Rétablissement après l’accouchement

Messages clés

Obtenir et imprimer le message clé PDF
Voici les principaux messages de santé qui devraient être transmis à tous les nouveaux et futurs parents. Ils ont été rédigés à la deuxième personne, à un niveau de lecture pouvant s’adresser au public en général. Ils peuvent ainsi être directement partagés. Ces messages sont fondés sur un consensus basé sur la recherche scientifique et la pratique professionnelle. Cliquer sur un mot ou un groupe de mots soulignés dans le texte permet d’être redirigé vers la section Preuve à l’appui qui traite du sujet en question.
key message

Après avoir accouché, le corps passe par une série de changements prévisibles.

Il va lui falloir du temps pour que votre corps retourne à son état normal. Il est important d’être patiente et d’avoir des attentes réalistes quant à votre apparence et la façon dont votre corps réagira après la naissance.

Que vous ayez eu un accouchement vaginal ou une césarienne, vous devez vous attendre à ce que changements suivants se produisent :

  • L’utérus se contracte et retrouve pratiquement la forme et la taille qu’il avait avant la grossesse.
  • Le revêtement de la paroi utérine est évacué sous forme de saignements, appelés lochies. Ces lochies s’éclaircissent et disparaissent éventuellement au cours des six semaines suivant l’accouchement.
  • La production de lait maternel augmentera progressivement au fur et à mesure que le colostrum fera place au lait mature.
  • Dans le cas d’un accouchement vaginal, le plancher pelvien (la zone entre le vagin et l’anus) devient petit à petit moins enflé et moins douloureux. S’il y a des points de suture, la plaie guérit et les points disparaissent.
  • Pour une césarienne, l’incision se cicatrise et les points de suture internes tombent. Si la peau a été refermée à l’aide d’agrafes, celles-ci sont retirées par votre prestataire de soins de santé. Si elle a été refermée à l’aide de points de suture, ceux-ci tombent.
  • Le niveau hormonal se stabilise.

key message

Prévoyez consulter votre prestataire de soins de santé dans les six semaines suivant la naissance pour assurer un bon rétablissement.

Si vous avez des problèmes concernant votre santé avant votre visite, vous pouvez contacter votre prestataire de soins de santé plus tôt ou parler à une infirmière en santé publique. Si vous n’avez pas encore discuté de la reprise de vos relations sexuelles ni de vos options en matière de contraception, vous pouvez en parler lors de votre visite.

Si vous avez une sage-femme, celle-ci vous rendra visite, vous et votre bébé, plusieurs fois durant la première semaine, puis de façon régulière au cours des six semaines après la naissance.

key message

Vous pourriez ressentir de l’inconfort pendant que votre corps se remet de l’accouchement.

Durant la période postpartum, vous pouvez ressentir un certain inconfort ou avoir certaines préoccupations, notamment :

  • Sensibilité des seins lors de la montée de lait.
  • Crampes abdominales alors que l’utérus retrouve sa forme et sa taille normale.
  • Lochies (sécrétions vaginales pouvant durer jusqu’à six semaines).
  • Périnée gonflé, endolori ou sensible, particulièrement à la suite d’une déchirure ou d’une épisiotomie (coupure ou incision entre le vagin et l’anus à l’accouchement).
  • Douleur dans la zone d’incision après une césarienne.
  • Difficulté à uriner ou à aller à la selle.
  • Sentiment de fatigue ou difficulté à se reposer.
  • Sautes d’humeur associées à la fatigue et aux variations hormonales. Les troubles de l’humeur postpartum (blues du post-partum) touchent quatre femmes sur cinq.

Contactez votre prestataire de soins de santé dans les situations suivantes :

  • Vous perdez des caillots de sang plus gros que la taille d’une prune, vous devez changer de serviette hygiénique toutes les heures, ou vous pensez saigner de façon anormale.
  • L’incision de la césarienne ou les points de suture du périnée commencent à s’ouvrir.
  • Des pertes jaunâtres ou verdâtres s’écoulent de vos points de suture ou du vagin.
  • Vous avez des pertes vaginales malodorantes.
  • Vous pensez que les tissus ne guérissent pas correctement.
  • Vous avez une fièvre dépassant 38 °C ou 100,4 °F.
  • Vous avez des symptômes de grippe.
  • Vous avez des douleurs que les médicaments prescrits ne peuvent soulager.
  • Vous avez de graves maux de tête qui ne passent pas après la prise d’un médicament antidouleur.
  • Vous voyez des points ou des étoiles, avez la tête qui tourne ou ressentez de vives douleurs à la partie supérieure de l’abdomen.
  • Une jambe, ou les deux, deviennent très douloureuses ou gonflées.
  • Vous n’arrivez pas à uriner ou ressentez de la douleur ou une sensation de brûlure quand vous urinez.
  • Vous n’arrivez pas à aller à la selle.
  • Vous avez un sein rouge, chaud ou gonflé ou un point douloureux, dur, rouge ou sensible sur un sein.
  • Vous souffrez de troubles postpartum de l’humeur depuis au moins deux semaines.

Si vous n’arrivez pas à parler avec votre prestataire de soins de santé, appelez Télésanté Ontario, au 1 866 797-0000, pour parler à une infirmière ou à un infirmier. Ce service est offert en anglais et en français, avec soutien d’interprètes pour les autres langues. Il est disponible en tout temps.

Composez le 911 en cas de troubles respiratoires, d’essoufflement, de douleur thoracique ou d’un rythme cardiaque accéléré ou irrégulier.

key message

En savoir davantage sur le rétablissement après l’accouchement.

Vous pouvez trouver d’autres informations sur le rétablissement après l’accouchement auprès des ressources suivantes. Vous en trouverez d’autres à la section  Ressources et liens. Pour de l’information sur les problèmes de santé mentale en période postnatale, voir le fichier Santé mentale.

Retour en Haut

Preuve à l'appui


La section Preuve à l’appui est rédigée à la troisième personne à l’intention des prestataires en éducation prénatale. Elle n’est pas conçue pour être partagée directement avec les nouvelles familles et celles en devenir, mais bien pour fournir de l’information de base et des données factuelles pour les messages clés.

À propos du rétablissement après l’accouchement

Qu’entend-on par rétablissement après l’accouchement?

Les six premières semaines suivant un accouchement vaginal ou par césarienne sont appelées période postpartum ou période postnatale. Durant cette période, les changements qui surviennent ramènent le corps à son état avant la grossesse : l’utérus continue à se contracter et à rétrécir, la zone placentaire guérit alors que les lochies diminuent, la lactogénèse de stade II fait suite à la lactogénèse de stade I alors que les seins commencent à produire du lait de façon abondante, les tissus incisés du vagin, du périnée et de l’abdomen se cicatrisent alors que les points de suture se résorbent, et le niveau hormonal se stabilise1, 2, 3, 4.

