Allaitement

Messages clés

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Voici les principaux messages de santé à transmettre à tous les nouveaux et futurs parents. Ils ont été rédigés à la deuxième personne à un niveau de lecture pouvant s’adresser au public en général. Ils peuvent ainsi être directement partagés. Ces messages sont fondés sur un consensus basé sur la recherche scientifique et la pratique professionnelle. Cliquer sur un mot ou un groupe de mots soulignés dans le texte permet d’être redirigé vers la section Preuve à l’appui qui traite du sujet en question.

Ces messages clés se fondent sur l’Initiative des hôpitaux « Amis des bébés » de l’OMS/UNICEF (IHAB), l’Initiative Amis des bébés (IAB) du Comité canadien pour l’allaitement (CCA), et les Indicateurs de résultats intégrés pour les hôpitaux et les services de santé communautaire. Il s’avère que ces stratégies s’inspirent des pratiques exemplaires pour toutes les mères et tous les nouveau-nés visant à préserver, à promouvoir et à favoriser l’allaitement.

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L’allaitement est la méthode normale et inégalée de nourrir votre bébé. Votre bébé n’a besoin que de votre lait dans les six premiers mois de sa vie. Il est conseillé d’allaiter votre bébé pendant deux ans ou plus, car l’allaitement est bon pour sa santé.

Santé Canada recommande que les bébés ne soient nourris exclusivement au lait maternel pendant les six premiers mois de leur vie. Ils n’ont besoin de rien d’autre, que ce soit sous forme liquide ou solide, durant cette période. Après six mois, vous pouvez commencer à introduire petit à petit des aliments solides, en commençant par ceux qui sont riches en fer. Vous pouvez continuer à allaiter pendant deux ans ou plus.

Le lait maternel contient plus de 200 éléments nutritifs qui varient en fonction de l’âge et des besoins de votre bébé ou de votre jeune enfant. C’est la seule nourriture dont votre enfant a besoin pendant les six premiers mois.

Plus longtemps vous allaitez, plus grands sont les avantages pour vous et votre bébé. C’est pourquoi il est recommandé d’allaiter aussi longtemps que possible. Quelle que soit la durée, il est préférable d’allaiter, même pour une courte période, que de ne pas allaiter du tout.


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L’allaitement est important pour vous et votre bébé.

L’allaitement :

  • Protège votre bébé contre de nombreuses infections et maladies.
  • Favorise le bon développement du cerveau.
  • Est pratique : le lait maternel est à la bonne température et disponible en tout temps.
  • Ne coûte rien et est écologique.
  • Protège la mère du cancer du sein, du cancer de l’ovaire, et du diabète.
  • Favorise le retour à la normale du corps maternel et la perte de poids.


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Placez votre bébé peau à peau dès la naissance pendant au moins une heure ou jusqu’à ce que le bébé ait fini sa toute première tétée.

Votre bébé sera placé sur votre ventre dès sa naissance, car c’est la meilleure façon de le garder au chaud et de le calmer à ce moment-là. Votre bébé sera essuyé, et vous serez tous deux sous une couverture chaude. Votre bébé vous regardera, commencera à chercher vos seins, et pourra commencer à téter. Le contact peau à peau a beaucoup d’avantages pour la mère et son bébé, et favorise un bon allaitement. Il vaut mieux d’attendre de peser votre bébé après sa première tétée.

Pour tenir votre bébé peau à peau, il faut le placer nu, avec une couche, en position verticale sur votre poitrine. Lorsqu’il est peau à peau, votre bébé sera porté à :

  • Trouver le mamelon.
  • Bien prendre le mamelon.
  • Conserver sa température corporelle.
  • Maintenir son rythme cardiaque, son rythme respiratoire, et sa pression artérielle.
  • Avoir un taux normal de sucre dans le sang.
  • Moins pleurer.
  • Téter exclusivement et plus longtemps.
  • Vous indiquer quand il est prêt à téter.

Tenir votre bébé peau à peau favorise également :

  • Une meilleure production et un meilleur écoulement de votre lait maternel.
  • Un lien d’attachement (processus par lequel se développe le lien affectif avec votre bébé).

Le contact peau à peau, en tout temps, comporte des avantages pour vous et votre bébé. Les pères, partenaires et accompagnants peuvent aussi tenir le bébé peau à peau. Le contact peau à peau et l’allaitement peuvent aussi aider à calmer votre bébé s’il doit avoir une prise de sang ou une autre intervention douloureuse.


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Gardez votre bébé près de vous pendant les premiers jours et premières semaines.

Partager une pièce avec votre bébé à l’hôpital, à la maison de naissance ou à la maison pour :

  • Vous aider à découvrir et à réagir aux signes de votre bébé.
  • Vous aider à produire plus de lait.
  • Vous aider à vous sentir près de votre bébé.
  • Aider votre bébé à s’ajuster à sa vie en dehors du ventre.

Si vous êtes séparée de votre bébé pour une raison quelconque, demandez de l’aide avec l’allaitement et comment garder votre production de lait maternel.


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Allaitez votre bébé aussi souvent et aussi longtemps qu’il le voudra.

Votre bébé manifestera des signes vous indiquant quand il est prêt à téter et quand il a fini. La fréquence de tétée varie d’un bébé à l’autre. Les « tétées rapprochées » (tétées groupées et de courte durée) sont courantes dans les premières semaines.

Vous n’avez pas besoin de calculer la durée des tétées tant que votre bébé :

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Votre lait est tout ce dont votre bébé a besoin pendant les six premiers mois. Offrir à votre bébé d’autres liquides peut causer des problèmes, pour vous ou votre bébé.

À moins de raison médicale, les bébés ne devraient pas recevoir d’autres aliments solides ou liquides dans les six premiers mois (incluant les tout premiers jours après la naissance). Les aliments solides ou liquides peuvent nuire à la production de lait maternel et réduire l’intérêt du bébé à téter.

Pendant qu’il apprend à s’habituer à l’allaitement, votre bébé peut avoir des difficultés à passer du sein au biberon et l’inverse. Si votre bébé a besoin de lait supplémentaire, demandez à une infirmière ou à une sage-femme de vous montrer comment lui donner de petites quantités de votre lait à l’aide d’une petite cuillère ou d’une tasse plutôt que d’utiliser un biberon.


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Il existe plusieurs façons de calmer votre bébé sans utiliser une tétine artificielle ou une sucette.

Utiliser une sucette plutôt que de surveiller pour des signes de faim de votre bébé peut réduire votre production de lait. Prendre votre bébé dans vos bras, le bercer ou le tenir peau à peau sont d’autres bonnes façons de le calmer au lieu d’utiliser une sucette. Si vous choisissez d’utiliser une sucette, il est mieux d’attendre que votre bébé boit bien au sein. Ceci arrive généralement vers l’âge de quatre ou six semaines.

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Demandez de l’aide en apprenant à allaiter. Vous pouvez y arriver!

Les premiers jours d’être un parent et d’allaiter ne sont pas toujours facile. Même si c’est naturel pour vous de produire du lait, l’allaitement est une habileté qui s’apprend. Cela peut vous prendre quelques semaines avant que vous ne vous sentiez à l’aise avec l’allaitement. C’est normal que cela prenne du temps. Demandez de l’aide tout de suite sans attendre que votre bébé tète bien.

Plusieurs personnes peuvent vous aider avec l’allaitement :

  • Les infirmières et les sages-femmes peuvent vous aider dès la naissance de votre bébé.
  • Votre partenaire, votre famille et vos amis peuvent vous offrir un soutien moral.
  • Les groupes d’entraide à l’allaitement et les doulas postpartum peuvent offrir de l’aide dans votre communauté.
  • Les autres mères qui allaitent peuvent vous soutenir et vous encourager.
  • Les infirmières en santé publique et autres spécialistes en allaitement peuvent offrir leur soutien dans votre communauté.
  • Si les problèmes d’allaitement persistent une fois de retour à la maison, vous pouvez appeler une consultante en lactation.

