Alcool

Messages clés

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Voici les principaux messages de santé à transmettre à tous les nouveaux et futurs parents. Ils ont été rédigés à la deuxième personne à un niveau de lecture pouvant s’adresser au public en général, et peuvent ainsi être directement partagés. Ces messages se basent sur un consensus issu de la recherche scientifique et de la pratique professionnelle. Cliquer sur un mot ou un groupe de mots soulignés dans le texte permet d’être redirigé vers la section Preuve à l’appui qui traite du sujet en question.

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Le choix le plus sûr est d’éviter complètement l’alcool si vous êtes enceinte ou voulez l’être.

Quand une femme enceinte boit de l’alcool, celui-ci pénètre dans le système sanguin du bébé. Le bébé peut alors être amené à développer des problèmes de comportement, d’apprentissage ou des problèmes physiques.

Il est préférable de ne pas boire d’alcool si vous êtes enceinte ou voulez l’être, car :

  • Il n’existe aucune quantité connue d’alcool inoffensive durant la grossesse.
  • Il n’existe aucun type d’alcool sans risques durant la grossesse.
  • Il n’existe aucun moment favorable à la prise d’alcool durant la grossesse.
  • Plus l’absorption d’alcool est importante chez la femme enceinte, et plus il y a de risques pour l’enfant à naître.

Si vous avez bu de l’alcool avant de savoir que vous étiez enceinte, parlez à votre prestataire de soins de santé, ou appelez Motherisk au 1-877-327-4346 (certains services sont offerts en anglais seulement).

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Demandez à vous faire aider si vous voulez arrêter de boire.

Votre partenaire, votre famille ou vos amis peuvent être une bonne base de soutien.

Si vous avez des problèmes pour arrêter, parlez à votre prestataire de soins de santé. Il existe des services d’aide pour les femmes enceintes et leur famille qui veulent arrêter de boire (voir la section En savoir davantage pour trouver de l’aide).

Appelez la Ligne d’aide sur la drogue et l’alcool, au 1-800-565-8603 pour obtenir de l’information gratuitement et en toute confidentialité sur les services d’aide à la dépendance aux drogues ou à l’alcool en Ontario.


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Les avantages de l’allaitement compensent les risques liés à une légère consommation occasionnelle d’alcool.

Lorsque vous buvez de l’alcool, celui-ci passe dans le lait maternel. L’alcool présent dans le lait maternel peut avoir des effets sur la santé de votre bébé. Si vous envisagez de réduire la quantité d’alcool à laquelle votre bébé sera exposé :

  • Consommez juste après l’allaitement, et non avant.
  • Limitez votre consommation à une ou deux prises de verre standard par événement. Un verre standard consiste en :
    • Bière (5 % d’alcool) – 341 ml (12 oz).
    • Vin (12 % d’alcool) – 142 ml (5 oz).
    • Spiritueux (40 % d’alcool) – 43 ml (1,5 oz).
  • Laissez suffisamment de temps avant la prochaine séance d’allaitement pour que votre organisme élimine l’alcool. En général, il peut falloir deux heures pour éliminer une boisson alcoolisée.

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En savoir davantage pour trouver de l’aide.

Vous pouvez obtenir plus d’informations sur la consommation d’alcool auprès des ressources suivantes. Vous en trouverez d’autres à la section Ressources et liens.

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Preuve à l'appui

La section Preuve à l’appui est rédigée à la troisième personne à l’intention des prestataires en éducation prénatale. Elle n’est pas conçue pour être partagée directement avec les nouvelles familles et celles en devenir, mais bien pour fournir de l’information de base et des données factuelles pour les messages clés.

Consommation d’alcool durant la période périnatale

Qu’entend-on par consommation d’alcool?

La consommation d’alcool durant la période périnatale comprend la consommation régulière, la consommation occasionnelle ou modérée, ainsi que les troubles qui y sont liés.