Les nouvelles mères doivent s’attendre à une consultation avec leur prestataire de soins de santé dans les six semaines après l’accouchement pour assurer un rétablissement normal. Les femmes soignées par une sage-femme ou un médecin de famille consulteront leurs soignants plus tôt pour faire le suivi mère-enfant. Si la mère découvre des manifestations physiologiques anormales, comme des saignements importants, de la fièvre, des jambes gonflées, des maux de tête ou des symptômes d’ordre urinaire, elle doit obtenir des soins médicaux sans tarder4, 5.

Changements corporels

Utérus

Après l’expulsion du placenta, l’utérus retient la taille qu’il avait à 20 semaines de grossesse. Il se raffermit et rapetisse progressivement, ce qui finalement met un terme aux pertes de sang de la zone placentaire en guérison, et il devient légèrement plus large qu’il ne l’était avant la grossesse1, 2, 3, 4.

Involution utérine normale

Immédiatement après l’accouchement, le fond utérin (fundus) se retrouve au niveau de la région ombilicale. La taille de l’utérus diminue, et l’involution utérine se détermine par palpation du fundus, ce qui permet d’établir sa position par rapport à la région ombilicale. L’utérus devrait se contracter de la largeur d’un doigt chaque jour et au douzième jour, il ne sera plus perceptible à la palpation.

Les situations pouvant nuire au cours normal de l’involution utérine relèvent entre autres de l’incapacité à vider sa vessie ou de la rétention de fragments placentaires. Cette dernière peut occasionner une hémorragie postpartum ou une infection de l’utérus connue sous le nom d’endométrite1, 2, 3, 4.

Contractions ou tranchées utérines

Beaucoup de femmes ressentent un certain inconfort en raison des crampes utérines propres à la période postpartum. Certaines ont des crampes douloureuses pendant une à deux semaines. Les femmes qui ont eu plus d’une grossesse sont plus susceptibles de ressentir des tranchées plus intenses1, 2, 3, 4. On doit rassurer les mères que les tranchées font partie du mécanisme normal du corps pour involuer l’utérus, ce qui réduit ainsi les risques de saignement et d’infection.

Pour favoriser le soulagement, les femmes peuvent pratiquer les techniques de relaxation ou de respiration, prendre des bains chauds et utiliser un coussin chauffant ou une bouillotte. Les analgésiques peuvent aussi aider, et les femmes peuvent s’en procurer sans ordonnance (médicaments en vente libre) pour soulager leurs douleurs, en fonction des conseils de leur prestataire de soins de santé. S’il est nécessaire d’avoir recours à un médicament prescrit sur ordonnance, celui-ci doit idéalement être sans codéine, car cette substance peut causer de la somnolence chez l’enfant6. Étant donné que l’allaitement stimule la sécrétion d’ocytocine, une hormone qui provoque la contraction utérine, les femmes peuvent préférer utiliser un analgésique si elles ont besoin de soulager leurs douleurs avant d’allaiter1, 2, 3, 4.


Lochies

On entend par lochies les pertes vaginales teintées de sang suivant l’accouchement. Ces sécrétions contiennent du sang, du mucus et des tissus provenant de la paroi utérine. Durant les phases de contractions de l’utérus, la zone placentaire se referme et guérit en quatre ou six semaines. Les pertes normales de la paroi utérine sont une partie intégrante du processus de guérision1, 2, 3, 4.

Les lochies sont tout à fait normales après un accouchement vaginal ou par césarienne. Certaines femmes peuvent observer moins de lochies après une césarienne. Les sécrétions commencent généralement sous forme d’écoulement rouge vif, comme des règles, et peuvent contenir quelques caillots pas plus gros qu’un raisin ou une pièce de 10 cents1, 2, 3, 4.

Après quelques jours, la couleur passe au rouge-rose ou rouge-marron et les lochies peuvent diminuer1, 2, 3, 4. À environ dix jours, l’écoulement peut devenir rose pâle et la couleur tourne au blanc-jaune. La quantité diminue peu à peu durant les semaines qui suivent, mais les lochies peuvent quand même durer jusqu’à six semaines1, 2, 3, 4.

Les sécrétions vaginales peuvent redevenir rouges pendant une courte période pendant ou après l’allaitement, selon les contractions utérines que celui-ci peut causer. Certaines femmes voient leurs pertes redevenir rouge vif après avoir repris une activité physique1, 2, 3, 4.

Gestion des lochies

Les femmes doivent utiliser des méthodes hygiéniques périnéales efficaces tant qu’elles ont des lochies et elles doivent gérer l’écoulement avec des serviettes hygiéniques, et non des tampons ou des coupelles. Durant cette période, la région périnéale doit être nettoyée avec de l’eau chaude à l’aide d’une bouteille souple après chaque miction et doit être séchée de l’avant vers l’arrière. La serviette hygiénique doit être remplacée à chaque miction ou selle1, 2, 3, 4.

Saignements abondants

Il faut que la mère contacte son prestataire de soins de santé si les lochies se font abondantes, qu’il faut changer de serviette hygiénique toutes les heures, ou que les caillots de sang sont de la taille d’une prune ou plus gros. Ces symptômes sont typiques d’une hémorragie postpartum, et s’ils ne sont pas traités, ils peuvent s’avérer mortels, 2, 3, 4.


Changements au niveau des seins

Les seins subissent plusieurs changements en période postpartum, que la femme choisisse d’allaiter ou non7, 8.

Lactogénèse

La lactogénèse de stade I est la production initiale de colostrum; la lactogénèse de stade II apparaît deux à quatre jours après l’accouchement et produit en abondance du lait maternel. La lactogénèse de stade II correspond à ce que l’on nomme souvent la « montée de lait », et représente une période d’inconfort pour nombre de femmes qui observent des seins plus ronds et gonflés. Le gonflement des seins peut durer plusieurs jours et diminue à mesure que la production de lait se fait plus régulière en s’ajustant aux besoins de l’enfant. Étant donné que le bébé peut connaître une poussée de croissance toutes les trois semaines environ, les mères peuvent s’attendre dans ces moments-là à un gonflement des seins en raison de l’augmentation de la production de lait1, 2, 3, 4, 7, 8.

Gonflement et engorgement des seins

Un gonflement mammaire normal qui s’atténue lors de la tétée n’est pas la même chose qu’un engorgement. L’engorgement est une pathologie, qui provoque une sensation de chaleur, d’endurcissement et de tension des seins particulièrement douloureuse1, 2, 3, 4.