Pour du soutien et de l’information en allaitement :

  • Pour obtenir de l’aide à l’allaitement, appelez la permanence au 1-866-797-0000. Cette aide téléphonique offre du soutien et des conseils gratuits, sur une base confidentielle. Ce service est offert en anglais et en français avec des interprètes disponibles pour d’autres langues. Il est disponible 24 heures par jour et sept jours par semaine.
  • Recherchez les services d’allaitement dans votre région sur le site Web http://allaiterenontario.ca.
  • Choisissez les services de santé qui répondent à l’ensemble ou à la plupart des Dix conditions pour le succès de l’allaitement de l’Initiative Amis des bébés de l’OMS/UNICEF.

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En savoir davantage sur l’allaitement.

Vous pouvez trouver d’autres informations sur l’allaitement auprès des ressources suivantes. Vous en trouverez d’autres à la section Ressources et liens .

  • Votre prestataire de soins de santé
  • Votre bureau local de santé publique : 1-866-532-3161
  • Comité canadien pour l’allaitement breastfeedingcanada.ca

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Preuve à l'appui

La section Preuve à l’appui est rédigée à la troisième personne à l’intention des prestataires en éducation prénatale. Elle n’est pas conçue pour être partagée directement avec les nouvelles familles et celles en devenir, mais bien pour fournir de l’information de base et des données factuelles pour les messages clés.

À propos de l’allaitement

Qu’entend-on par allaitement?

D’un point de vue biologique, l’allaitement se définit comme le processus par lequel un enfant est nourri du lait naturellement produit des seins de sa mère. L’allaitement est reconnu à travers le monde comme la méthode normale et inégalée de nourrir un enfant1, 2. Les pratiques d’allaitement peuvent différer selon la culture de la famille concernée.

Directives nationales et internationales en matière d’allaitement

Santé Canada, l’agence canadienne de santé publique, et l’initiative Amis des bébés de l’Ontario adhèrent aux mêmes directives que l’OMS et l’UNICEF1, 2, 3. Voir l’annexe A pour d’autres informations sur l’Initiative Amis des bébés.

Les principes et recommandations de « La nutrition du nourrisson né à terme et en santé » (2012) stipulent que les nouveau-nés soient allaités pendant les six premiers mois et qu’ensuite, l’allaitement se poursuive en alternance avec des suppléments alimentaires jusqu’à l’âge de deux ans et au-delà2, 4.

L’allaitement exclusif consiste à ne donner au nouveau-né que du lait maternel (directement du sein ou extrait du sein). Les vitamines, les minéraux et la plupart des médicaments n’ont aucune incidence sur l’allaitement exclusif2. L’allaitement n’est plus considéré comme « exclusif » dès que d’autres liquides sont donnés à l’enfant (p. ex., lait artificiel commercialisé, eau, lait de vache, lait de chèvre, lait de soja, jus de fruits, tisane) ou d’autres aliments2.

Allaitement : Norme biologique

L’allaitement est le processus biologique permettant aux êtres humains (comme à l’ensemble des mammifères) de nourrir leur progéniture par la production de lait particulièrement conçu pour les besoins d’un nouveau-né. Le nourrisson est fragile à la naissance et a besoin de soins constants pendant plusieurs mois. L’allaitement, les soins, le contact peau à peau, l’enlacement du bébé sont autant de moyens qui aident à répondre à ses besoins en matière de protection, de chaleur, de rapprochement et de nutrition.

Pendant la grossesse, le corps de la femme produit des hormones qui génèrent le développement continu des glandes mammaires (seins), ou mammogénèse. Ces changements mammaires permettent aux femmes de produire le colostrum (premier lait maternel, riche en protéines et anticorps) vers la 16e semaine environ de grossesse, ou lactogénèse de stade I.

Après la naissance, la chute du niveau d’hormones causée par la séparation du placenta de la paroi utérine déclenche une augmentation rapide de production de lait, appelée lactogénèse de stade II. La production de lait se poursuit ensuite aussi longtemps que le sein est stimulé et que le lait est retiré. La stimulation continue de la production de lait est appelée galactopoïèse. Lorsque la stimulation s’arrête, la glande mammaire se met au « repos » jusqu’à la prochaine grossesse5, 6.

Du lait pas comme les autres

Le lait maternel contient plus de 200 éléments nutritifs qui s’activent en synergie et changent constamment pour répondre aux besoins particuliers du bébé selon son âge3. Pendant les six premiers mois, le lait maternel fournit tout ce dont le bébé a besoin pour pouvoir se développer au mieux, à l’exception des vitamines D et K selon l’apport nécessaire. Après six mois, le lait maternel reste un élément essentiel dans le régime alimentaire du bébé et fournit une protection immunitaire permanente.

Le lait maternel contient des éléments qui :

  • Répondent aux besoins nutritionnels du bébé (p. ex., du lactose pour alimenter le cerveau, des acides gras à longue chaîne pour les neurones et le développement de la vision, des protéines pour la digestion, la croissance, le développement, etc.).
  • Assure une protection immunitaire précoce du bébé. Le système immunitaire du nourrisson est encore en développement à la naissance, et ne peut alors produire certains anticorps pendant plusieurs mois. Le lait maternel contient des anticorps, des globules blancs et autres composantes bioactives qui protègent les muqueuses intestinales et respiratoires du bébé, et aident à le protéger des infections. La protection immunitaire se poursuit tout au long de la période d’allaitement.

Voir l’annexe B pour connaître la composition du lait maternel.

Statistiques provinciales et nationales

Les taux d’allaitement au Canada ont augmenté depuis les années 19707, 8, 9. Cependant, pour des raisons diverses, de nombreuses femmes arrêtent d’allaiter leur nourrisson dans les premières semaines. Le taux de cessation est deux fois plus élevé dans le premier mois qu’à n’importe quel autre moment. On a également noté un déclin du taux d’allaitement exclusif dans les mois qui suivent10. L’utilisation précoce de préparations lactées commerciales dans les hôpitaux a été déterminée comme étant l’un des facteurs de prédiction de cessation prématurée de l’allaitement11, 12. Le tableau 1 indique et compare les taux d’initiation à l’allaitement et d’exclusivité de six mois avec les statistiques de l’Ontario.

Tableau 1 : Statistiques sur l’allaitement au Canada et en Ontario13

2010 2012 2013
Taux d’initiation à l’allaitement au Canada 87 % 90,3 % __
Taux d’initiation à l’allaitement en Ontario 89,6 % 90,4 % 91,8 %
Taux d’exclusivité de 6 mois au Canada 27,7 % 24,2 % __
Taux d’exclusivité de 6 mois en Ontario 28,9 % 22,4 % 33,3 %

Les statistiques les plus récentes révèlent que les taux d’allaitement en Ontario sont plus élevés que la moyenne nationale.

Une agence de collecte de données à la grandeur de la province (le Registre et réseau des bons résultats dès la naissance – BORN) est sur le point de recueillir, d’interpréter, de partager et de conserver rigoureusement les données importantes relevant de chaque naissance dans la province. Le rapport mettra sans nul doute en lumière les zones propices aux changements en vue d’améliorer les résultats en matière d’allaitement7.

Décider d’allaiter

Facteurs qui influencent la décision d’allaite

Malgré l’existence de directives en matière d’allaitement, les travaux de recherche indiquent que beaucoup de femmes ont de la difficulté à atteindre les objectifs préconisés, ou, en fait, les objectifs qu’elles se sont donnés pour l’allaitement de leur enfant. L’allaitement exclusif pendant les six premiers mois est particulièrement difficile pour les nouvelles mères14. Les études révèlent qu’il existe des facteurs pouvant influer sur la décision d’une femme d’allaiter et sur la durée d’allaitement15, 16.

La décision de la femme d’allaiter est souvent prise dans un contexte plus large, en fonction de ses relations interpersonnelles, de la collectivité où elle réside ou des normes socioculturelles17. Le tableau 2 met en évidence différents facteurs pouvant influer sur la décision d’entamer ou de poursuivre l’allaitement. Ces divers facteurs doivent idéalement être considérés dans le cadre des activités visant à promouvoir l’allaitement.