Statistiques provinciales et nationales

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, environ 9 % des femmes ontariennes ayant accouché en 2005 ont déclaré avoir consommé de l’alcool durant leur grossesse. Ces données correspondent étroitement à la moyenne nationale qui est de 10,5 % des Canadiennes ayant déclaré avoir consommé de l’alcool durant leur grossesse1. Cependant, en raison de la stigmatisation rattachée aux problèmes d’alcoolisme, les personnes interrogées ont pu avoir quelques réticences à déclarer une consommation d’alcool et les chiffres pourraient donc s’avérer plus élevés.

Qui est à risque?

Les facteurs de risque : consommation d’alcool et grossesse

Peu importe l’âge, le niveau d’éducation ou la situation professionnelle, les femmes qui boivent de l’alcool pendant la grossesse ne représentent pas un groupe homogène. La consommation d’alcool peut se produire, peu importe le niveau de prédisposition d’une personne, et avoir des effets différents sur la femme enceinte et le fœtus2. Bien que certaines femmes soient plus susceptibles que d’autres de boire de l’alcool durant leur grossesse, sa consommation n’est pas propre à une population donnée.

Plusieurs études ont démontré que les facteurs de prédisposition d’une femme enceinte à consommer de l’alcool ont été identifiés comme suit :

  • Les femmes à revenus élevés ont plus fréquemment indiqué avoir consommé de l’alcool durant leur grossesse3.
  • Les jeunes femmes à revenus plus faibles se sont montrées plus susceptibles de consommer au moins 5 « verres standard » lors d’une même occasion4, 5. Cette consommation excessive d’alcool20 met les femmes et les bébés en grand danger.
  • Les femmes plus âgées (35 ans et plus) sont plus portées à consommer de l’alcool durant leur grossesse3, 5.
  • Les femmes ayant déjà donné naissance à un enfant souffrant de l’ensemble des troubles liés à l’alcoolisation fœtale sont plus susceptibles de consommer de l’alcool pendant leur grossesse4, 5.

Risques sur la santé

Les risques sur la santé liés à la consommation d’alcool

L’alcool est une substance tératogène qui peut provoquer des malformations congénitales6, 7.

L’alcool n’étant pas filtré par le foie avant de rejoindre le placenta, il circule directement à travers le système sanguin jusqu’au fœtus8. S’il est absorbé durant la grossesse, il peut affecter la croissance et le développement du fœtus et peut avoir des conséquences néfastes sur la grossesse et sur le fœtus.

Les effets de l’alcool sur le fœtus sont les mêmes, peu importe le type d’alcool consommé.


Tableau 1 : Verre standard de boisson alcoolisée

Quantité de boisson alcoolisée 341 ml de bière 85 ml de vin renforcé en alcool 142 ml de vin 43 ml de spiritueux
Pourcentage d’alcool (5 % d’alcool) (16 – 18 % d’alcool) (12 % d’alcool) (40 % d’alcool)

Risques sur la grossesse

Les femmes qui consomment de l’alcool sont plus susceptibles de subir :

  • Une fausse couche9.
  • Une mortinaissance10, 11.
  • Un accouchement prématuré12.

Risques sur l’enfant

Les conséquences possibles d’une consommation d’alcool sur le fœtus en développement peuvent se manifester à diverses étapes dans la vie de l’enfant sous forme de problèmes multiples, d’ordre physique ou de développement (déficience intellectuelle ou comportementale), connus sous le nom d’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF).

Ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale

L’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF) a récemment été reconnu dans les mises à jour du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux – 5e édition (DSM-V). Il est reconnu comme étant des troubles neurologiques du développement liés à une exposition prénatale à l’alcool (TND – EPA). Les premières interprétations de l’ETCAF avaient donné lieu à plusieurs sous-catégories à l’intérieur d’un ensemble de troubles. Cependant, les études actuelles éliminent le recours à différentes catégories et reconnaissent l’ETCAF comme un ensemble de troubles caractérisés par une déficience intellectuelle et comportementale modérée, en plus d’une exposition prénatale confirmée à l’alcool. Il faut cependant noter qu’il s’agit de directives générales et qu’un diagnostic plus précis relève d’un spécialiste de la question. Par ailleurs, les caractéristiques physiques typiques de l’ETCAF sont plus difficiles à déterminer après la puberté.

À ce stade de la recherche, ce sont les caractéristiques suivantes qui sont généralement associées au diagnostic de l’ETCAF13, 14, 15, 20.