Les stratégies qui suivent peuvent aider à soulager le gonflement et à prévenir l’engorgement des seins durant les premiers jours1, 2, 3, 4 :

  • Aider les mères à connaître les signes de faim et à intervenir peu après la naissance.
  • Encourager à allaiter fréquemment, au moins huit fois toutes les 24 heures pour régulariser la production de lait.
  • Éviter de donner des suppléments alimentaires, sauf pour des besoins médicaux.
  • S’assurer que le bébé tète bien.
  • Encourager le peau à peau.

 

Si les seins deviennent si pleins ou engorgés que le bébé a du mal à prendre le mamelon :

  • Avant d’allaiter, masser ou compresser manuellement le sein pour stimuler la production de lait. Extraire le lait manuellement pour assouplir la zone aréolaire et faciliter la prise du mamelon pour le bébé, particulièrement si les seins sont pleins. Appliquer des compresses chaudes sur les seins avant de les masser pour soulager la tension et améliorer la production de lait.
  • Veiller à ce que l’enfant ait une bonne prise du sein et qu’il tète bien. La mère devrait l’entendre déglutir fréquemment lors de la tétée.
  • Encourager les femmes à changer de sein à chaque tétée. Si le bébé ne se nourrit que d’un sein, la mère peut manuellement extraire le lait de l’autre pendant quelques minutes pour soulager la pression.
  • Encourager les mères à porter un soutien-gorge d’allaitement bien ajusté et pas trop serré.
  • Appliquer de la glace ou des compresses froides après la tétée pour aider à réduire le gonflement ou la douleur le cas échéant.
  • Offrir du soutien aux mères et leur conseiller de chercher de l’aide s’il n’y a pas d’amélioration en matière d’engorgement mammaire ou d’allaitement. Le principal est de nourrir le bébé. Les mères peuvent extraire le lait et nourrir leur bébé avec un verre, une petite cuillère ou une bouteille au besoin.
  • Si la mère manifeste des symptômes de mastite, qui s’expriment notamment par une douleur mammaire généralisée ou localisée, des rougeurs, de la chaleur, des traces rougeâtres sur les seins, avec de la fièvre et des signes qui s’apparentent à la grippe, elle doit contacter un médecin dans les plus brefs délais.

Les mères peuvent également avoir des douleurs aux mamelons en allaitant, et il est d’autant plus important qu’elles aient accès à des ressources et à du soutien fiables. Cette aide peut venir d’un médecin de famille ou d’une sage-femme, d’une clinique d’allaitement, d’une consultante en lactation, d’un bureau de santé publique, d’un groupe d’entraide à l’allaitement comme la Ligue La Leche5, 7, 8. Voir le fichier Allaitement pour d’autres informations sur l’engorgement.

Mères qui n’allaitent pas

La lactogénèse de stade II se produira, que la mère souhaite allaiter ou non. Il existe quelques interventions simples pour offrir aux femmes qui choisissent de ne pas allaiter un meilleur niveau de confort. Auparavant, les médicaments et les remèdes naturels étaient utilisés pour arrêter la production de lait, mais ils se sont avérés inefficaces. Les médecins et sages-femmes ne prescrivent aucun médicament pour interrompre la lactogénèse2, 7, 8.

Les femmes peuvent trouver du soulagement en suivant ces conseils7, 8 :

  • Porter un soutien-gorge qui soutient bien et qui n’est pas extensible.
  • Appliquer fréquemment de la glace ou des compresses froides sur les seins.
  • Éviter d’appliquer des compresses chaudes pour éviter de stimuler le gonflement et entraîner l’inconfort.
  • Prendre des analgésiques tel que recommandé.
  • Extraire le lait en petite quantité pour soulager la tension liée à l’engorgement. N’extraire que de petites quantités de lait pendant quelques minutes seulement.
  • S’armer de patience : la cessation de la production de lait peut prendre plusieurs jours ou plusieurs semaines.


Périnée

La région périnéale peut être sensible, gonflée ou endolorie par l’accouchement. En cas d’épisiotomie ou de déchirure, le périnée peut avoir fait l’objet de points de suture. Ceux-ci se résorbent généralement après deux à quatre semaines, et les tissus se cicatrisent après six semaines. Il est normal que les femmes trouvent des fragments de fils de suture sur leur serviette hygiénique ou dans leur sous-vêtement durant le processus de dissolution1, 2, 3, 4.

Elles peuvent soulager la douleur et l’enflure périnéale en suivant ces conseils1, 2, 3, 4 :

  • Appliquer de la glace sur la zone périnéale pendant les 24 premières heures. La glace et les compresses doivent être retirées après 10 à 20 minutes et appliquées de nouveau toutes les heures au besoin.
  • Le sachet de glace doit être recouvert d’une serviette ou d’une lingette et ne doit pas être en contact direct avec la peau.
  • Les femmes peuvent aussi utiliser des compresses froides, un sachet de glace ou de légumes congelés, ou encore une large compresse ou une couche de bébé imbibée d’eau, dans leur sous-vêtement.
  • Se reposer autant que possible.
  • Laisser la zone périnéale à l’air libre pendant le repos.
  • Utiliser un oreiller ou un coussin gonflable en anneau en guise de siège. La plupart des pharmacies vendent ce type de coussins.
  • Tremper la zone périnéale dans l’eau chaude plusieurs fois par jour et après la selle. Un bain de siège rempli de quelques centilitres d’eau, placé sur la cuvette des toilettes, est facile à utiliser. Des bains de siège en plastique sont disponibles dans les pharmacies ou les magasins de produits naturels. Si une femme veut utiliser sa baignoire comme bain de siège, elle devra la nettoyer d’abord et s’assurer que quelqu’un soit avec elle pour l’aider à y entrer et en sortir, au début.
  • Prendre des médicaments en vente libre recommandés par son prestataire de soins de santé.

La douleur qui perdure ou les points de suture qui s’ouvrent ou suintent sont des situations exigeant le recours à un prestataire de soins de santé1, 2, 3, 4

Soins hygiéniques du périnée

Il est important de maintenir propre la zone périnéale et anale, en essuyant toujours soigneusement de l’avant vers l’arrière après miction ou selle. Les femmes peuvent se servir d’une bouteille souple remplie d’eau chaude pour nettoyer la vulve et le périnée. Les lingettes ou compresses à hémorroïdes peuvent s’avérer plus délicates que le papier hygiénique. Il est préférable d’utiliser du papier hygiénique doux, non coloré et inodore1, 2, 3, 4.

Un bain de siège peut faciliter l’hygiène après une miction ou une selle4.


Miction et transit intestinal

Retour à une fonction vésicale normale

Lors de la stabilisation hormonale, il est normal d’avoir besoin d’uriner plus souvent; cela se produit lorsque le corps élimine les liquides conservés dans le système pour alimenter le placenta. Cette rétention se manifeste par le gonflement des jambes et des pieds. Lorsque ce gonflement diminue, le besoin d’uriner se fera plus fréquent en vue d’éliminer ces liquides1, 2, 9.