Tableau 2 : Facteurs influant sur l’amorce ou la durée de l’allaitement

Influences positives sur l’allaitement Influences négatives sur l’allaitement
Facteurs individuels
  • Intention d’allaiter dès la grossesse18.
  • Savoir/croire aux avantages de l’allaitement14, 19.
  • Grande confiance en sa propre capacité à allaiter14, 18, 20.
  • Expérience d’allaitement antérieure positive14.
  • Âge plus avancé (p. ex., plus de 25 ans)10, 18.
  • Niveau de scolarité ou de revenu plus élevé10, 18.
  • Présence d’un partenaire dans sa vie à la naissance du bébé10.
  • Perception d’inconfort physique ou de douleur associée à l’allaitement18.
  • Manque d’information sur l’allaitement à l’étape prénatale14.
  • Croire que le lait maternel n’est pas suffisamment nourrissant pour le bébé19, 20, 21.
  • Introduction de préparations lactées commerciales aux tout premiers jours postpartum18.
  • Introduction d’une sucette aux tout premiers mois postpartum14.
  • Introduction d’aliments solides avant l’âge de six mois14.
  • Tabagisme14, 18.
Facteurs interpersonnels
  • Soutien du partenaire18, 20.
  • Soutien maternel à l’allaitement par la famille et les amis (modèles)14, 18, 21.
  • Soutien professionnel18, 22, 23, 24.
  • Lacunes en matière d’information (manquante, insuffisante ou imprécise) et de recommandations de la part de la famille, des amis et des professionnels18.
Facteurs communautaires
  • Procédures et pratiques utilisées à l’hôpital ou dans les maisons de naissance (p. ex., protocole lié à l’IAB, contact peau à peau, cohabitation continue)20, 23.
  • Accès aux ressources (p ex., organismes, groupes d’entraide de mères qui allaitent, prestataires de soins de santé bien informés)20, 23, 25.
  • Retour au travail18, 19, 23.
  • Nature du travail10 (p. ex., manque de flexibilité, nombre d’heures de travail élevé)22.
  • Milieu de travail non favorable à l’allaitement (p. ex., attitude négative de l’employeur ou des collègues)22, 23.
Facteurs socioculturels
  • Directives gouvernementales et politiques publiques favorables à l’allaitement (p. ex., prestations pour congé de maternité, droit d’allaiter en public)17, 23.
  • Valeurs sociétales (p. ex., sexualisation des seins)17.
  • Impératifs culturels incitant à la discrétion en matière d’allaitement.
  • Manque de modèles visibles (l’allaitement est rarement public).
  • Surreprésentation de l’usage du biberon dans les médias alors que l’allaitement est rarement représenté26.


Voir l’annexe C pour obtenir de l’information sur la façon de cultiver le sentiment de confiance en sa propre capacité à allaiter.

Les effets de l’allaitement sur la santé

Pourquoi est-ce important d’allaiter?

La documentation existante démontre de nombreux effets bénéfiques de l’allaitement sur la santé de la mère et de l’enfant. L’importance de l’allaitement repose sur les propriétés uniques du lait maternel et sur l’acte en soi. Certains travaux de recherche font la distinction entre les effets du lait maternel et les effets de l’acte en soi. On sait déjà que les propriétés du lait maternel sont bénéfiques; toutefois, l’acte de donner le sein permet quant à lui une intimité physique entre la mère et le bébé. Un enfant nourri au sein exclusivement pendant six mois bénéficie d’environ 1 500 tétées ou moments d’intimité avec sa mère.

Il existe des données probantes quant aux l’importance de l’allaitement :

L’importance pour la mère

Réduction du risque de :

  • Cancer de l’ovaire27, 28.
  • Cancer du sein27, 28, 29.
  • Diabète de type 228, 30.
L’importance pour l’enfant

Réduction du risque de :

  • Otite moyenne aiguë27, 28.
  • Gastroentérite27, 28.
  • Infection des voies respiratoires inférieures27, 28.
  • Cancer pédiatrique (p. ex., leucémie)27, 28.
  • Diabète de type 1 [sic]15.
  • Diabète de type 2 à l’âge adulte27, 28, 34.
  • Syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN)27, 28, 34, 35.
  • Entérocolite nécrosante néonatale (uniquement chez les prématurés)27, 28.
  • Maladie cardiovasculaire36, 37, 38.
  • Obésité39, 40.
  • Déficience cognitive41.

Certains auteurs évoquent d’autres avantages en matière d’allaitement, notamment6, 42 :

  • Sécurité alimentaire pour le nourrisson, quelles que soient les circonstances que vit la mère ou la situation géographique.
  • Disponibilité constante d’un lait de qualité optimale facile à conserver.
  • Réduction de gaspillage et empreinte carbone minimale.
  • Diminution de la quantité des soins médicaux à l’enfant (p. ex., visite de consultation chez le médecin, hospitalisation)43.
  • Réduction de l’absentéisme maternel au travail (enfant en meilleure santé).
  • Épargne d’environ 500 $ à 2 000 $ par six mois, équivalent à l’utilisation de préparations lactées commerciales pour cette période44.

Allaitement : exclusivité et durée

L’importance des effets de l’allaitement sur la santé à la fois de la mère et de l’enfant est liée à l’exclusivité et à la durée de l’allaitement2. Les effets sont proportionnels à la posologie, c’est-à-dire qu’ils relèvent de la quantité de lait maternel qu’un enfant absorbe45, 46, 47, 48, et de la durée d’allaitement en fonction de son âge47.

L’allaitement exclusif pendant les six premiers mois et qui se poursuit par la suite en alternance avec des suppléments alimentaires, jusqu’à l’âge de deux ans ou plus, est ce qu’il y a de plus bénéfique pour la mère et le bébé4. Il faut noter cependant que même de courte durée ou de façon partielle, l’allaitement est plus bénéfique que l’absence totale d’allaitement.

Les préparations lactées commerciales n’ont rien de comparable avec le lait maternel et ne sont pas sans risques. Le lait maternel, contrairement à ces préparations, est de composition unique et conçue pour les besoins humains. La plupart des éléments naturels présents dans le lait maternel comme les aminoacides, les acides gras, les enzymes, les anticorps, les facteurs immunologiques et les hormones ne peuvent être égalés dans les préparations lactées commerciales. Certains des autres éléments sont de qualité inférieure ou sont absents des préparations lactées commerciales. En conséquence, ces préparations peuvent rendre un enfant susceptible aux maladies, aux infections ou aux allergies2, 42.

Elles peuvent aussi faire l’objet d’erreurs de fabrication (p. ex., erreurs d’ingrédients, de mesure, ou d’étiquetage), de contaminations chimiques et bactériennes, d’erreurs de dilution ou d’entreposages inadéquats1, 42.

Promouvoir et favoriser l’allaitement : ce qu’il faut savoir

Le rôle des professionnels en soins de santé

Les messages véhiculés par les professionnels en soins de santés peuvent influer sur les décisions parentales quant à l’initiation à l’allaitement et à sa durée. Les études suggèrent que les femmes ont plus tendance à amorcer et à poursuivre l’allaitement si leur médecin les appuie et les encourage à le faire49, 50.

Il a également été rapporté que les femmes interprètent souvent de façon négative la neutralité d’un professionnel en matière d’allaitement. Celles qui perçoivent chez le professionnel de la santé une attitude de neutralité envers l’allaitement sont plus susceptibles d’arrêter d’allaiter après six mois environ51.

Le rôle du professionnel de la santé en période prénatale est de :

  • Recommander l’allaitement en vertu des directives nationales et internationales en la matière.
  • Fournir aux parents de l’information crédible et précise d’un point de vue scientifique pour les appuyer dans la prise de décisions éclairées.
  • Fournir de l’information supplémentaire de façon adaptée le cas échéant en restant à l’écoute des circonstances familiales et des différences culturelles.
  • Offrir du soutien, particulièrement en matière de démarrage à l’allaitement, car le taux de cessation est élevé dans le premier mois.