1. Anomalies faciales distinctes, notamment :

  • Microcéphalie (petitesse du crâne).
  • Fentes palpébrales courtes (yeux en fentes minces).
  • Philtrum long et aplati (espace lisse ou aplati entre le nez et la lèvre supérieure).
  • Bord de lèvre supérieure aminci (bord de la partie rouge).

2. Anomalies du système nerveux central (SNC), notamment :

  • Petite taille crânienne à la naissance.
  • Anomalies cérébrales structurelles.
  • Déficiences neurologiques entraînant des problèmes sociaux et comportementaux.

3. Les problèmes d’ordre social et comportemental comprennent :

  • Trouble déficitaire de l’attention ou hyperactivité.
  • Comportement mésadapté.
  • Difficultés avec les compétences relevant de la communication et du social.
  • Difficultés avec le raisonnement abstrait.
  • Problèmes de mémoire.

Facteurs de risques de la consommation d’alcool sur la santé

Tous les enfants dont les mères ont consommé de l’alcool durant la grossesse ne souffriront pas de l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale. Les facteurs suivants favorisent les risques qu’entraîne une consommation maternelle d’alcool pour la grossesse et la santé de l’enfant à naître16, 17, 4, 2, 15 :

  • Relation dose-réaction.
    Plus il y a consommation d’alcool durant la grossesse, et plus il y a probabilité d’effets néfastes sur la naissance et la santé du bébé18, 7.
  • Habitudes de consommation d’alcool.
    Une consommation importante d’alcool en un temps record (cinq verres et plus en une seule fois), ou une consommation fréquente (plus de sept verres par semaine) sont l’une et l’autre caractéristiques des habitudes de consommation posant le plus de risques pour le fœtus2.
  • Consommation multiple.
    La consommation de plus d’une substance psychoactive (p. ex., alcool consommé avec du cannabis, de la cocaïne, des produits opiacés ou toute autre substance psychoactive).
  • Les caractéristiques propres à la mère (comme son état de santé, ses habitudes alimentaires et son métabolisme).
  • La sensibilité propre à l’enfant à naître sur les effets de l’alcool.
  • La période de consommation d’alcool durant la grossesse.
Tableau 2 : Sensibilité du fœtus aux substances tératogènes (alcool)
Le tableau suivant indique les périodes durant lesquelles l’alcool est le plus susceptible de provoquer des anomalies structurelles et fonctionnelles chez le fœtus.
Sensibilité du fœtus aux substances tératogènes
Source : Jacobson (1997). Utilisé avec permission19Cliquez sur le tableau pour l’agrandir.

Dans le tableau ci-dessus, les barres horizontales représentent les périodes durant lesquelles l’alcool peut causer des anomalies fœtales structurelles et fonctionnelles. La portion en bleu représente les moments les plus critiques durant lesquels l’alcool peut provoquer des anomalies structurelles graves pour l’enfant. La portion en jaune représente les périodes durant lesquelles l’alcool provoque des anomalies structurelles et physiologiques mineures.

Selon la période de consommation durant la grossesse, les effets peuvent se porter sur le développement de divers organes. Il est fortement recommandé aux femmes de ne pas du tout consommer d’alcool pendant la grossesse. Il est important de savoir que l’alcool affecte le système nerveux central (le cerveau) à tout moment durant le développement du fœtus.

Pendant la période du « tout ou rien » (c.-à-d. deux semaines avant la fécondation et deux semaines après la fécondation), le corps est plus ou moins sensible aux effets tératogènes. L’exposition à une substance tératogène durant cette période peut causer des dommages à toutes les cellules, ou à certaines d’entre elles, ce qui entraînera la mort de l’embryon, ou bien elle peut causer des dommages à quelques cellules seulement, auquel cas la survie de l’embryon n’est pas menacée. L’embryon pourra alors se développer normalement sans présenter d’anomalie15,19.