Durant les premiers jours suivant l’accouchement, il peut être difficile d’uriner en raison d’un gonflement du périnée, d’une déchirure à proximité de l’urètre ou du fait d’avoir eu une sonde urinaire1, 2, 9.

Certaines femmes peuvent trouver utile de suivre ces conseils pour favoriser le retour à une fonction vésicale normale1, 2, 9 :

  • Faire couler de l’eau lors tout en essayant d’uriner.
  • Uriner sous la douche.
  • Asperger de l’eau chaude sur la vulve et le périnée.
  • Veiller à une bonne prise en charge de la douleur pour soulager la région périnéale.
  • Appliquer un sac à glace sur le périnée pour en réduire le gonflement.
  • Essayer d’éviter la constipation et les efforts prolongés en allant à la selle.

Une façon de soulager la sensation de brûlure ou de douleur périnéale lors d’une miction consiste à boire beaucoup de liquides afin de diluer l’urine et à asperger de l’eau chaude sur la région au moment d’uriner3.

Si la femme manifeste l’un des symptômes suivants, elle doit consulter son prestataire de soins pour éliminer les risques d’infection urinaire ou de rétention urinaire postpartum1, 2, 9 :

  • Miction en très petite quantité.
  • Besoin plus fréquent d’uriner.
  • Débit de miction lent ou intermittent.
  • Miction douloureuse ou douleur à la vessie.
Incontinence urinaire

Les muscles périnéaux sont étirés durant la grossesse et l’accouchement, et ceux de la région de l’urètre peuvent être affaiblis. Il arrive souvent qu’une femme ait une petite fuite d’urine en éternuant, en toussant ou en riant. Il faudrait encourager les femmes à uriner au moins toutes les trois ou quatre heures1, 3, 4, 9.

Les exercices de Kegel sont de simples exercices qui renforcent et tonifient les muscles périnéaux et qui peuvent aider à résoudre ce problème. Une étude Cochrane de 2010 soutient la rééducation des muscles pelviens comme traitement de première intention contre l’incontinence urinaire. On recommande aussi que le renforcement du plancher pelvien soit assuré par un physiothérapeute en utilisant des techniques, dont l’évaluation interne15. Il peut être difficile pour les femmes de savoir si elles font les exercices Kegel de façon efficace. Une exécution en bonne et due forme de ces exercices peut être confirmée par examen vaginal ou par biorétroaction16.

Retour à une fonction intestinale normale

Beaucoup de femmes ne peuvent aller à la selle que deux ou trois jours après l’accouchement parce que les muscles abdominaux se sont étirés et sont moins efficaces et parce qu’elles ont moins mangé et bu durant le travail. Il est important d’augmenter l’apport liquide et de consommer des produits riches en fibres pour éviter la constipation et l’effort douloureux de la poussée1, 2, 3, 4.

Les selles doivent être formées, molles et faciles à expulser. Le recours à des laxatifs émollients ou mucilagineux en vente libre peut aider à expulser les premières selles. Il faut aviser les femmes sur l’importance d’augmenter leur consommation en liquides lorsqu’elles prennent des laxatifs mucilagineux1, 2, 3, 4.

Celles qui n’arrivent pas à aller à la selle doivent contacter leur prestataire de soins de santé1, 2, 3, 4.

Hémorroïdes

Les hémorroïdes consistent en une dilatation des veines autour ou à l’intérieur du rectum et apparaissent pendant ou après l’accouchement. Elles peuvent être très douloureuses et accompagnées de démangeaisons, et peuvent saigner lors de l’expulsion de selles. Pour réduire l’inconfort occasionné par les hémorroïdes, les femmes peuvent utiliser l’une des méthodes de soulagement périnéal avec l’application, sur la zone anale, d’hamamélis ou de produits en vente libre, comme les lingettes pour hémorroïdes. Des selles molles et faciles à expulser contribuent également à diminuer l’inconfort1, 2, 3, 4.


Incision abdominale

Soins liés à l’incision

Les femmes qui ont eu une césarienne recevront les instructions relatives au retrait des points de suture ou des agrafes. Celui-ci se fait généralement quelques jours après une césarienne, soit à l’hôpital, au bureau du prestataire de soins de santé, ou lors de la visite à domicile de la sage-femme. Certaines femmes ont des points de suture biodégradables qui n’exigent pas d’être retirés. L’incision peut être recouverte de petits morceaux adhésifs qui peuvent s’enlever sous la douche après quelques jours1, 2, 3, 4.

L’incision devrait être laissée à l’air libre et non pansée, à moins d’indication contraire.

Tout signe de rougeur, de gonflement, d’ouverture ou de béance de l’incision ou son suintement doit être signalé au prestataire de soins de santé1, 2, 3, 4. La cicatrisation des tissus se fait au bout de six semaines quel que soit le type de chirurgie1, 2, 3, 4.

Prise en charge de la douleur

Les femmes ayant subi une césarienne quitteront l’hôpital avec en main des instructions sur la façon de soulager leur douleur, et souvent, une ordonnance de médicaments antidouleur. Il est important qu’elles suivent ce traitement selon leur besoin, car la prise en charge de la douleur leur permettra de bouger sans peine et de prendre soin d’elles ainsi que de leur enfant. Il peut être normal pour certaines femmes de sentir un engourdissement autour de l’incision, pouvant durer des jours ou des mois1, 2, 4.


Fatigue

Se remettre de l’accouchement

Le rétablissement après un accouchement vaginal ou par césarienne peut durer environ six semaines. Les femmes doivent se donner le droit au repos et prendre un peu de temps pour se détendre. Elles peuvent augmenter leur niveau d’activité petit à petit; mais dans les premiers jours et semaines, leur temps sera principalement consacré à s’occuper d’elles et de leur bébé1, 2, 4.

Les femmes devraient planifier une consultation avec leur prestataire de soins de santé, six semaines après l’accouchement pour veiller au bon déroulement de leur rétablissement physique, et pour s’assurer que leur santé mentale n’est pas à risque, notamment en ce qui concerne la dépression postpartum ou l’anxiété. Si elles s’inquiètent de leur santé, il faut qu’elles contactent le prestataire de soins de santé plus tôt1, 2, 4.

Repos

Les femmes se sentent souvent très fatiguées avec les exigences de la maternité et le besoin que leur corps guérisse. Il est important d’encourager les nouvelles mères et les familles à se reposer autant que possible et à dormir quand leur bébé dort. Étant donné que le bébé tète au moins toutes les deux à trois heures, il n’y a pas moyen pour elles de dormir de façon prolongée et ininterrompue. Des moments de repos fréquents pendant la journée peuvent aider à diminuer la fatigue que ressentent les parents qui ne dorment que partiellement et qui doivent subvenir aux besoins du bébé durant la nuit.