Les organismes et associations canadiens suivants se sont engagés dans la promotion, le soutien et la préservation de l’allaitement et ont élaboré des directives ou publié des déclarations de principes relatives à l’allaitement :

  • Comité canadien pour l’allaitement (CCA).
  • Association canadienne des sages-femmes (ACSF).
  • Collège des médecins de famille du Canada (CMFC).
  • Société canadienne de pédiatrie (SCP).
  • Association des pharmaciens du Canada.
  • Les diététistes du Canada.
  • Santé Canada.
  • Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario.
  • Association de la santé dentaire publique de l’Ontario.
  • Association pour la santé publique de l’Ontario (OPHA).
  • Agence de la santé publique du Canada.
  • Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario.
  • Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC).

L’importance du rôle du père/partenaire dans l’allaitement

De nombreuses études révèlent que le père de l’enfant a beaucoup d’influence dans la décision d’une femme d’entamer et de poursuivre l’allaitement. Les probabilités qu’une femme commence à allaiter augmentent de presque 80 % si le père de l’enfant est en faveur de l’allaitement43. L’attitude du père semble avoir plus d’influence que celle des professionnels de la santé52, 53.

Par ailleurs, la perception qu’une femme enceinte a de l’attitude de son partenaire envers l’allaitement semble être plus influente que l’attitude même que celui-ci adopte. Les femmes ont tendance généralement à voir leur partenaire comme étant moins favorable envers l’allaitement qu’il ne l’est54. Les femmes sont dix fois plus susceptibles de commencer à allaiter si elles sentent que leur partenaire a une attitude positive à cet égard, que si, au contraire, elles sentent qu’il est indécis ou plus en faveur du biberon55.

L’intégration du futur père/du partenaire dans les formations relatives à l’allaitement est judicieuse56. Les données probantes montrent que les femmes dont le partenaire a reçu de l’information sur les défis à surmonter en matière d’allaitement présentent des taux d’allaitement plus élevés que celles dont le partenaire n’a pas reçu ce type d’information57.

En outre, les autres membres importants de la famille et les accompagnants ont un rôle à jouer. Il convient d’intégrer ces personnes au processus de formation.

D’autres renseignements concernant l’expérience des pères/partenaires en matière d’allaitement sont disponibles dans le fichier Transition vers la parentalite.

Stratégies de promotion en matière d’allaitement

La réussite de l’initiation à l’allaitement et de sa durée dépend d’une variété de stratégies, certaines plus efficaces que d’autres.

Stratégies efficaces :

  • Projet de l’OMS sur l’Initiative Amis des bébés (IAB)11, 58, 59, 60, 61, 62, 63, 64. Ce projet général englobe les pratiques exemplaires préconisées dans la littérature scientifique visant à promouvoir l’allaitement2 (voir l’annexe A pour d’autres informations).
  • Les approches qui associent les rencontres individuelles ou de groupes avec le soutien des marraines59.
  • Les interventions visant à cultiver le sentiment de confiance quant à la capacité à allaiter65, 66 (voir l’annexe C pour d’autres informations).
  • Les cours en groupe pour les femmes qui planifient d’allaiter et la formation individuelle pour les autres49.
  • Soutien des marraines : Interagir avec des femmes qui ont allaité (p. ex., appels téléphoniques, présence des organismes communautaires lors des séances d’information prénatale)59, 67, 68.
  • La participation des futurs pères/des partenaires au cours d’allaitement57.

Stratégies inefficaces :

  • Distribution de publications sur l’allaitement sans interventions de suivi (p.ex., counseling, discussion)59, 68.

Stratégies nuisibles :

  • Préparation des mamelons pendant la grossesse, ou le port de boucliers de Woolwich pour les mamelons plats ou invaginés69.
  • Distribution d’échantillons ou de matériel pédagogique (p. ex., DVD ou brochures) produits par les fabricants de préparations lactées commerciales70.

L’ annexe A contient plus d’information sur les stratégies prônant le succès de l’allaitement tel que préconisé par l’Initiative Amis des bébés.

Aborder la question de l’allaitement en période prénatale

Il existe peu de données scientifiques permettant de déterminer le meilleur moment en période prénatale pour discuter d’allaitement. Cependant, les questions importantes peuvent être abordées chaque trimestre de grossesse, comme le suggèrent les directives de l’Academy of Breastfeeding Medicine (2009) et du National Institute for Health and Care Excellence (2008).

Avant la grossesse, la plupart des femmes auront déjà décidé de la façon dont elles nourriront leur bébé. Les données probantes montrent que plus la décision d’allaiter est prise tôt (durant la grossesse ou avant), et plus il sera probable qu’une femme allaitera43. Parler de l’importance de l’allaitement sur la santé et fournir des directives nationales et internationales en la matière dans le premier trimestre de grossesse joue en faveur de l’allaitement.

Lors du premier trimestre :

  • Discutez l’importance de l’allaitement pour la mère et son enfant.
  • Répondez aux préoccupations soulevées par la mère et sa famille. Les inquiétudes courantes concernent entre autres les défis potentiels comme le manque de confiance ou de soutien; l’embarras d’avoir à allaiter en public; l’alimentation de la mère pendant la période d’allaitement; les soins du bébé; la peur d’avoir les mamelons douloureux; les effets sur les seins; et les incidences de l’allaitement sur la relation de couple.
  • Insistez sur le fait que même s’il s’agit d’un processus naturel, il faut du temps pour apprendre à bien allaiter.
  • Posez des questions ouvertes pour explorer les connaissances et les croyances du couple, reformulez leur affirmation au besoin.
  • Intégrez le futur père/le partenaire et les membres de la famille au processus.

Lors du deuxième trimestre :

  • Encouragez la femme à trouver un modèle parmi les femmes de son entourage (p. ex., un membre de sa famille, des amies, des collègues) qui ont réussi à allaiter.
  • Incitez les futurs parents à participer à des cours en allaitement, ou à prendre part à des groupes d’entraide en allaitement, en leur offrant une liste des ressources disponibles.
  • Donnez aux futurs parents de la documentation sur l’allaitement, comme « L’allaitement, ça compte » (Centre de ressources Meilleur Départ, 2014) ou le livret « Mon guide d’allaitement » (Centre de ressources Meilleur Départ, 2015) Lors de la rencontre de suivi, demandez s’ils ont des questions. S’ils manifestent peu d’intérêt pour la documentation ou s’ils sont dans l’impossibilité de lire la documentation, abordez la question de l’importance de l’allaitement exclusif, du principe de la production de lait et de la demande, de la façon de savoir si le bébé boit assez de lait, et de l’importance d’une bonne prise du mamelon.

Lors du troisième trimestre :

  • Abordez le déroulement de l’allaitement dans la période postpartum qui s’annonce, notamment :
    • Le contact peau à peau.
    • La première tétée ininterrompue.
    • L’allaitement à l’écoute des signes du bébé.
    • L’importance d’éviter les suppléments alimentaires (sauf s’ils sont indiqués pour des raisons médicales).
    • Les autres méthodes d’alimentation (cuillère/tasse) si des suppléments sont nécessaires.
    • La participation du futur père/du conjoint, etc.
  • Encouragez les futurs parents à contacter un groupe de soutien à l’allaitement (si ce n’est déjà fait).
  • Offrez une orientation anticipée sur ce qui constitue un comportement normal chez le nourrisson (notamment la fréquence très élevée des tétées nocturnes dans la première semaine) et sur la façon de gérer la fatigue normale postpartum (p. ex., dormir en même temps que le bébé).
  • Discutez des préparatifs à l’allaitement, comme faciliter les attentes; congeler la nourriture; prendre les dispositions nécessaires avec la famille/les amis pour aider dans la préparation de repas, etc.
  • Veillez à ce que les futurs parents aient un bon soutien durant la période postpartum.