Consommation d’alcool chez une femme qui ne sait pas qu’elle est enceinte

Consommation d’alcool avant confirmation de grossesse

Certaines femmes peuvent consommer de l’alcool très tôt durant leur grossesse avant de savoir qu’elles sont enceintes. Il est possible qu’elles s’inquiètent des effets que cette consommation pourrait avoir sur la santé de leur bébé. Il est utile dans ce cas de savoir que la consommation d’alcool durant la grossesse suppose certes des risques, mais non des certitudes pour ce qui est des effets néfastes sur la grossesse et sur l’enfant à naître.

La consommation légère n’étant pas liée à quelque dommage que ce soit durant les premiers stades de grossesse, l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale ne touchera pas tous les enfants exposés à l’alcool in utéro39. Il est très important de garder à l’esprit cependant que la seule façon de favoriser le risque zéro est d’éviter toute consommation d’alcool pendant la grossesse20.

Comme il est indiqué dans le tableau 2 concernant la sensibilité du fœtus aux substances tératogènes, les effets varient selon la période où il y a consommation. Selon les Directives cliniques de la Société des obstétriciens et des gynécologues du Canada, les prestataires de soins de santé doivent informer les femmes qu’une légère consommation d’alcool au début de la grossesse ne justifie pas une interruption volontaire20.

Modifications de la consommation d’alcool chez la femme enceinte: ce qu’il faut savoir

Grossesse et modifications de la consommation d’alcool

La plupart des femmes arrêtent de boire de l’alcool ou diminuent leur consommation dès qu’elles savent qu’elles sont enceintes1, 21, 22, 23. Selon les études de l’Agence de santé publique du Canada, la consommation d’alcool diminue de façon importante durant les trois mois précédant la grossesse, passant d’un taux de consommation de 62,4 % avant la grossesse à un taux de 10,5 % durant la grossesse1. Il existe également une disparité dans le type de population susceptible d’arrêter de boire. Parmi les femmes au foyer à faible revenu ou vivant en dessous du minimum, 92,5 % ont déclaré ne pas boire. Par ailleurs, 88,2 % des femmes au foyer vivant au-dessus du minimum ont déclaré ne pas boire1.

Qu’entend-on par consommation « modérée »?

Il est courant pour les hommes et les femmes de consommer de l’alcool lors de fêtes, d’occasions sociales ou en mangeant.

De nombreuses femmes se demandent ce que représente une consommation « modérée » pendant la grossesse et voudraient pouvoir boire occasionnellement sans faire courir de risques à leur enfant à naître. Les messages recommandant une abstinence totale d’alcool les laissent quelque peu perplexes. Une consommation modérée se limite à un verre d’alcool par événement39.

Pourquoi s’en tenir aux messages recommandant l’abstinence d’alcool durant la grossesse?

Il existe plusieurs raisons qui justifient l’abstinence d’alcool pendant la grossesse :

  • L’alcool est une substance tératogène qui peut provoquer des malformations congénitales.
  • Il n’existe pas d’études aujourd’hui pouvant démontrer l’existence d’une quantité d’alcool qui soit sans risques18.
  • Les connaissances se limitent à la façon dont les différences individuelles interviennent pour métaboliser l’alcool et ne permettent pas de savoir à l’avance qui est à risque et qui ne l’est pas24.

Par conséquent, le message le plus sûr que l’on peut proposer aux femmes enceintes est de s’abstenir de toute consommation d’alcool durant leur grossesse24.

Qu’en est-il de l’utilisation de l’alcool pour la cuisson?

Il arrive que des recettes (comme certaines recettes de sauces et de viande) se prêtent à l’utilisation d’alcool. Pour les femmes enceintes, son utilisation dans la préparation alimentaire ne représente pas un problème, car l’alcool s’évapore lorsqu’il atteint un certain niveau de cuisson. Il est suggéré toutefois d’éviter les plats dans lesquels l’alcool n’a pas subi de processus de changement (p. ex., les desserts contenant de l’alcool).

Limitation des dommages

Bien que dans l’idéal toutes les femmes doivent s’abstenir de consommer de l’alcool durant la grossesse, toutes ne décideront pas de le faire, ou ne sont tout simplement pas en mesure de le faire. L’approche consistant à diminuer le comportement négatif et le risque est efficace pour certaines femmes.