Quelques stratégies pouvant favoriser le repos comprennent2, 3, 4, 7 :

  • Demander de l’aide aux amis et à la famille pour la préparation des repas, les tâches ménagères et la garde d’enfant.
  • Acheter des plats préparés et faire appel à un service d’entretien ménager.
  • Placer un panneau sur la porte d’entrée signalant qu’une mère et son enfant dorment.
  • Dissuader les visites prolongées des amis et de la famille.
  • Limiter les visites à certains moments de la journée.
  • Inviter les visiteurs à apporter un repas pour les besoins de la famille plus tard.
  • Limiter le nombre d’activités extérieures à une seule par jour. Dans les premières semaines, il peut s’agir d’une visite chez le médecin ou à la clinique.
  • Avoir un endroit adapté pour changer le bébé à chaque étage de la maison, le cas échéant.

Après une césarienne, les femmes ne doivent rien soulever qui ne soit plus lourd que le bébé pendant les six premières semaines afin de favoriser la guérison de l’incision abdominale2, 3.

Activités

La culture populaire et les médias ont tendance à acclamer et à louanger les célébrités ayant réussi à retrouver leur silhouette d’avant l’accouchement en un rien de temps. Il s’agit là d’objectifs irréalistes pour la majorité des femmes10.

Il est recommandé aux femmes d’être moins actives et de se reposer davantage, surtout durant les premiers jours et les premières semaines suivant l’accouchement afin de favoriser le rétablissement. Cependant, elles peuvent s’engager, pendant de courtes périodes, dans la pratique de quelques mouvements pour favoriser un retour progressif et en douceur à une activité plus soutenue1, 2, 11.

Elles peuvent notamment se consacrer aux activités suivantes1, 2, 11 :

  • Faire une petite promenade autour du pâté de maisons ou d’un centre commercial avec le bébé dans sa poussette.
  • Faire des exercices de Kegel ou des exercices de renforcement des muscles périnéaux.
  • Entreprendre des exercices abdominaux sans risques, comme le basculement pelvien.

Les femmes doivent suivre les instructions de leur prestataire de soins de santé concernant l’augmentation progressive de leur niveau d’activité. Il est important que le retour à un niveau d’activité d’avant la grossesse se fasse de façon graduelle, étant donné que pendant les trois premiers mois après l’accouchement, les ligaments et les articulations sont encore fragiles en raison des effets de la relaxine. Il faudrait que les femmes évitent les activités comme soulever des charges lourdes et pratiquer des sports intensifs qui mettent les ligaments et les articulations à rude épreuve2, 3, 11.

Si une femme était habituée à un niveau d’exercice intensif avant sa grossesse et qu’elle a poursuivi l’activité physique durant la grossesse, son corps pourrait récupérer plus rapidement. Elle devrait quand même veiller à ne pas trop précipiter son retour initial à l’exercice afin de diminuer le risque de blessures corporelles11.

Les femmes peuvent vouloir se renseigner sur les programmes d’exercices postpartum pouvant être effectués avec le bébé. C’est une excellente façon de sortir de la maison, de se remettre en forme et de rencontrer d’autres mères2, 4.


Alimentation

Perte pondérale après l’accouchement

Après avoir donné naissance, les femmes perdent généralement de 4,5 à 7 kg (10 à 15 lb), ce qui correspond à une combinaison du poids du bébé avec celui du placenta et de la perte de sang et de liquide. Certaines peuvent faire une rétention de liquides et constatent que leurs jambes et leurs pieds sont encore considérablement gonflés. L’excédent de liquide est retenu dans les tissus et sera réabsorbé puis évacué par l’urine, dont l’urgence se fera plus fréquente au cours des trois semaines qui suivront1, 2, 3, 4.

Suite à la visite de consultation à six semaines avec son prestataire de soins de santé, la femme devra commencer à surveiller les calories qu’elle absorbe et essayer de mincir. Tout comme la prise de poids se fait de façon régulière durant la grossesse, sa perte se fera probablement de la même façon et pourra s’étendre sur une période d’un an. La perte de poids se fait à un rythme propre au métabolisme de la femme, à son niveau d’activité, à ses caractéristiques corporelles et à ses choix alimentaires. L’allaitement exige 500 calories par jour; les mères qui allaitent devraient donc perdre du poids plus rapidement que les autres1, 2, 3, 4, 7. La perte de poids recommandée ne devrait pas dépasser 0,45 kg par semaine.

Les femmes obèses ou en surpoids, ou celles en insuffisance pondérale, devraient consulter leur prestataire de soins de santé concernant leurs besoins personnels en matière de perte de poids ou de stratégies pondérales1, 2, 3, 4.

Alimentation saine

Tout comme pour la grossesse, il est conseillé aux femmes de consommer une variété d’aliments bons pour la santé, particulièrement des céréales de grains entiers, des fruits et légumes, des protéines maigres, des sources adéquates de calcium et des bons gras. Elles devraient faire leur compte de calories et essayer de limiter ou d’éviter de consommer des aliments caloriques sans valeur nutritive, des aliments transformés et des aliments riches en sodium2, 3, 4.

Avec les exigences relevant de la prise en charge du bébé, le temps peut faire défaut pour ce qui est de la préparation de repas. De nombreux plats surgelés ou préparés peuvent être riches en gras et en sodium. Il existe cependant des magasins d’alimentation où l’on peut trouver des versions santé de ces plats. Les fruits frais et les légumes peuvent se trouver déjà coupés et prêts à consommer. Les fruits et légumes congelés sont une option moins coûteuse, qui s’avère également nutritive. Les nouveaux parents peuvent suggérer à leurs amis et à leur famille de leur amener régulièrement des repas maison et des aliments préparés2, 3, 4.

La plupart des nouvelles mères trouveront plus pratiques les petits encas et les repas rapides, alors que les premières semaines sont entièrement consacrées à elles et au bébé. Il faut qu’elles boivent beaucoup d’eau7. Pour d’autres informations sur la façon de s’alimenter en période d’allaitement, consulter le fichier Allaitement.

Il faudrait encourager les femmes à poursuivre la prise de multivitamines après l’accouchement, en vue de combler les besoins en fer et en acide folique si elles allaitent12. Les prestataires de soins de santé devraient les encourager aussi à consommer davantage d’aliments riches en fer, comme la viande ou les légumineuses, ou bien de prendre des suppléments de fer7, 8.


Vie sexuelle après l’accouchement

Fertilité

Il est conseillé aux femmes d’attendre avant d’avoir des relations sexuelles ou un coït, jusqu’à ce que les tissus aient suffisamment cicatrisé et que les lochies aient cessé. Cela ce produit généralement après quatre à six semaines suivant l’accouchement2, 3, 4. Les femmes peuvent discuter des options en matière de contraception avec leur prestataire de soins de santé, avant de reprendre une activité sexuelle.