Apprendre à allaiter

Même si la production de lait est un phénomène mammaire naturel, apprendre à allaiter en tant que tel prend du temps, à la fois pour les mères et les bébés. Allaiter s’apprend et exige de la pratique ainsi que de la flexibilité dans les premiers jours. De nombreuses mères trouvent qu’il faut environ de quatre à six semaines avant de se sentir à l’aise à allaiter et à instaurer une production de lait régulière.

La préparation des parents à cette courbe d’apprentissage accélérée dès la période prénatale contribuera à une meilleure réussite de l’allaitement. Par exemple, plusieurs futurs parents ne savent pas que les bébés ont souvent un besoin irrépressible de téter (particulièrement à leur deuxième jour) et que le contact peau à peau aide à amorcer ce processus. Le soutien de la famille et des amis ne doit pas être sous-estimé lui non plus dans les premières semaines postpartum. Ce soutien donnera encore plus confiance à la mère dans ses capacités à allaiter.

Pour obtenir d’autres informations sur l’apprentissage à l’allaitement et les stratégies pour surmonter les défis, voir L’allaitement, ça compte (Centre de ressources Meilleur Départ, 2014). Ce livret contient de l’information sur l’allaitement à la veille de la période postnatale, notamment le contact peau à peau dès l’arrivée au monde; l’allaitement dans la première heure de la naissance; la cohabitation avec le bébé; l’allaitement sur demande; et les positions efficaces d’allaitement et de prise du mamelon. Pour d’autres informations sur les changements des seins en période postpartum, voir le fichier Rétablissement après l’accouchement.

Contact peau à peau

Il y a des avantages à offrir à tous les bébés un contact peau à peau avec la maman dès leur arrivée au monde73.

Parmi ces avantages :

  • État de relaxation de la mère et du bébé74.
  • Diminution du niveau d’hormones de stress74, 75.
  • Diminution des tensions au sein de la relation conjugale exercées par les pères74.
  • Homéostase du bébé73.
  • Stabilisation cardiorespiratoire des nouveau-nés peu prématurés73.
  • Stabilité glycémique73.
  • Augmentation de la durée d’allaitement73.

Les avantages du contact peau à peau ne se limitent pas aux débuts de la période postpartum.

Donner naissance par césarienne n’exclut pas le contact précoce peau à peau avec la mère ou le père/le partenaire76. Il est dans l’intérêt de la mère et de son bébé de rester ensemble durant les premiers jours de vie autant que possible. La cohabitation mère-enfant renforce le lien d’attachement et permet d’optimiser les débuts en allaitement77.

Accouchement par césarienne et allaitement

Dans le meilleur des cas, la plupart des nouveau-nés ont un contact peau à peau dès leur naissance, même après une césarienne. Si la mère ne se sent pas bien ou est incapable d’avoir son bébé peau à peau, le père ou le partenaire peut s’en charger pour faciliter le processus de stabilisation du bébé. Le contact maternel peau à peau et l’allaitement peuvent aussi se produire dans la salle de réveil dès que la mère pourra le faire. Les familles doivent être soutenues pour travailler avec leur prestataire de soins de santé afin d’intégrer le contact peau à peau lors d’un accouchement par césarienne pour aider la mère et le bébé. Il est recommandé de limiter la séparation de la mère et de l’enfant, et de commencer l’allaitement dès que les conditions le permettent78.

Signes de faim

Les nourrissons ont besoin d’être nourris fréquemment. La plupart des bébés sont nourris au moins huit fois en 24 heures. Les signes que le bébé manifeste lorsqu’il a faim indiquent à la mère qu’il est prêt pour la tétée.

  • Signes précurseurs : « J’ai faim. »
    • Bras qui s’agitent, qui bougent.
    • Bouche ouverte, bâillement ou mimique de succion.
    • Mains portées à la bouche. Mouvements de tête de gauche à droite.
    • Réflexe des points cardinaux, tendance à attraper les choses avec la bouche.
  • Signes qui s’intensifient : « J’ai vraiment faim. »
    • Mouvements d’étirement.
    • Agitation de plus en plus prononcée.
    • Mouvements avec poing dans la bouche.
    • Téter, râler ou soupirer.
  • Signes extrêmes : « Apaise-moi puis donne-moi la tétée. »
    • Pleurs.
    • Mouvements corporels agités.
    • Changement de couleur au rouge.

Si un bébé montre des signes de faim insistants, il existe des façons pour l’apaiser avant la tétée, notamment :

  • En le cajolant.
  • En le tenant peau à peau.
  • En lui parlant ou en lui chantant une chanson.
  • En le caressant ou en le berçant79.

Pour savoir à quoi ressemblent les signaux de faim, voir la vidéo Baby’s Feeding Cues and Behaviours (en anglais seulement)77.

Signes indiquant qu’un bébé boit assez de lait
  • Tète souvent, au moins huit fois en 24 heures.
  • Tète vigoureusement avec mouvement actif de mâchoires (pas seulement une petite succion).
  • A une grande quantité de couches mouillées ou pleines.
  • Prend du poids régulièrement.

Voir le Guide pour les mères qui allaitent (Centre Meilleur départ) pour de plus amples informations sur les habitudes alimentaires et la façon de savoir si le bébé boit assez de lait.

Aborder la question des préparations lactées commerciales

Durant la période prénatale, il est important que les femmes enceintes développent la confiance en leur capacité d’allaiter leur bébé. Aborder la question des préparations lactées commerciales dans le contexte d’une discussion de groupe peut ébranler la confiance d’une mère et insinuer que ces préparations et l’allaitement sont des choix de même ordre; ceci peut contribuer à normaliser l’usage du biberon80. La question peut également mener les nouvelles mères à croire que l’utilisation de ces préparations peut s’avérer nécessaire en parallèle à l’allaitement.

L’Initiative Amis des bébés recommande que l’information concernant les préparations lactées commerciales soit communiquée selon chaque cas en particulier aux futurs parents qui en font la demande (et aux familles qui choisissent de les utiliser)81. Le code de l’OMS, quant à lui, déconseille la distribution de publicité et d’échantillons gratuits de préparations lactées.

Il est important de veiller à ce que tous les futurs parents reçoivent l’information appropriée sur la façon de nourrir leur enfant et qu’ils soient soutenus tout au long du processus d’allaitement81.

Les consultations individuelles avec les parents qui ont choisi d’utiliser les préparations lactées commerciales pour nourrir leur enfant apportent plus de soutien que les discussions de groupe. De l’information sur l’alimentation en matière de sécurité et des types de préparations commerciales existantes (en poudre, concentrée liquide, ou prêt-à-servir) peut être remise aux parents80. Cette information personnalisée peut être partagée dans la maternité de l’hôpital ou la maison de naissance, durant une visite de consultation postnatale à domicile, ou une visite de suivi. Il faut alors enseigner aux parents comment préparer ces produits de façon sûre, comment les utiliser et les entreposer, ainsi que leur apprendre les principes d’une alimentation à l’écoute.

Si des parents soulèvent la question des préparations lactées commerciales durant une discussion de groupe, les professionnels de la santé sont invités à y répondre brièvement. Si la discussion se poursuit, ils peuvent proposer de répondre à ces questions individuellement à la fin de la rencontre de groupe. Les parents peuvent aussi être redirigés vers le site de l’Agence de la santé publique du Canada pour obtenir plus d’informations sur les pratiques d’alimentation.

Raisons justifiant l’utilisation de préparations lactées commerciales

Certaines familles opteront pour les préparations lactées commerciales sur une base temporaire (souvent lorsqu’elles craignent que la mère n’ait pas de lait à la phase de production du colostrum), en tant que partie intégrante de leur plan d’allaitement, ou pour supplanter complètement l’allaitement. Il existe une différence entre les raisons sociales et les raisons médicales justifiant l’utilisation des préparations lactées commerciales. Les raisons médicales tiennent compte des situations où la mère ne produit pas suffisamment de lait pour répondre aux besoins de son enfant, que ce soit de façon temporaire (p. ex., faible taux de glycémie malgré l’allaitement) ou de façon continue (p. ex., mammoplastie de réduction). De bonnes compétences en matière de conseils et une évaluation précise des besoins en allaitement de la part des prestataires de soins de santé peuvent permettre aux familles de prendre des décisions éclairées concernant l’utilisation des préparations lactées commerciales. Il faut que les professionnels de la santé s’assurent que les mères aient l’information dont elles ont besoin pour prendre ces décisions éclairées et qu’ils respectent leur choix de ne pas allaiter le cas échéant.

