirer des ovules des ovaires de la femme. Ces ovules sont fécondés avec des spermatozoïdes selon une procédure de laboratoire; l’ovule fécondé (embryon) est redéposé dans l’utérus.
    • Transplantation embryonnaire : Procédure qui consiste à insérer un ou plusieurs embryons dans l’utérus de la femme après une fécondation in vitro (FIV)96.

Pour certaines personnes qui planifient une grossesse, la seule possibilité de tomber enceinte peut être d’utiliser du sperme, des ovules ou des embryons qui proviennent d’une autre personne.

Il existe plusieurs raisons d’avoir recours au don de sperme, d’ovule et d’embryon, dont les suivantes :

  • Problème d’infertilité.
  • Être célibataire ou en couple du même sexe.
  • Maladie génétique héréditaire pouvant être préjudiciable en cas de transmission au fœtus.

L’adoption et le recours à une mère porteuse sont d’autres possibilités à explorer pour ceux qui veulent fonder leur propre famille.

En octobre 2015, le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario a annoncé que le gouvernement provincial financerait une fécondation in vitro à raison d’un cycle unique par personne admissible indépendamment de la raison de l’infertilité, du statut familial, de l’orientation sexuelle, de l’identité sexuelle et du sexe94. Un cycle de FIV comprend un seul prélèvement d’ovule pouvant en produire plusieurs autres susceptibles de produire à leur tour de multiples embryons94. Les femmes jusqu’à l’âge de 42 ans (c.-à-d. 42 ans plus 364 jours) sont admissibles au financement de leur FIV, après avoir discuté avec leur prestataire de soins de santé pour déterminer si cette intervention serait indiquée dans leur cas94. Ces personnes doivent par ailleurs avoir une carte de santé valide et être admissibles au Régime d’assurance-maladie de l’Ontario94.

Conception entre deux grossesses

Espacement des grossesses

L’espacement idéal entre les grossesses est un aspect important de soin entre deux grossesses, car il permet de meilleures issues de grossesse et de meilleurs résultats à la naissance pour les femmes, les nouveau-nés et leurs familles96. Il est recommandé d’attendre au moins de 18 à 24 mois, mais moins de cinq ans, après une naissance vivante avant de tenter une nouvelle grossesse97.

Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que les intervalles d’environ 18 mois ou moins entre chaque grossesse sont associés aux facteurs suivants :

  • Mortalité néonatale ou périnatale.
  • Insuffisance pondérale à la naissance.
  • Petite taille par rapport à l’âge gestationnel.
  • Naissance prématurée98.

Il est important de noter que le rapport de l’OMS a été publié en 2006 et se limitait aux grossesses et à l’issue des accouchements dans divers pays en développement.

Une grossesse survenant cinq ans ou plus après avoir donné naissance est associée à un plus grand risque de :

  • Hypertension et prééclampsie.
  • Insuffisance pondérale à la naissance.
  • Petite taille par rapport à l’âge gestationnel.
  • Naissance prématurée98, 99.

Le Centre for Effective Practice (CEP) recommande que les femmes ayant eu un accouchement par césarienne dans le passé attendent 18 mois avant de retomber enceintes24. Les travaux de recherche indiquent également qu’il existe un plus grand risque de rupture utérine chez les femmes qui tentent un accouchement vaginal après césarienne (AVAC) moins de 18 mois après la grossesse précédente100.

L’OMS (2006) recommande aussi un intervalle minimum entre les grossesses d’au moins six mois après une fausse couche ou un avortement provoqué afin de réduire les risques de problèmes maternels et périnataux98.

Les prestataires de soins de santé devraient saisir l’occasion durant la période entre deux grossesses de poursuivre l’éducation en matière de santé pour les femmes qui ont connu une grossesse antérieure ayant donné lieu à des problèmes (p. ex., mortalité infantile, perte du fœtus, malformation congénitale, insuffisance pondérale à la naissance ou naissance prématurée). Les soins, incluant l’éducation et l’intervention visant à contrecarrer tout facteur de risque ayant contribué à des résultats insatisfaisants dans le passé, sont essentiels.

Les travaux de recherche ont également démontré qu’un pourcentage élevé de femmes ayant un IMC au-dessus de 25 à la naissance de leur premier enfant entameront leur grossesse ultérieure avec un IMC encore plus élevé49. Les soins entre deux grossesses qui touchent à l’alimentation et l’activité physique à des fins d’équilibre de l’IMC sont importants.

Une évaluation de la santé entre deux grossesses aidera à déterminer les changements préalablement à une grossesse ultérieure en matière de problèmes de santé chroniques, de médication, de facteurs psychosociaux et de facteurs de risque réversibles, comme la tabagie et la toxicomanie.

Aiguillage

Savoir quand avoir recours à une ressource externe

L’aiguillage vers les ressources appropriées de la collectivité est à considérer pour les femmes et les hommes qui sont dans l’une des situations suivantes :

  • Victimes de violence.
  • À mobilité réduite.
  • Nouveaux arrivants au Canada.
  • Consommateurs d’alcool ou de drogues à usage récréatif ou drogues dures.
  • Fumeurs
  • Problèmes de fertilité.
  • Marginalisés.
  • Devant faire l’objet d’analyses génétiques ou de conseils en génétique.
  • Mauvaise alimentation ou mode de vie sédentaire ou IMC non équilibré.
  • Lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres ou queer (LGBTQ)

Savoir où rediriger

Les professionnels sont encouragés à orienter les femmes vers des services spécialisés qui seront en mesure de leur offrir l’aide requise. Voir la liste de suggestions qui suit. D’autres ressources sont disponibles dans la section Ressources et liens du présent fichier, et dans la section Ressources et liens des autres sujets propres à cet outil.

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Ressources et liens

Il est à noter qu’il ne s’agit pas d’une liste exhaustive de ressources disponibles, et que celles-ci ne sauraient se substituer à la recherche de conseils professionnels. Les ressources citées dans cette documentation ne sont pas nécessairement approuvées par le Centre de ressources Meilleur départ ou le gouvernement de l’Ontario. En cas de doute, les professionnels doivent contacter l’organisme responsable de la publication d’une recommandation particulière/de lignes directrices.

Directives professionnelles

Associations professionnelles

Rapports et publications

Sites Web

Assistance téléphonique

Outils en matière d’éducation prénatale

Ressources et documentation des clients

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Santé avant la grossesse

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Soins prénataux réguliers

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Changements physiques

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Alimentation saine et prise de poids

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Vie active

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Alcool

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Tabagisme

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Médicaments et drogues

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Violence

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Santé mentale

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Travail prématuré

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Soutien à l’accouchement

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Interventions à l’accouchement

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Médicaments antidouleur

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Accouchement par césarienne

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Soins du nouveau-né

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Sécurité du nouveau-né

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Allaitement

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Transition vers la parentalite

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