Pour certaines, le retour des règles peut prendre un à quatre mois ou plus. L’allaitement peut retarder les règles pendant plusieurs mois. Il faut que les femmes sachent qu’elles peuvent toujours ovuler et tomber enceintes avant que leurs règles ne reviennent si elles ont des relations sexuelles. Certaines choisiront de ne pas utiliser de contraceptifs et tenter une autre grossesse, alors que d’autres attendront pour des raisons personnelles ou de santé. Il est recommandé d’espacer les grossesses d’au moins 18 mois afin de réduire les possibilités de complications périnatales, comme le travail avant terme et l’insuffisance pondérale du nouveau-né13. Les femmes ayant connu des problèmes de fertilité ou ayant dû faire appel à des techniques de procréation assistée pour tomber enceintes pourraient avoir plus de facilité à concevoir de façon naturelle après une grossesse1, 2, 3, 4.

Il est important de discuter de questions relatives à des méthodes de contrôle de naissance avec toutes les femmes en phase postpartum1, 2, 3, 4.

Contraception

Si les femmes ont des rapports sexuels sans vouloir pour autant retomber enceintes immédiatement, il faut qu’elles utilisent des contraceptifs même si elles allaitent.

Il existe plusieurs méthodes de contraception, et pour les femmes qui allaitent, les méthodes qui suivent sont les plus recommandées1, 2, 3, 4 :

  • Méthode mécanique, comme le préservatif.
  • Si la femme a utilisé le diaphragme auparavant, il faut qu’elle le fasse réajuster lors de la visite de consultation à six semaines après l’accouchement, sa taille ayant pu changer.
  • Les dispositifs intra-utérins, notamment le système intra-utérin libérant du lévonorgestrel.
  • Pilule progestative. Le contraceptif oral combiné n’est pas recommandé, car il peut nuire au processus de lactation.
  • Progestatifs injectables.
  • Ligature des trompes pour les femmes, ou vasectomie pour les hommes.
  • Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA). Cette méthode est efficace à 98 % à la seule condition que l’aménorrhée soit complète, que la femme allaite entièrement ou presque, avec des espacements entre les tétées de moins de six heures la nuit et de moins de quatre heures le jour, et que l’enfant soit âgé de moins de six mois14.

Les méthodes contraceptives préconisées pour les femmes qui n’allaitent pas comprennent, outre celles qui s’adressent aux femmes qui allaitent, l’utilisation d’un contraceptif oral combiné œstrogène-progestérone, ou un contraceptif hormonal comme l’anneau vaginal1.

Image du corps et sexualité

Les changements et les attributions du corps durant la grossesse et après l’accouchement peuvent affecter ou altérer l’image que se fait la femme d’elle-même en tant que femme sexuée1, 2, 3, 4.

Beaucoup de femmes sont surprises de la façon dont leur corps se présente après l’accouchement. D’abord, le ventre est peut-être distendu et ramolli, les seins sont gonflés et perdent du lait, l’incision abdominale ou périnéale est sensible, et en cas d’allaitement, le manque d’œstrogènes contribue à la sécheresse et à la sensibilité vaginale. Il est important de rassurer les femmes et de leur rappeler qu’il faut du temps pour retrouver le poids et l’apparence d’avant la grossesse, qu’elles ne doivent pas porter de jugement sur elle-même, à part le fait d’avoir donné naissance à un bébé. Certaines auront hérité d’un léger élargissement du bassin, d’une taille plus grande et d’un ventre plus mou : effets normaux et irréversibles postérieurs à l’accouchement1, 2, 3, 4.

L’idéal du monde occidental qui consiste à penser que les femmes peuvent redevenir minces et sveltes à seulement quelques semaines de la naissance de leur bébé est illusoire et impensable pour la majorité des femmes. Il convient de rappeler encore une fois que les femmes doivent avoir des attentes réalistes quant aux changements de fonction de structure et d’influences hormonales que leur corps expérience.

Activité sexuelle

Les nouvelles mères peuvent être indécises ou pas intéressées à reprendre une activité sexuelle avec leur partenaire pour nombre de raisons1, 2, 3, 4.

  • Elles peuvent se sentir éreintées en raison des interruptions de sommeil et des exigences incessantes d’un nouveau-né.
  • Elles peuvent être tristes ou plus irritables, particulièrement dans les premières semaines à cause du niveau hormonal qui fluctue. Ce sentiment peut aussi être exacerbé par la fatigue.
  • Elles peuvent s’inquiéter de la douleur que pourrait provoquer une pénétration vaginale.
  • Elles peuvent s’inquiéter d’un élargissement possible du vagin, qui aurait perdu sa fermeté.
  • Celles qui ont des rapports sexuels peuvent avoir peur de tomber enceintes de nouveau.
  • Elles peuvent avoir peur de n’être plus désirables aux yeux de leur partenaire.
  • Elles peuvent avoir peur que le bébé pleure et interrompe une activité sexuelle.
  • Elles peuvent avoir peur qu’un écoulement de lait se produise durant l’activité sexuelle.

Il est important qu’elles soient encouragées à parler avec leur partenaire concernant leurs préoccupations en matière d’activité et de rapprochements sexuels. Il existe d’autres façons de partager des moments intimes avec son partenaire, notamment les baisers, les étreintes et les gestes de tendresse1, 2, 3, 4.

Lorsque le couple est prêt à reprendre une activité sexuelle avec pénétration vaginale, il peut être utile de1, 2, 3, :

  • Attendre jusqu’à ce que les points de suture soient cicatrisés et qu’il n’y ait plus de lochies.
  • Attendre que la femme se sente prête psychologiquement.
  • Penser à une méthode contraceptive si le couple a des rapports sexuels et ne prévoit pas une nouvelle grossesse.
  • Choisir une position dans laquelle la femme peut contrôler la profondeur de pénétration.
  • Choisir une position qui n’entraîne pas de tension de l’abdomen pour la femme ayant subi une césarienne.
  • Utiliser de grandes quantités de lubrifiant à base d’eau pour le vagin.
  • Privilégier les moments où il y a peu de risques que l’enfant ne se réveille (p. ex., juste après une tétée).
  • Porter un soutien-gorge et des compresses d’allaitement en cas d’éventuelles fuites de lait.
  • Garder son sens de l’humour et ne pas oublier que les choses ne fonctionnent pas toujours bien la première fois!

Si la femme souffre et ressent de l’inconfort de façon systématique durant la pénétration vaginale, il faut qu’elle consulte son prestataire de soins de santé2, 3, 4.

Changements émotionnels

Changements hormonaux

Alors que le niveau hormonal se stabilise, le corps tente d’évacuer les fluides en excès en augmentant la transpiration et la production d’urine. Pour soulager le malaise et l’inconfort créés par la transpiration excessive, les femmes peuvent1, 2, 3, 4 :

  • Boire plus de liquides pour compenser les pertes.
  • S’habiller plus légèrement pour dormir.
  • Placer un ventilateur près du lit.