Précautions de circonstance

Contre-indications à l’allaitement

Il existe certaines situations pour lesquelles l’allaitement n’est pas recommandé12. La plupart des maladies ou problèmes de santé de la mère n’ont aucune incidence sur la qualité de son lait. Il convient de noter que dans les cas où il n’y a pas assez de lait maternel, où la mère est trop malade ou le bébé incapable de se nourrir au sein, la mère est incitée à compléter l’alimentation de son enfant en exprimant son lait ou en ayant recours à du lait maternel pasteurisé provenant d’une banque de lait si possible, et éventuellement, à utiliser les préparations lactées commerciales pour répondre aux besoins de son enfant.

Il existe très peu de médicaments qui soient contre-indiqués pour les mères qui allaitent82. Il faut vérifier que les médicaments destinés aux femmes qui allaitent ne comportent aucun risque en matière de lactation afin de garantir le bien-être de l’enfant. Dans certains cas, la mère devrait consulter un professionnel pour s’assurer qu’elle reçoive l’information la plus pertinente en matière d’allaitement et de médicaments. Si la mère qui allaite doit prendre des médicaments, elle doit aborder la question des effets secondaires possibles sur elle et sur son bébé avec son médecin ou son pharmacien. Si elle doit prendre un médicament qui s’avère contre-indiqué, il faut voir s’il n’existe pas un autre médicament plus sûr qui lui permettrait de poursuivre l’allaitement. Les mères peuvent également contacter Motherisk pour obtenir des renseignements fiables et à jour sur les risques liés à la lactation. La consommation d’alcool et de tabac n’est pas contre-indiquée avec l’allaitement, à condition de prendre certaines précautions. Le sujet est abordé de façon plus approfondie dans les fichiers Alcool et Tabagisme.

Il existe certaines situations incompatibles avec l’allaitement, notamment :

  • Une mère qui consomme des drogues illicites (voir le fichier Médicaments et drogues).
  • Une mère séropositive pour le VIH.
  • Un bébé diagnostiqué avec une perturbation quelconque du métabolisme, comme la galactosémie ou la phénylcétonurie (PCU). À noter qu’avec la PCU, l’utilisation d’une préparation lactée commerciale spéciale en parallèle avec un allaitement partiel est généralement tolérée, sujette toutefois à la surveillance du niveau de phénylalanine12, 81.

Situations particulières : le nouveau-né prématuré

Il existe des situations pouvant exiger des arrangements particuliers pour les mères, comme extraire son lait pour un bébé prématuré. Si un bébé ne peut pas se nourrir convenablement directement au sein, il faut soutenir et informer les mères pour qu’elles organisent leur approvisionnement en lait en l’exprimant manuellement à l’avance ou en utilisant une pompe, et en pratiquant le contact peau à peau. La consommation de lait maternel, particulièrement pour les enfants très prématurés, est cruciale pour diminuer les risques de maladies mortelles (sepsie et entérocolite nécrosante)83. Le lait maternel est inestimable pour les grands prématurés. Les mères qui ne peuvent pas allaiter ou qui ne planifient pas de le faire sont incitées à extraire leur lait pour nourrir leur enfant très prématuré. Le lait maternel pasteurisé de donneuses provenant d’une banque constitue également un recours possible pour les nouveau-nés dont la santé est compromise.

Banques de lait et partage de lait maternel

Alors que l’on prend de plus en plus conscience de l’importance du lait maternel, les banques de lait maternel au Canada et dans le monde se multiplient. L’établissement des banques de lait maternel a débuté au début des années 1900, pour formaliser une pratique traditionnelle consistant, entre mères, à se partager le lait dans l’allaitement réciproque des enfants des unes et des autres. Les banques de lait maternel aujourd’hui procèdent à plusieurs étapes de sélection de donneuses et à de multiples processus de vérification du lait afin d’assurer l’approvisionnement en lait pasteurisé provenant de donneuses. Le lait pasteurisé de donneuses s’impose de plus en plus comme un choix possible, particulièrement pour les prématurés ou les enfants dont la santé est compromise, lorsque le lait de la mère n’est pas disponible. Les banques de lait maternel canadiennes exercent leurs activités selon les directives strictes de la Human Milk Banking Association of North America (HMBANA).

Donc, une plus grande conscience publique quant à l’importance du lait maternel incite certaines mères à essayer de se procurer du lait d’autres mères (ou pratique du partage de lait). L’accès à Internet a permis la pratique du partage de lait entre étrangers, s’ajoutant à la pratique informelle déjà en vigueur au sein de la famille ou entre amis proches. Les sites Web proposent des options de partage et de vente ou d’achat de lait. L’utilisation de lait non pasteurisé n’est pas sans risque, le lait pouvant être contaminé par des virus et des bactéries causant de maladies, qui s’y trouvent déjà ou qui sont le résultat d’une manipulation ou d’un entreposage inadéquats.

Santé Canada n’est pas favorable à la consommation de lait non traité provenant de donneuses de sources privées84, 85.

Pour obtenir d’autres informations sur les risques liés à l’utilisation de lait maternel acheté en ligne ou provenant d’une autre personne, voir le site Web de Santé Canada.

Aiguillage

Savoir quand avoir recours à une ressource externe

Certains facteurs ont été associés à un taux moins élevé pour ce qui est de l’initiation à l’allaitement et à sa durée86.

Certaines femmes peuvent tirer parti d’un soutien supplémentaire à l’allaitement, notamment celles :

  • Qui sont d’âge maternel jeune.
  • Qui sont de descendance autochtone15, 87.
  • Qui ont de faibles revenus.
  • Qui sont de faible niveau de scolarité.
  • Qui sont célibataires ou sans soutien social.
  • Qui ont un problème médical, comme une santé maternelle fragile, qui souffrent d’obésité ou d’une maladie mentale.
  • Qui consomment des drogues illicites ou du tabac.
  • Qui ont accouché par césarienne ou qui ont eu des problèmes médicaux lors de l’accouchement.
  • Qui ont un handicap physique (p. ex., déficience visuelle).
  • Qui ont des antécédents de chirurgie mammaire.
  • Qui ont déjà connu des problèmes d’allaitement antérieurs.
  • Qui ont eu une grossesse multiple.
  • Qui ont un enfant prématuré.
  • Qui sont atteintes d’une maladie liée à la grossesse (p. ex., diabète gestationnel).
  • Qui ont un enfant ayant des problèmes de santé.

Savoir où rediriger

Aiguiller les femmes vers les ressources communautaires appropriées, notamment :

  • Les programmes en santé communautaire et les infirmières en santé communautaire.
  • Les groupes d’entraide par des marraines (p. ex., Ligue La Leche).
  • Le centre hospitalier ou les cliniques d’allaitement communautaires.
  • La ligne téléphonique de conseils et de soutien à l’allaitement de Télésanté Ontario, au 1-866-797-0000.

Pour d’autres informations, voir la section Ressources et liens.

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Ressources et liens

Il est à noter qu’il ne s’agit pas d’une liste exhaustive de ressources disponibles, et que celles-ci ne sauraient se substituer à la recherche de conseils professionnels. Les ressources citées dans cette documentation ne sont pas nécessairement approuvées par le Centre de ressources Meilleur départ ou le gouvernement de l’Ontario. En cas de doute, les professionnels doivent contacter l’organisme responsable de la publication d’une recommandation particulière/de lignes directrices.