Cette approche vise à diminuer les concentrations élevées d’alcool et à réduire le risque d’effets néfastes liés à la consommation d’alcool sur la santé, quand il n’est pas possible d’arrêter complètement, et consiste à appliquer certaines des stratégies suivantes25 :

  • Réduire la quantité d’alcool consommé.
  • Espacer la prise sur un temps donné.
  • Adopter des attitudes saines pouvant avoir des effets positifs sur la grossesse et sur le développement du bébé, comme celles qui consistent à favoriser une bonne alimentation, à faire une activité physique, à suivre régulièrement la progression de sa grossesse, à prendre de l’acide folique et du fer2.

Par conséquent, lorsqu’une femme fait un effort pour diminuer sa prise d’alcool en renforçant son attitude positive, elle donnera au fœtus une chance de se développer correctement. Il faut aussi reconnaître qu’une femme aux prises à des problèmes de dépendance ou de consommation d’alcool peut avoir d’autres problèmes de santé ou traverser des conditions difficiles qui exigent une attention particulière. Dans tous les cas, plutôt que de juger ou de stigmatiser ces femmes, il faut les encourager à chercher des services répondant à leurs besoins.

Sevrage

Les femmes alcooliques doivent se faire évaluer par un médecin quand elles arrêtent de consommer, car elles peuvent faire l’objet de symptômes de sevrage26, 27.

Les symptômes physiques du sevrage se caractérisent par :

  • Nausées.
  • Vomissements.
  • Migraines.
  • Tremblements.
  • État de manque.
  • Convulsions.
  • État de manque.
  • Convulsions.

Les symptômes psychologiques du sevrage se caractérisent par :

  • Changements d’humeur. Absence de satisfaction.
  • Insomnie.
  • Désorientation.
  • Hallucinations

Lorsqu’une femme enceinte consomme des quantités importantes d’alcool durant sa grossesse, le bébé peut également manifester des symptômes de sevrage à la naissance. Dans de tels cas, il doit subir des examens médicaux. Il peut être également obligatoire de consulter les services de protection de l’enfance. Les symptômes physiques se poursuivent de trois à cinq jours en moyenne, mais pas plus d’une semaine. Les symptômes psychologiques peuvent cependant durer plusieurs semaines, en fonction de la dose d’alcool et de la fréquence de consommation auxquelles le nouveau-né a été exposé. Les symptômes de sevrage du nourrisson se caractérisent par28 :

  • Irritabilité extrême ou sautes d’humeur.
  • Tremblements.
  • Alimentation inappropriée.
  • Diarrhée.

Milieu social

Certaines femmes déclarent se sentir poussées par les autres femmes enceintes à boire pendant la grossesse21. L’entourage peut se montrer critique à l’égard de leur décision d’abstention et les encourager à consommer durant les activités sociales et les fêtes. Les professionnels sont encouragés à sensibiliser les femmes enceintes à ces situations pour les amener à réfléchir à des stratégies visant à aborder ces pressions.

Le soutien d’un partenaire ou d’un milieu social est important pour interrompre la consommation d’alcool durant la grossesse et pour aider les femmes enceintes à surmonter la pression sociale. Le réseau de soutien de la femme peut :

  • Organiser des événements sociaux sans alcool ou ne justifiant pas la présence d’alcool (p. ex., une réunion dans un café ou à domicile plutôt que dans un bar).
  • Veiller à ce que des boissons non alcoolisées soient disponibles et offertes à chacun.
  • Soutenir la femme enceinte en lui rappelant que son abstinence n’est que temporaire.
  • Éviter d’encourager la consommation d’alcool et respecter les choix de la femme enceinte.
  • Au besoin, modifier leur propre comportement en matière de consommation d’alcool pour montrer leur solidarité envers la femme enceinte.