En période postpartum, les femmes peuvent également noter des changements qui touchent la peau et les cheveux. On perd environ 100 cheveux par jour. Si le rythme de perte de cheveux était au ralenti durant la grossesse, il s’accentue après l’accouchement. Toutefois, cette perte de cheveux se stabilisera au cours des premiers mois suivants l’accouchement1, 2, 3, 4. De même, les femmes qui souffraient d’acné ou de mélasme (une hyperpigmentation de la peau, notamment au niveau du front et des joues) verront une amélioration. Il est courant que les femmes aient la peau sèche et les cheveux secs pendant quelques semaines1, 2, 3.


Santé mentale en période postpartum

Humeurs en période postpartum

Au cours de la période postpartum, les femmes peuvent vivre toute une variété d’émotions contradictoires, de la joie au découragement par exemple, ou peuvent se sentir parfois pleines d’énergie puis épuisées à d’autres moments. Elles peuvent être tristes ou avoir envie de pleurer sans raison apparente. Des changements dans les habitudes de sommeil ou les habitudes alimentaires peuvent se produire. Survenant habituellement dans les premiers jours après l’accouchement, cette déprime passagère, appelée blues du post-partum ou troubles de l’humeur postpartum, disparaît habituellement deux semaines plus tard. Ce syndrome est essentiellement d’origine hormonale1, 2, 3, 4.

Environ quatre femmes sur cinq (ou 80 %) le ressentent dans une certaine mesure. Habituellement, les troubles se dissipent sans aucun traitement1, 2, 4.

Au cours de cette période, il est conseillé d’encourager les nouvelles mamans à solliciter le soutien de leur partenaire, de leur famille et de leurs amis (que ce soit pour les tâches ménagères ou pour prêter une oreille attentive à leurs préoccupations) et de limiter le nombre de visiteurs pour s’accorder du repos1, 2, 4.

Si les blues du post-partum persiste plus de deux semaines, il est possible que la mère souffre de dépression postpartum, auquel cas il convient de consulter son prestataire de soins de santé. La dépression postpartum peut être soignée, et nécessite parfois une intervention médicale1, 2, 3, 4. Si la mère éprouve de l’anxiété, se sent incapable de prendre soin de son bébé ou a pensé à se faire mal, il faut joindre immédiatement son prestataire de soins de santé. S’il n’est pas possible de le joindre, elle devra se rendre au service des urgences. Il est possible qu’elle souffre d’un trouble grave de l’humeur nécessitant une intervention immédiate. Pour d’autres renseignements sur la dépression postpartum, veuillez vous reporter au fichier Santé mentale.


Transition à la parentalité

Pour se préparer à la parentalité, les nouveaux parents peuvent avoir suivi des cours, effectué diverses lectures ou discuté avec d’autres parents. Toutefois, il peut être difficile d’imaginer ce que la vie sera une fois le bébé de retour à la maison. La vie avec un nouveau-né peut être à la fois exaltante et épuisante, et les parents pourront bénéficier d’une aide alors qu’ils apprennent à s’adapter à leur nouveau rôle et à intégrer les responsabilités qui y sont associées1, 3, 4.

Il est important pour les parents de parler régulièrement de leurs sentiments, tant positifs que négatifs. Les centres de la petite enfance de l’Ontario et leur bureau local de santé publique sont d’excellentes ressources offrant des renseignements sur la parentalité, la transition vers le rôle parental et les relations familiales1, 3, 4.

Voir le fichier Transition vers la parentalité pour d’autres renseignements.

Soins médicaux après l’accouchement

Visite médicale de suivi dans les six semaines suivant l’accouchement

Les femmes devraient planifier une visite médicale dans les six semaines suivant la naissance pour s’assurer du bon rétablissement de leur périnée et de leur abdomen, pour vérifier que l’utérus a repris sa taille et que les lochies ont cessé. Cette visite est l’occasion pour les prestataires de soins de santé de poser des questions sur la façon dont les femmes vivent au quotidien avec leur bébé et de vérifier la présence de troubles physiques ou mentaux1, 2, 3, 4.

Les femmes recevant des soins prénataux d’une sage-femme ou d’un médecin de famille voient les prestataires de soins de santé plus tôt au cours de la grossesse, et plus fréquemment. Les patientes de sages-femmes sont suivies au cours des six semaines suivant l’accouchement. Néanmoins, elles devront par la suite consulter un médecin pour les soins de base et le suivi médical du bébé.

Au cours de la visite médicale de la sixième semaine postpartum, les femmes peuvent discuter de leur accouchement et poser des questions liées aux interventions ou problèmes à l’égard d’une future grossesse. Cette visite peut également être l’occasion de discuter de la reprise des rapports sexuels et des possibilités de planification familiale et de régulation des naissances, si ces sujets n’ont pas déjà été abordés lors d’une précédente visite. Si les femmes s’inquiètent de leur santé avant la visite médicale prévue, elles peuvent toujours s’adresser à une infirmière en santé publique ou à leur prestataire de soins de santé1, 2, 3, 4.

Situations nécessitant des soins médicaux immédiats

Les femmes devraient consulter leur prestataire de soins de santé si elles présentent un des signes
suivants1, 2, 3, 4 :

  • Caillots de sang plus gros qu’une prune, serviette hygiénique à changer toutes les heures ou impression d’avoir des saignements plus abondants que la normale.
  • Pertes vaginales malodorantes teintées de sang.
  • Douleur ou sensibilité abdominales qui ne s’améliorent pas.
  • Ouverture de l’incision de la césarienne ou des points de suture du périnée.
  • Écoulement au niveau de l’incision ou des points de suture du périnée.
  • Fièvre supérieure à 38 °C ou 100,4 °F.
  • Douleur ou sensibilité abdominales non soulagées par les analgésiques.
  • Graves maux de tête non soulagés par les analgésiques.
  • Vision brouillée, étourdissements ou douleur abdominale aiguë.
  • Gonflement et douleur prononcée à une jambe ou aux deux.
  • Impossibilité d’uriner, douleur ou sensation de brûlure au moment d’uriner.
  • Impossibilité d’aller à la selle.

Si elles n’arrivent pas à parler avec leur prestataire de soins de santé, les femmes peuvent appeler Télésanté Ontario, au 1 866 797 0000, pour parler à une infirmière ou à un infirmier. Ce service est disponible en anglais et en français, avec soutien d’interprètes pour les autres langues. Il est disponible en tout temps.

Les femmes ou leur famille devraient composer le 911 en cas de troubles respiratoires, d’essoufflement, de douleur thoracique ou d’un rythme cardiaque accéléré ou irrégulier.