Directives professionnelles

Associations professionnelles

Rapports et publications

Sites Web

Assistance téléphonique

  • Télésanté Ontario 1-866-797-0000

Outils en matière d’éducation prénatale

Ressources et documentation des clients

Livres à l’intention des parents

  • Huggins, K. (2007). The Nursing Mother’s Companion. (6th ed.). Harvard Common Press. (en anglais seulement)
  • The Womanly Art of Breastfeeding. (2010). (8th ed.) La Leche League International (en anglais seulement)
  • Newman, J. & Pitman, T. (2014). Dr. Jack Newman’s Guide to Breastfeeding. (Revised Edition). Harper Collins, Canada. (en anglais seulement)

Livres à l’intention des professionnels de la santé

  • Medications and Mothers’ Milk, (2014). Hale, T.W. and Rowe, T. Hale Publishing, Plano Texas. (en anglais seulement)

Videos

Applis

  • Quand vous avez besoin (WYNI) : Information sur l’allaitement

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Annexes

Annexe A : Initiative Amis des bébés

L’Initiative Amis des bébés (IAB) au Canada se fonde sur un programme international (Initiative des hôpitaux Amis des bébés) initié en 1991 par l’OMS et l’UNICEF pour optimiser les résultats en matière d’allaitement. IAB Ontario sert à mettre en œuvre l’IAB par les biais du partenariat ayant cours avec les professionnels de la santé, les prestataires de service et les consommateurs de l’Ontario.

L’IAB Ontario et le Comité canadien pour l’allaitement adhèrent aux directives de l’OMS et de l’UNICEF, qui recommandent l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois de la vie de l’enfant, suivi d’un allaitement en alternance avec des suppléments alimentaires jusqu’à l’âge de deux ans et au-delà. Ceci permet à la mère et à son enfant de continuer à tirer profit des nombreux bienfaits de nature immunologique, développementale et nutritionnelle de l’allaitement. Pour comprendre comment s’applique l’IAB à une éducation prénatale, il est utile de comprendre l’information de base servant à guider la pratique IAB au Canada.

Les « Dix conditions pour le succès de l’allaitement maternel » : Déclaration conjointe de l’OMS et de l’UNICEF, Genève, Suisse, 198988

  1. Adopter une politique d’allaitement maternel formulée par écrit et systématiquement portée à la connaissance de tous les personnels soignants. (Vidéo en anglais seulement)
  2. Donner à tous les personnels soignants les techniques nécessaires pour mettre en œuvre cette politique. (Vidéo en anglais seulement)
  3. Informer toutes les femmes enceintes des avantages de l’allaitement au sein et de sa pratique. (Vidéo en anglais seulement)
  4. Aider les mères à commencer d’allaiter leur enfant dans la demi-heure suivant la naissance. (Autrement dit : Mettre les bébés en contact peau à peau avec leur mère immédiatement après la naissance pendant au moins une heure.) (Vidéo en anglais seulement)
  5. Indiquer aux mères comment pratiquer l’allaitement au sein et comment entretenir la lactation même si elles se trouvent séparées de leur nourrisson. (Vidéo en anglais seulement)
  6. Ne donner aux nouveau-nés aucun aliment ni aucune boisson autre que le lait maternel, sauf indication médicale. (Vidéo en anglais seulement)
  7. Laisser l’enfant avec sa mère 24 heures par jour. (Vidéo en anglais seulement)
  8. Encourager l’allaitement maternel à la demande de l’enfant. (Vidéo en anglais seulement)
  9. Ne donner aux enfants nourris au sein aucune tétine artificielle ou sucette. (Vidéo en anglais seulement)
  10. Encourager la constitution d’associations de soutien à l’allaitement maternel et leur adresser les mères dès leur sortie de l’hôpital ou de la clinique.(Vidéo en anglais seulement)

Les interprétations en milieu canadien89

Chaque établissement ou organisme fournissant des services de maternité et des soins aux nouveau-nés devrait :

  1. Adopter une politique d’allaitement formulée par écrit et portée systématiquement à la connaissance de tous les intervenants en santé et des bénévoles.
  2. S’assurer que tous les intervenants en santé ont les connaissances et les habiletés nécessaires pour mettre en œuvre la politique d’allaitement.
  3. Informer les femmes enceintes et leur famille de l’importance et de la gestion quotidienne de l’allaitement.
  4. Placer les bébés en contact peau à peau avec leur mère dès la naissance et de façon ininterrompue pour au moins une heure ou jusqu’à la fin de la première tétée ou aussi longtemps que la mère le désire. Aider les mères à reconnaître quand leur bébé est prêt à téter et leur offrir de l’aide au besoin.
  5. Aider les mères à allaiter et à maintenir la lactation en cas de problèmes incluant la séparation de leur nourrisson.
  6. Soutenir les mères à allaiter exclusivement pendant les six premiers mois, à moins que des suppléments soient indiqués pour raisons médicales.
  7. Faciliter la cohabitation 24 heures sur 24 pour toutes les dyades mères-bébés : mères et bébés restent ensemble.
  8. Encourager l’allaitement selon les signes du bébé. Encourager la poursuite de l’allaitement au-delà de six mois au moment de l’introduction appropriée d’aliments complémentaires.
  9. Encourager les mères à nourrir et à prendre soin de leur bébé sans avoir recours à une sucette ou à une tétine artificielle.
  10. Assurer des liens fluides entre les services fournis par l’hôpital, les services de santé communautaires et les groupes d’entraide en allaitement. Appliquer des principes de soins de santé primaires et de santé des populations pour soutenir les mères sur le continuum de soins et implanter des stratégies qui influenceront positivement les taux d’allaitement.

Le code de l’OMS : Adopter le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel90

Le code de l’OMS offre un cadre stratégique en matière de santé pour la promotion de l’allaitement, adopté par l’Assemblée mondiale de la Santé et l’Organisation mondiale de la Santé en 1981. Le code de l’OMS recommande la restriction en matière de commercialisation des substituts du lait maternel, comme les préparations pour nourrissons, pour veiller à ce que les femmes ne renoncent pas à l’allaitement.

Optimiser l’allaitement : Conditions de réussite

Recommandations Avantages
Contact ininterrompu peau à peau pour au moins une heure dès la naissance1, 70, 80, 91 que le bébé soit allaité ou non (condition 4). Le contact peau à peau est l’occasion donnant lieu à une série de comportements que l’on a pu observer chez la plupart des bébés. Certains réflexes innés incitent le bébé à chercher et à trouver le mamelon. Parmi ces comportements se trouvent les signes indiquant que le bébé est prêt pour la tétée. Les mères, souvent de façon intuitive, aident le bébé au besoin, et contribuent à faire de la première tétée une expérience efficace.

La plupart des hôpitaux encouragent activement le contact peau à peau, même après un accouchement par césarienne. Si la mère ou le bébé n’est pas en forme, la pratique peau à peau peut être retardée. Les accompagnants peuvent aussi offrir le contact peau à peau. Cette pratique est une composante essentielle du processus de stabilisation du nouveau-né dans la période transitoire suivant la naissance.

La pratique peau à peau :

  • Normalise la température du bébé et son oxygénation et stabilise son rythme cardiaque.
  • Réduit les pleurs et tranquillise rapidement le bébé.
  • Diminue les stress du nouveau-né.
  • Permet aux bactéries de la mère de coloniser le bébé et diminue ainsi le risque d’infection nosocomiale.
  • Permet à la mère et à l’enfant de se connaître l’un l’autre.
  • Renforce le lien d’attachement mère-enfant.
  • Favorise la sécrétion de l’ocytocine entraînant les contractions utérines et diminue ainsi le risque d’hémorragie postpartum.
Allaitement dès la naissance1, 80 (condition 4).
  • Permet la production d’un colostrum riche en anticorps.
  • Aide à stabiliser le taux de glycémie du bébé.
  • Est associé à une plus longue durée d’allaitement et à un risque moins important d’avoir recours à un supplément alimentaire inutile.
  • Réduit le risque d’hémorragie postpartum (l’allaitement favorise la sécrétion de l’ocytocine).
Cohabitation en tout temps1, 80 (condition 7).
  • La mère peut apprendre à reconnaître les signes du bébé indiquant qu’il a faim et répondre en lui donnant le sein.
  • Permet aux parents de se familiariser avec le cycle sommeil-réveil de leur nouveau-né et à s’ajuster à lui pour se reposer. Les mères qui sont en présence constante de leur nouveau-né sont plus reposées que celles qui ne cohabitent pas.
  • Renforce la confiance des parents dans leur capacité à répondre aux besoins de leur bébé.
Positions d’allaitement et prise du mamelon92.