Alcool et allaitement

Alcool et lait maternel

Les données probantes sur les effets néfastes sur le fœtus lorsqu’une femme enceinte consomme de l’alcool sont bien établies. Toutefois, l’effet d’une consommation d’alcool occasionnelle d’une mère sur l’enfant qu’elle allaite reste à être déterminé de façon convaincante. Les conséquences à long terme sur les femmes dont le taux de consommation d’alcool est très élevé sont encore inconnues. Les avantages de l’allaitement compensent les risques encourus lors de consommation d’alcool occasionnelle. Les recommandations formulées dans l’énoncé La nutrition du nourrisson né à terme et en santé pour les nourrissons de la naissance à l’âge de six mois suggèrent de conseiller les mères qui allaitent les nourrissons de limiter leur consommation d’alcool, mais stipulent aussi que l’alcool consommé à l’occasion n’empêche pas l’allaitement. Les mères qui désirent réduire la quantité d’alcool à laquelle leurs bébés sont exposés peuvent choisir de s’abstenir de boire de l’alcool, ou d’allaiter leur bébé avant de boire un verre.

Les effets sur le bébé lorsque le lait maternel contient de l’alcool

Le lait maternel contiendra de l’alcool si la mère consomme de l’alcool29. Même si le bébé n’est exposé qu’à une fraction de la quantité d’alcool consommée par la femme enceinte, son organisme l’élimine plus lentement que celui d’un adulte et il est plus sensible à ses effets30, 31. Cette situation peut avoir des conséquences sur ses habitudes de sommeil et entraîner une diminution de sa consommation de lait35.

Il n’a pas été démontré que boire un verre d’alcool de temps en temps pendant l’allaitement nuit aux nourrissons. Un examen systématique de 2014 semble indiquer que les femmes qui allaitent devraient suivre les recommandations standard liées à la consommation d’alcool33

Idées fausses : alcool et allaitement

Selon une croyance populaire, la consommation d’alcool (particulièrement, de la bière) peut aider l’allaitement en augmentant la quantité de lait produite. Cependant, il est reconnu que l’alcool nuit à l’alimentation du bébé.

Le bébé peut boire jusqu’à 20 % moins de lait dans les trois à quatre heures qui suivent la prise d’alcool par la mère34. Cette diminution alimentaire peut être attribuée à une diminution de la production du lait et à un manque de stimulation du réflexe d’éjection du lait. Ces conséquences sont le résultat des effets de l’alcool sur les hormones sollicitées pour l’allaitement32, 35, 36.

Une autre croyance suggère qu’un bébé dormira mieux si sa mère a consommé un peu d’alcool. Mais le sommeil d’un bébé peut en fait bien être interrompu si sa mère consomme une quantité modérée d’alcool29, 38.

Aiguillage

Savoir quand avoir recours à une ressource externe

Parmi les femmes enceintes consommant de l’alcool, certaines ont des problèmes pour arrêter de boire, d’autres connaissent une dépendance à l’alcool ou encore, ont besoin d’une surveillance médicale durant leur sevrage. Si une femme connaît des difficultés pour arrêter de boire, qu’elle a des antécédents de troubles liés à la consommation d’alcool ou qu’elle a besoin d’un contrôle de sevrage, elle devrait chercher de l’aide professionnelle et se faire orienter vers des programmes spécialisés.

Savoir où rediriger

Les femmes peuvent consulter la section Ressources et liens pour obtenir de l’information et avoir accès aux ressources disponibles en matière d’alcool et de grossesse. Veuillez noter que l’information fournie ne se substitue pas au conseil médical, et nous conseillons fortement aux femmes et à leur réseau de soutien de parler directement avec leur prestataire de soins pour veiller à ce qu’elles reçoivent les soins spécialisés. Nous offrons cette information afin que les femmes soient informées des ressources mises à leur disposition.

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Ressources et liens

Il est à noter qu’il ne s’agit pas d’une liste exhaustive de ressources disponibles, et que celles-ci ne sauraient se substituer à la recherche de conseils professionnels. Les ressources citées dans cette documentation ne sont pas nécessairement approuvées par le Centre de ressources Meilleur départ ou le gouvernement de l’Ontario. En cas de doute, les professionnels doivent contacter l’organisme responsable de la publication d’une recommandation particulière/de lignes directrices.

Directives professionnelles

Rapports et publications

Sites Web

Lignes d’assistance

Outils en matière d’éducation prénatale

Ressources et documentation des clients

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Références

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Santé avant la grossesse

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Soins prénataux réguliers

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Changements physiques

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Alimentation saine et prise de poids

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