Aiguillage

Savoir quand avoir recours à une ressource externe

Considérez aiguiller une femme vers des ressources externes s’il y a des inquiétudes quant à son rétablissement après l’accouchement. Ces inquiétudes peuvent inclure :

  • Mère d’un premier bébé.
  • Immigrante nouvellement arrivée.
  • Femme ayant un faible soutien social.
  • Famille à faible revenu.
  • Naissance multiple.
  • Femme ayant plus d’un enfant en bas âge.
  • Femme avec des antécédents de maladie mentale ou physique.
  • Femme aux prises avec la dépression postpartum ou à risque d’en souffrir.
  • Mère inquiète concernant l’alimentation de leur bébé.
  • Mère ayant un enfant avec des besoins particuliers (p. ex., bébé prématuré ou bébé ayant un problème de santé).


Savoir où rediriger

Les femmes qui ont besoin d’une assistance supplémentaire pour leur rétablissement après l’accouchement devraient être encouragées à joindre l’une des ressources suivantes :

  • Le bureau local de santé publique (programme Bébé en santé, enfants en santé).
  • Le centre de la petite enfance de l’Ontario de leur région.
  • L’Association de familles de naissances multiples.
  • Le centre hospitalier ou les cliniques d’allaitement communautaires.
  • Le centre hospitalier ou les cliniques de santé mentale communautaires.

Retour en Haut

Ressources et liens


Il est à noter qu’il ne s’agit pas d’une liste exhaustive de ressources disponibles, et que celles-ci ne sauraient se substituer à la recherche de conseils professionnels. Les ressources citées dans cette documentation ne sont pas nécessairement approuvées par le Centre de ressources Meilleur départ ou le gouvernement de l’Ontario. En cas de doute, les professionnels doivent contacter l’organisme responsable de la publication d’une recommandation particulière/de lignes directrices.

Directives professionnelles

Associations professionnelles

Sites Web

Lignes d’assistance

  • Télésanté Ontario 1-866-797-0000

Outils en matière d’éducation prénatale

Retour en Haut

Références

  1. Best Start Resource Center. Best Start prenatal education program: Postpartum changes. Retrieved from http://www.beststart.org/resources/rep_health/Modules/10_PostpartumChanges/Postpartum%20Changes_Notes_Small_Final_English.pdf
  2. Case-Lo C. (2013). Healthline postpartum care. Retrieved from http://www.healthline.com/health/postpartum-care#Definition1
  3. Fraser, D. & Cooper, M. (2003). Myles text book for midwives 13th ed. Edinburgh: Churchill Living Stone.
  4. Region of Peel. (2014). Health after pregnancy. Retrieved from http://www.peelregion.ca/health/family-health/after-pregnancy/
  5. Cargill, Y. & Martel M. (2007) Postpartum Maternal and Newborn Discharge Policy Statement Journal of Obstetrics and Gynaecology Canada. 29(4):357-363. Retrieved from http://sogc.org/wp-content/uploads/2013/01/190E-PS-April2007.pdf
  6. Madadi, P., Moretti, M., Djokanovic, H., Bozzo, P., Nulman, I., … Koren, G. (2009). Guidelines for maternal codeine use during breastfeeding. Retrieved from http://www.motherisk.org/prof/updatesDetail.jsp?content_id=918
  7. Morhbacher N. and Stock, J. (2003). The Breastfeeding Answer Book 3rd edition. Schaumberg: La Leche League Press.
  8. Walker, M. Ed. (2002). Core Curriculum for Lactation Consultant Practice. Boston: Jones and Bartlett.
  9. Lim, J. (2010). Post-partum voiding dysfunction and urinary retention. Australian and New Zealand Journal of Obstetrics and Gynaecology, 50, 502–505.
  10. Dobrovits, C. (2010). Postpartum fitness…and beyond. New Beginnings, 13(1), 4-8.
  11. Davies, G., Wolfe, L. Mottola, M. & MacKinnon, C. (2003). Joint SOGC/CSEP Clinical practice guideline: Exercise in pregnancy and the postpartum period. Journal of Obstetrics and Gynecology Canada, 25(6), 516-529. Retrieved from http://sogc.org/wp-content/uploads/2013/01/129E-JCPG-June2003.pdf
  12. Health Canada. (2009). Prenatal nutrition guidelines for health professionals. Retrieved from http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/alt_formats/hpfb-dgpsa/pdf/pubs/guide-prenatal-eng.pdf
  13. Conde-Agudelo, A., Rosas-Bermúdez, A. & Kafury-Goeta, A. (2006). Birth spacing and risk of adverse perinatal outcomes: A meta-analysis. Journal of the American Medical Association, 295(15), 1809-1823. doi:10.1001/jama.295.15.1809.
  14. Labbok MH, Hight-Laukaran V, Peterson AE, Fletcher V, Von Hertzen H, Van Look PFA.(1997). Multicenter study of the Lactation Amenorrhea Method (LAM): Efficacy, duration and implications for clinical applications. Contraception. 55, 327-336.
  15. Dumoulin C, Hay-Smith J. Pelvic floor muscle training versus no treatment, or inactive control treatments, for urinary incontinence in women. Cochrane Database of Systematic Reviews 2010, Issue 1. Art. No.:CD005654. Doi:10.1002/14651858.CD005654.pub2.
  16. The Society of Obstetricians and Gynaecologists of Canada. (2006 December). Conservative management of urinary incontinence (No. 186). Retrieved from http://sogc.org/guidelines/conservative-management-of-urinary-incontinence/

Retour en Haut

Santé avant la grossesse

Santé avant la grossesse

Soins prénataux réguliers

Soins prénataux réguliers

Changements physiques

Changements physiques

Alimentation saine et prise de poids

Alimentation saine et prise de poids

Vie active

Vie active

Alcool

Alcool

Tabagisme

Tabagisme

Médicaments et drogues

Médicaments et drogues

Mesures de précaution

Mesures de précaution

Violence

Violence

Santé mentale

Santé mentale

Perte de grossesse et du bébé

Perte de grossesse et du bébé

Travail prématuré

Travail prématuré

Progression de l’accouchement

Progression de l’accouchement

Soutien à l’accouchement

Soutien à l’accouchement

Interventions à l’accouchement

Interventions à l’accouchement

Médicaments antidouleur

Médicaments antidouleur

Accouchement par césarienne

Accouchement par césarienne

Accouchement vaginal après césarienne

Accouchement vaginal après césarienne

Accouchement de siège

Accouchement de siège

Soins du nouveau-né

Soins du nouveau-né

Sécurité du nouveau-né

Sécurité du nouveau-né

Allaitement

Allaitement

Rétablissement après l’accouchement

Rétablissement

Transition vers la parentalite

Transition vers la parentalite