Voir L’allaitement, ça compte, livret du Centre de ressources Meilleur départ sur les positions d’allaitement.

  • Améliore le bien-être de la mère.
  • Contribue à stimuler le sein et la production de lait de façon adéquate.
  • Une meilleure prise du mamelon permet un meilleur écoulement du lait vers l’enfant.
Allaitement à l’écoute du bébé1, 80, 92.
  • L’allaitement fréquent et sans heure précise aide à établir et à maintenir la production de lait.
  • La fréquence et la durée des tétées varient d’un bébé à l’autre.
  • La plupart des bébés nourris au sein tètent huit fois ou plus toutes les 24 heures, généralement avec au moins une occurrence de « tétées rapprochées ».
  • Une fréquence élevée de tétées normalise la production de lait et le bébé perd moins de poids. Une fréquence élevée de tétées favorise l’élimination du méconium et réduit le risque de jaunisse.
  • Occasionnellement, il faut stimuler l’enfant pour qu’il tète plus souvent dans les premiers jours de sa vie, particulièrement s’il est somnolent (p. ex., après une naissance difficile ou prématurée).
  • Les signes indiquant que le bébé boit assez de lait, y compris la production de selles (fréquence et changement d’apparence du noir au jaune pour les nouveau-nés) sont les éléments clés dont les parents doivent se rappeler, et qui sont indiqués dans le livret du Centre de ressources Meilleur Départ « L’allaitement, ça compte ».
Allaitement exclusif (éviter le recours aux suppléments)80.
  • L’allaitement exclusif contribue à une plus longue durée d’allaitement.
  • D’un point de vue nutritionnel, le lait maternel est la seule alimentation dont le bébé ait besoin dans les six premiers mois.
  • L’ajout de préparations lactées commerciales peut compromettre l’allaitement en réduisant la stimulation mammaire, et donc interférer avec l’ajustement et le maintien de la production de lait.
  • Une réduction de la quantité de lait maternel entraîne une diminution de ses avantages (effets proportionnels à la posologie).
  • L’ajout de préparations lactées commerciales affecte la flore intestinale du bébé et l’expose prématurément aux protéines de lait de vache et aux agents pathogènes qui l’accompagnent.
  • Il existe des raisons médicales de donner du lait de supplément aux nouveau-nés. Une évaluation attentive de la part d’un prestataire de soins de santé peut aider les parents à prendre cette décision. Le premier choix est d’extraire le lait de la mère. Si ce n’est pas possible, le lait maternel pasteurisé de donneuses vient en second choix, suivi des préparations lactées commerciales.
Éviter d’avoir recours au biberon et aux sucettes1, 80, 93 (condition 9). L’intégration d’une tétine artificielle peut masquer les signes de faim et augmenter l’intervalle entre les tétées, ce qui peut avoir pour résultat :

  • Un apport en lait qui s’avère globalement moins important.
  • Une réduction de la stimulation mammaire, et donc, de la production de lait.

L’intégration du biberon peut :

  • mener à une diminution de la stimulation mammaire, surtout si le biberon remplace le lait de la mère, ce qui a pour effet de ralentir la production de lait.

La recommandation générale est de s’assurer que le bébé se nourrisse convenablement au sein et que l’allaitement soit bien maîtrisé avant d’utiliser une sucette ou un biberon. Ce qui peut prendre de quatre à six semaines.

Ressources disponibles pour les mères qui allaitent. Voir la section Ressources et liens.

Annexe B : Composition du lait maternel94, 95

Éléments de composition du lait maternel Avantages
PROTÉINES : Lactosérum Facilite la digestion, la croissance et le développement.
Caséine Combiné proportionnellement au lactosérum pour faciliter la digestion, la croissance et le développement.
Lactoferrine Protège l’intestin des bactéries.
La lactoferrine est une glycoprotéine qui se lie au fer94.
IgA sécrétoire Protège le bébé des virus et bactéries.
Lysozyme Protège le bébé des bactéries E. coli et salmonelle.
MATIÈRES GRASSES : Acides gras essentiels multiples Nécessaires au bon développement du cerveau.
VITAMINES : Vitamines liposolubles A, D, E, K Nécessaires à la santé et au développement du bébé.
Vitamines hydrosolubles C, riboflavine, niacine et acide pantothénique Necessary for babies’ health and development.
GLUCIDES : Lactose Représente environ 40 % des besoins en calories.
Facilite l’absorption de calcium, de phosphore et de magnésium.
Facteur bifidus Favorise la croissance de bactéries utiles à l’intestin du bébé.

Les autres éléments du lait maternel comprennent, sans s’y limiter96 :

  • Autres immunoglobulines, notamment les lgG, les lgM.
  • Macrophages.
  • Neutrophiles.
  • Lymphocytes.
  • Mucines.
  • Haptocorrine.
  • Lactoperoxydase.
  • Nucléotides.
  • Cytokines.
  • Hormones et facteurs de croissance.
  • Oligosaccharides et prébiotiques.

Annexe C : Cultiver le sentiment de confiance en sa propre capacité à allaiter

Quand il s’agit d’allaiter, la confiance en ses capacités personnelles fait référence à la perception de la femme sur son aptitude à allaiter son bébé97, 98. Si elle pense pouvoir allaiter avec succès, elle sera plus susceptible de choisir cette option et de continuer à le faire. À l’inverse, si elle a peu confiance en ses aptitudes à allaiter, elle sera deux à trois fois plus susceptible d’abandonner avant d’atteindre l’objectif fixé99, 100, 101, 102.

Le fait d’avoir confiance en sa propre capacité à allaiter dès la période prénatale est associé à un taux plus élevé d’initiation à l’allaitement et de continuation de l’allaitement parmi les femmes issues de milieux sociodémographiques différents. Il a aussi été démontré que le sentiment d’une femme par rapport à sa propre capacité peut se renforcer, contribuant à favoriser l’allaitement prolongé et exclusif66.

La confiance en ses propres capacités à allaiter peut être ternie par certaines situations :

  • Ses propres expériences passées en allaitement:
    Il s’agit du facteur le plus déterminant.
    Une expérience en allaitement qui est perçue comme une réussite renforce la confiance en sa propre capacité, alors qu’une expérience négative a une incidence néfaste sur se sentiment. Il a été démontré que les femmes ayant déjà donné naissance auparavant ont une plus grande confiance en leur capacité que celles qui sont enceintes pour la première fois103.
  • Observer les autres (mimétisme):
    Connaître une femme qui a réussi à allaiter et l’observer contribue à renforcer le sentiment de confiance en ses propres capacités. Regarder des documents audiovisuels sur des femmes qui allaitent semble également avoir un effet65. Les femmes qui ont reçu du soutien d’un groupe d’entraide par des marraines déclarent que cette expérience les a rendues plus confiantes98.
  • Persuasion verbale:
    Encourager le prolongement de l’allaitement ne semble pas renforcer le sentiment de confiance en sa capacité personnelle, alors que donner des compliments à la femme sur ses efforts en allaitement semble être efficace lorsqu’ils proviennent du partenaire ou de la grand-mère maternelle65.
  • Facteurs physiologiques et psychologiques:
    La douleur mammaire, par exemple, est associée à un faible sentiment de confiance en ses capacités personnelles dans les premiers jours65. Le manque de confiance dès le tout début de la période postnatale est associé à la perception de ne pas avoir assez de lait à la quatrième semaine104.

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